Acceptation de la critique

Liberté de parole et mise au point

je vous remercie tous pour vos interventions et vos commentaires que j’ai lus avec beaucoup d’attention, y compris ceux qui m’ont encore « injurié » et « menacé » (Exemple, le commentaire de « lepédedamocles » : « ad yas wass-ik ay aharki nat… »). Je préfère mettre cela sur le compte des risques collatéraux d’un débat kabylo-kabyle encore à l’état embryonnaire mais aussi sur celui du fait qu’on prend souvent plus facilement des raccourcis pour « offenser » des personnes qu’on ne connait pas ; le débat contradictoire étant encore un luxe pour notre société un peu trop ancrée dans ses vieilleries et reproduisant (par dépit ?) les vices et autres pathologies du régime algérien et les contorsions de l’arabo-islamisme qui l’écrasent depuis un demi siècle… au moins. Je tenterai donc de répondre d’une manière générale pour ne pas monopoliser un espace qui vous, électeurs, appartient en premier lieu. Je vous remercie tous et toutes.

Est-ce possible que certains n’aient vraiment rien pigé ou est-ce leur manière d’attribuer une substance autre que celle que je m’échine pourtant à donner à mon propos ? Ils parlent de « mauvais jeu ». Je refuse de les suivre dans cette voie, je m’en tiendrai à la partie factuelle et idéologique des réactions même si, faire l’état des lieux de la présence ou pas de tel parti ou tel mouvement sur le terrain n’est pas le propos…

J’ai toujours assumé mes coups de gueules et je ne vois vraiment pas pourquoi je n’assumerais pas celui que l’on soupçonne d’être retiré aussitôt en raison, paraît-il, de mes convictions indépendantistes que je ne renie aucunement, loin s’en faut ! Aurait-il cédé la place plus vite à d’autres articles ? C’est fort possible. Le site étant un espace militant et totalement bénévole, on s’en occupe du mieux qu’on peut et selon la disponibilité des rédacteurs qui, par ailleurs, ne partagent pas tous les mêmes analyses. Ce genre de défectuosités peut trouver, donc, son explication dans et uniquement dans ce cadre-là. Autrement dit, la liberté d’expression y est un principe fondamental de telle sorte qu’une fois un texte publié, il y reste.

Aussi, on me prête l’intention d’exploiter une « insulte isolée » pour dénigrer un mouvement politique. Le texte, le mien, étant encore là, j’en déduis que ; soi d’aucuns ne lisent même pas et réagissent quand même (!), soi ils lisent, ils ne comprennent que dalle mais réagissent selon leur niveau de compréhension. Pourtant, le texte en question est d’une simplicité effarante. Serait-ce alors, de la mauvaise foi, auquel cas, celle-ci aura atteint l’état pathologique.

Il apparait clairement qu’à travers cette riposte, j’ai ciblé une situation qui se retrouve, hélas , partout (RCD, FFS, Mak…) même si la proportion est, selon les conjonctures, nettement supérieure tantôt chez le FFS comme lors des événements du printemps noir, puis chez le RCD durant le fiasco des présidentielles de 2004 et durant sa présence purement mercantiliste au sein d’une assemblée nationale algérienne fantoche (2007-2012) et enfin, tantôt chez le Mak qui, à l’image des précédents sigles, ne conçoit de rapprochement qu’à l’intérieur de sa propre vision de la chose politique et, notamment, de la question relative à l’autonomie. Ainsi, toute divergence d’opinion est tout de suite stigmatisée et vilipendée au nom de la fausse croyance selon laquelle si : « Tu n’es pas d’accord avec moi, tu es forcément du côté du pouvoir ». Pire, car on a entendu aussi ce genre d’inepties : « tu n’es pas digne d’être un Kabyle ! ». A ce titre, on se souvient tous du fiel médiatique d’un Abdeslam Abdenour, alors proche du MAK, qui est plutôt connu pour être prompt à orbiter autour des cercles proches du pouvoir algérien et ce n’est certainement pas son ami Ould Ali Lhadi qui me contredira, qui n’avait pas hésité à émettre le souhait de voir Said Sadi, alors candidat guignol de la simulacre de présidentielle de 2004, destitué de sa kabylité comme d’autres avaient revendiqué, au sein de l’assemblée godillot, de déchoir Aït-Ahmed de sa nationalité.

C’est loin d’être la première injure, ni la dernière menace… émanant de tout bord, y compris des militants appartenant au parti dans lequel j’ai milité près d’une vingtaine d’années, ce que j’assume pleinement car n’ayant jamais accepté de faire allégeance aux personnes quelles qu’elles soient, y compris Saïd Sadi lui-même que j’ai eu à critiquer dans la presse (El Watan du 30 et du 31 décembre 2008). Ainsi, je n’ai jamais toléré des œillères ou de mettre au formol mon esprit critique face au non-sens, à des positions et des agissements qui, selon mes convictions propres, ne correspondraient pas à nos principes fondateurs.

L’autre fait affligeant est sans conteste la mainmise sur ces sigles des tenants de la logique d’« appareil » au détriment de celle de « mouvement politique populaire » qu’ils furent, plus ou moins, à leur avènement. L’« unicité de pensée » qui impose une unanimité de principe qui aura totalement évacué le débat contradictoire à l’intérieur de toutes ces chapelles politiques où il est question de plans de carrière, de culte de la personnalité et d’ambition restreintes aux personnes sur la base de « solidarités » claniques, tribales voire familiales et qui refusent d’admettre un autre constat que celui qui présente leurs 20 ans d’existence politique comme un modèle de justesse et de réussite, ce qui est loin d’être vrai, n’est pas en reste. Ce constat vaut pour les trois sigles. Le MAK qui ne fait pas exception à la règle, loin s’en faut, puisque, en raison de son caractère clandestin, il pèche par une faible structuration au niveau des hameaux, villages, communes… du coup, c’est la porte ouverte à toutes les extravagances et à tous les dérapages comme c’est le cas, aujourd’hui, de cet ovni : « MAK Tizi-Ouzou ».

Dès lors, pourquoi avoir mis en exergue cette injure plutôt que la multitude d’autres ? Il y a d’abord le souci de ne pas exploiter sournoisement des incivilités qui n’engagent que des individus ce que, du reste, on retrouve partout. Ensuite, il y a aussi le désir réel de mettre en évidence ce qui pourrait plutôt nous rassembler sans faire abstraction sur le devoir de promouvoir l’analyse critique et sur le nécessaire débat contradictoire. Enfin, je ne suis pas sensé savoir si « MAK Tizi-Ouzou » est un chauvin, une structure ou une imposture du moment où personne, au niveau du MAK, n’a dénoncé une quelconque mystification. Cela prouve, si besoin est, la justesse de mon propos (plus haut) sur les risques de dérapages inhérents au manque d’organisation et de structuration.

Il ne s’agit pas de me présenter des excuses, j’en ai connu d’autres. Il s’agit pour vous, militants de tout bord, de dénoncer des impostures, si imposture il y a. Engager un sigle n’est pas un détail futile comme certains ont tendance à le croire ou à le faire passer. Une simple dénonciation par votre vigilance de militant, ferait en sorte qu’il n’y ait plus d’amalgame. Sauf que certaines réactions épidermiques démontrent davantage une adhésion implicite à un comportement répréhensible, mue essentiellement par l’orgueil et une rancœur patente, qu’une disponibilité à endiguer un phénomène qui tend à devenir une caractéristique comportementale !

D’autres bombent le torse derrière leurs écrans sans se soucier de la contre-productivité d’une telle arrogance. Certes, Kabylie est bien loin de la désinformation et des contre-vérités qui la présentent totalement acquise à tel mouvement ou à tel autre, notamment au MAK plus présent sur la toile que dans les rues escarpées de Kabylie qui ont l’esprit bien ailleurs, c’est-à-dire, dans un quotidien difficilement tenable sur le plan sécuritaire, alimentaire, sur celui du chômage endémique, d’une école plus que jamais effondrée, d’un secteur de la santé devenu un cauchemar pour les malades et leurs proches, sur le plan de la cherté de la vie qui plongent la majorité des ménages dans la précarité et, le plus souvent, l’anonymat, en raison de cette pudeur bien kabyle qui contraint à cacher sa faim, sa misère et son dénuement pour ne pas perdre la face et pour ne pas subir, à défaut de solidarité qui aura déserté nos villages, le mépris et l’isolement social.

Il serait utile de constituer un groupe d’individus de toute sensibilité politique pour sonder, au hasard, la rue de Tizi-Ouzou, de Bejaïa, de Bouira et d’ailleurs afin de jauger du poids populaire de chaque appareil… Le décalage sidéral entre certaines illusions et la réalité du terrain pourrait provoquer des infarctus en série et, croyez-moi, je suis le dernier à m’en réjouir.

Il faut se garder de persister dans une cette sorte de débat stérile qui n’en finit pas où, tout en s’éloignant de l’essentiel par l’insulte, l’anathème, l’invective comme mode opératoire au sein de nos partis politiques et au niveau de ce qui reste de leurs bases respectives et ce, en direction de tout divergence d’opinion, de la moindre critique et de toute voie discordante, on maquille gauchement l’absence du débat contradictoire et d’une démocratie ample dans le fonctionnement internes de ces structures partisanes… une situation à l’origine du fossé qui s’élargit entre le petit peuple et ces appareils, accentuant le travail de sape du pouvoir qui vise à provoquer le défaitisme et la démobilisation qui est déjà inquiétante, ce qui aura permis au pouvoir de s’y installer et à l’islamisme d’apparaître et de menacer la cohésion sociale en Kabylie. Ainsi, un demi siècle après l’indépendance et 20 ans après un simulacre d’ouverture démocratique, le temps, on ne le dira jamais assez, est au bilan et cela doit nécessairement passer par l’acceptation de la critique, la désintégration de nos archaïsmes dont le culte de la personnalité n’est des moindres et l’excrétion de la voyoucratie des entrailles et des flans de nos mouvements existants ou à venir.

Il ne sert plus à rien de continuer à voguer à vue sur la même voie qui n’a pratiquement rien changé, ou très peu, en 20 ans de lutte et de sacrifices. Ainsi, jeter indéfiniment la flétrissure sur l’autre et se présenter obstinément comme unique vraie cadre digne de ce nom, c’est persister dans l’autisme et s’assurer de nouveaux égarements. L’autoritarisme y prend racine.

Akken i t-yecna Ferhat zik nni :
« Nezmer a nveddel tikli
Nezmer a nezzizdeg ulawen
Nezmer a nvedd i tlelli
Nezmer a nemyaf d atmaten
Nezmer a nesved leqder
D tiseγlit wwageranneγ
A neţemεessa γef yeγzeŗ
A d-nessali « Tagmaţ nneγ » (pour la circonstance),

« Ležayer nneγ » (tel que chanté par Ferhat) et « la Kabylie nneγ » étant entre Kabyles.

Tanemmirt nnwen merra.

Allas DI TLELLI

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