L’année 2017 annonce-t-elle ce que sera le 21ème siècle ?

Avec deux guerres mondiales sanglantes et une série de conflits régionaux ou locaux, le 20e siècle ne peut pas être considéré comme paisible. Pourtant dans la 2e partie du siècle, une ou deux générations a vécu les années, appelées “glorieuses”, époque de paix relative et de faste, que l’humanité n’a sans doute jamais connu auparavant. Qu’en est-il aujourd’hui, une ou deux générations plus tard ?

La science progresse à grande allure, avec les avancées en matière de connaissance et de diffusion de l’information, dans pratiquement tous les domaines. Vulgarisation, démocratisation, transparence, tolérance, libération sont les maîtres mots qui envahissent le langage occidental. Les produits facilitant la vie de tous les jours, les moyens de transport et de communication aisés et rapides, les remèdes contre de nombreuses maladies sont à la portée d’au moins une partie de la planète.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Il y a un contraste saisissant entre les prouesses technologiques d’un certain nombre de start-up, centres de recherches et de ” silicon valleys ” ou les performances sportives ou culturelles de certains individus et une situation socio-politique mondiale devenue chaotique. On ne peut nier qu’un malaise général s’empare des populations aussi bien en Occident qu’ailleurs. Les pouvoirs établis, élus ou non, n’arrivent plus à contenir des excès qui dégénèrent en désordres et conflits[1].

Sur le plan démographique,

la relative aisance en matière alimentaire, médicale et hygiène a entraîné la multiplication par 5 de la population mondiale en un siècle. Celle-ci atteint 7,35 milliards d’âmes, qu’il faudra nourrir, élever, éduquer, former, abriter et leur trouver une occupation utile à la société.

Sur le plan social

la libération de la femme, l’évolution des moeurs et la transparence dans les relations entre individus a entraîné la dislocation de la famille traditionnelle et la mise à jour et l’acceptation de liaisons et paternités/maternités diverses et diversifiées.

Sur le plan économique,

les lois capitalistes se sont imposées comme étant les moins nocives et nuisibles, tout en gardant leurs défauts et leurs limites, l’absence de véritable concurrence, la conglomération des entités créatrices de biens et services, la mondialisation et la diminution des centres de décision. Les classes moyennes s’appauvrissent au profit d’une élite et la productivité diminue du fait de la disparition des générations laborieuses.

Sur le plan politique,

dans les pays dits libres, les populations excédées ou mal à l’aise, ou ayant simplement pris l’habitude de ” zapper “, élisent n’importe qui pourvu qu’il soit charismatique et promette ” monts et merveilles “. Dans les autres pays, une oligarchie de droit divin ou qui a réussi à s’imposer par l’argent ou les armes ou par l’idéologie, choisit le chef qui lui semble convenir pour perpétuer le régime. Le nombre d’états faillis ne cesse d’augmenter et celui des nations réellement démocratiques ne cesse de diminuer.

On ne trouve plus de dirigeant d’état raisonnable mû par le désir de servir et d’apporter une valeur ajoutée à sa nation[2]. Il n’y a plus comme motivation que la recherche du pouvoir et de l’enrichissement personnel.

Malgré les énormes progrès matériels réalisés dans la société moderne qui ont permis de soulager les malheurs de l’humanité, il est difficile aujourd’hui de mesurer les conséquences dues aux excès[3].

Est-ce la nature de l’homme de s’assagir quelque temps après un horrible conflit meurtrier, de retomber ensuite dans les excès naturels pour satisfaire la soif de pouvoir et de provoquer ainsi de nouveaux conflits ?

Parviendra-t-il un jour à retrouver son destin spirituel qui pourra équilibrer son besoin effréné de consommer et de “zapper” et l’amener à ne pas trop s’écarter de la voie du milieu ?

Par Albert Soued, écrivain

Excellente année 5777

Notes

[1] Parmi les périls actuels importants non naturels, on peut recenser
– accident nucléaire, attaque atomique ou chimique, bombe sale…
– réchauffement et pollution de la planète
– résistance des bacilles et bactéries aux antibiotiques connus
– islam radicalisé
– l’excès de tolérance entraîne des invasions humaines non désirées…

[2] Parmi les calamités qu’un dirigeant politique sérieux peut et doit résoudre :
– famine
– chômage provoqué par la création d’automates de remplacement ou le manque d’imagination ou de recherche créatrice d’emplois
– insécurité et terreur

[3]  Parmi les excès qui ont contribué à la détérioration de la situation
– l’excès de laïcité et le manque de spiritualité entraînent un vide rempli par un retour vers de nouveaux paganismes ou par une islamisation rampante
– l’excès de transparence et de la masse d’informations disponibles ont entraîné la pensée unique et le politiquement correct
– l’excès de liberté et l’éclatement de la famille entraînent la solitude et le refuge dans le virtuel

 

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