A madame, monsieur Yasmina Khadra

Madame, monsieur… j’ai l’honneur de vous écrire à travers un écrivain public qui voudra bien vous transmettre mes mots et mes pensées dans l’ordre du désordre dans lequel je lui dicte.

Madame Yasmina, monsieur Khadra, si vous me permettez, je voudrais vous demander de répondre a cette lettre le plus tôt possible afin que je puisse récupérer ou payer un étudiant ; avec lequel j’ai parié 5.000 Dinars que vous étiez une femme. Je dois admettre que le jeune étudiant a une longueur de trois paragraphes d’avance sur moi. En effet, ce jeune étudiant a lu trois paragraphes de votre livre avant de le jeter par la fenêtre de sa chambre à la cité universitaire de Bejaia.

Le livre, dont il ne se rappelle pas du titre, sauf de la somme exorbitante qu’il a payé est aplatit au milieu du chemin qui mène vers les dortoirs. Il y a maintenant plus de cinq mois de cela et par respect ou autre chose, aucun étudiant n’a daigné le ramasser. Même les éboueurs de la cité ont catégoriquement refusé de le ramasser ou le ramasseront à condition que l’APC de Bejaia leur fournisse les gants adéquats pour une corvée aussi nauséabonde.

Sachez ma belle Yasmina que je suis scandalisé par leur attitude, car c’est les mêmes éboueurs qui ramassent les ordures à la pêcherie de Bejaia. Le comble, ils ramassent le poisson pourri vieux d’une semaine, en été, à mains nues sans jamais émettre une plainte. Je suis simplement scandalisé… Scandalisé.

Moi, ma très belle Yasmina, je n’ai jamais lu de livres de vous par peur de découvrir que vous êtes vraiment un homme – comme les mauvaises langues prétendent – et d’interrompre les fantasmes que je bâtis l’un sur l’autre et sur… vous.

Yasmina, je vous aime d’un amour aveugle et même si vous me dites que vous êtes un homme, je ne vous croirais pas. Car comment expliquer qu’une belle femme comme vous assumerait l’identité d’un homme juste pour vendre des livres.

En attendant votre réponse qui, j’espère, ne me fera pas perdre 5.000 Dinars et faire écrouler mes fantasmes. Veuillez agréer l’expression de mon amour le plus sincère.

Salem Bouglada
PS : Si vous êtes un homme, je voudrais une preuve aussi minime soit-elle.

Hmimi O’Vrahem

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