Afin que nul n’oublie Yasmine et Sabrina Larbi-Chérif

Il n’est pas nécessaire de rajouter des ragots, c’est même indécent de vouloir tirer un intérêt d’une si douloureuse situation en postant des mensonges comme celui que vient de faire Thanina qui dit ceci : » Ont elles été assassinées parce qu’elles sont kabyles et chrétiennes ? ».

Elles n’étaient pas chrétiennes, elles étaient plus libres que ça ; elles étaient émancipées et elles étaient laïques. Si elles étaient chrétiennes, il n’y a aucun problème à le dire mais, la réalité c’est qu’elles ne l’étaient pas. Et cette tentative de récupération indécente et sans scrupules est totalement inutile.

Elles ont été, fort probablement, tuées en raison de leur engagement militant (surtout s’agissant de Yasmine) en faveur de la laïcité perçue dans les milieux intégristes comme une hérésie, pire, comme une apostasie. La laïcité c’est aussi la modernité, la liberté de pensée, la liberté de croire ou de ne pas croire en une religion ou en Dieu, c’est l’égalité parfaite, en droits et en devoirs, entre l’homme et la femme, c’est en filigrane, la liberté de la femme et de l’homme à disposer entièrement de leur corps sans avoir à subir les remarques désobligeantes des autres…

Les deux jeunes artistes ont été mutilées probablement aussi en raison de leur culture, de leur identité et de leur langue ancestrale kabyle qu’elles revendiquaient au quotidien… Enfin, il se pourrait aussi que dans ce crime lâche, il y’ait immixtion des gens du régime algérien que le papa des victimes, par ses fonctions dans le domaine pétrolier, aurait gênés dans quelques entreprises douteuses.

En tout état de cause, leur mort est, en toute vraisemblance, l’œuvre de l’intégrisme qui est en phase de faire de Londres un véritable Londonistan. Dans une telle situation, voir une jolie fille issue d’une région du monde appelée faussement « monde arabo-musulman » s’émanciper et militer pour un monde de liberté, de tolérance et de citoyenneté, c’est passible d’outrage à Allah, selon les fanatiques qui n’ont pas lésiné sur les moyens pour commettre leur ignominie. D’autres ont payé pour beaucoup moins que ça.

Pour toutes ces raisons évidentes, Yasmine et Sabrina Larbi-Cherif doivent avoir le droit de citer dans notre culture et dans notre combat. Elles ne doivent pas être assassinées une seconde fois par l’oubli, mais célébrées chaque année, chez-elle à Amizour, à Vgayet, en Kabylie, en Afrique du Nord et dans la diaspora.

Merci infiniment à Allas Di Tlelli pour tout ce qu’il a fait.

Une amie de Yasmine

 

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