Quel fardeau de n’avoir aucun orgueil de sa race

Savez-vous ce que c’est que de sentir sa race écrasée et d’être acculé à prendre conscience qu’on est un fardeau pour le pays ?

A quoi cela ressemble-t-il de n’avoir aucun orgueil de sa propre race, de sa famille, aucun amour-propre, aucune confiance en soi ? Vous ne pouvez pas le savoir parce que vous n’avez jamais tâté cette amertume. Mais je vais vous le dire : on ne fait aucun cas du lendemain, car qu’est-ce que demain ? On est dans une réserve, c’est-à-dire dans une sorte de décharge publique parce qu’on a perdu dans son âme tout sentiment du beau.

Et maintenant, vous me tendez la main… et maintenant, vous me demandez d’aller à vous. « Viens et intègre-toi ! » c’est ce que vous dites. Mais comment venir ? Je suis nu et couvert de honte. Comment venir avec dignité ? Je n’ai pas de présence, je n’ai rien à donner. Qu’appréciez-vous dans ma culture mon pauvre trésor ? Vous ne faites que le mépriser. Vais-je venir à vous comme un mendiant et tout recevoir de votre main toute-puissante ?…

Chef Dan Georges (1899-1981), (Canada)

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