Anda akka terwel tezlit taqbaylit a leqbayel ?

Qrib tlata sswayaɛ ayagi i sikideɣ BRTV music ! ɛeddan-d azal n tlatin les clips neɣ ktar ! Qrib i d-yeffiɣ wul-iw ! D acu-tt ssiɛqa agi ? Anda rran ifennanen neɣ, wid yessnen ad ssefrun ? Wid iḥerzen tameddyazt d uẓawan yes yedduklen ?

Waḥḥed 30 tikwal iyi d-bannent teḥdayin icettḥen, s iserwula le jean, iyi d-banen icennayen s umandol-nsen ar rrif lebḥar. Banent-iyi-d nwaḍar n yiṭṭij a fallen icennayen ? Ayen yaɛni ? Tesmundul la camera ? Bannen-d imayuten d tebluzin d imiyaten, maca aserwal yiwen ! Ayen, le clip d’adéfilé la moda?

Anef a sidi, ilaq a d-nbin moderne ! A wi d tidet ! ad twalid taqcict d weqcic daxel le clip, kecmen ar restaurant, ṭṭfen ssin lkissan xas ur neẓra ara d’acu I yellan daxel nsen mais quand meme banen n ccrab, negh champagne … D tagi I d la modernité?

A lḥif neɣ, yewwet-aɣ wugur! La modernité tuɣ aẓar deg mennuɣ af izerfan neɣ, af teqbaylit neɣ i wakken ad tufrar ! Maca m’ara twaliḍ ayen I d-yettfaɣen tineggura yagi (seg mi I yemmut Lwennas?!) d tawaɣit ! Cban icennayen neɣ di tyaẓit Ideffren tikli n tsekkurt ar tagara tɛarq-as ula d tin-is!

Amek armi nebbed neggar-d lehduṛ n trumit daxel n ccnawi neɣ ? ayen nxuss lehduṛ deg tutlayt neɣ ? Atan ihi xas nxuss cituḥ lehduṛ techniques, llan iselmaden ara ɣ-immlen amek ara nehdeṛ !
Terwi tmacint-im a taqbaylit-iw ! Yuɣal lfen im d ṣṣuq n devises. Yal wa deg sen ittraǧǧu magu bac’ad-issufeɣ le disque ines n raï kabyle ! A m-ixleḍ caɛban d ṛṛemdan, taɛrabt taṛumit, deg cituḥ useqqi n teqbaylit! Aɣbel anda-t? C’est qu’ad tid-neɣ a nekni s ccaɛb, a s-nsel ḥacamma ifka unebdu sin akin a-t-ndegger am akken s iqqar yiwen seg naẓuren neɣ I d-yeggran, cɣel tmacint la crème (machine à glaces)
Et oui, ur nerkid ur nertiḥ seg mi truḥeḍ a Lwennas … Teǧǧiḍ-d ilem yessewḥac… Nerra amcic d aɣilas… Anda ara d-binen wigi lemmer mazal teliḍ?

S wul aqesḥan,
Amdyaz


Traduction du texte

Où donc est passé la chanson kabyle, chers kabyles!

Cela fait presque trois heures que je regarde BRTV musique ! J’ai dû voir une trentaine de clips voire plus ! Je sens mon cœur bondir de colère dans ma poitrine ! C’est quoi ce délire ? Où sont nos meilleurs artistes, les poètes ? Ceux grâce à qui nous avons su et pu garder notre culture ?

Voici maintenant près de trente fois que je vois des danseuses en jean, que je vois tout autant de chanteurs avec leurs mandoles au bord de la mer. Cetains portent des lunettes de soleil. Et pourquoi donc ? La caméra les aveuglerait-elle ?

J’ai également vu des centaines de tee-shirts et chemises sur toujours le même pantalon. Pourquoi ? un clip c’est un défilé de mode ?
Admettons, il faut bien que l’on soit moderne, zut ! Ah oui, c’est vrai ! Tu vois une fille et un garçon entrer dans un restaurant, s’attablent et ont une coupe à la main, ok, tu ne vois pas ce qu’il y a dans les verres… mais quand même, il faut pas non plus être con, tu vois bien que ce sont des verres à vin ou à champagne… T’appelles ça de la modernité ?

Pauvre de nous, nous butons contre un rocher ! Cette modernité a trouvé racine dans nos luttes pour la kabylité, or, celle-ci n’a pas l’air de remonter la pente ! Quand je vois tout ce qui sort ces derniers temps (depuis la mort de Lwennas ?!) c’est l’enfer ! Nos artistes sont comme la poule qui s’est essayée à la marche de la perdrix, et qui, faute d’apprendre à marcher comme celle-ci, en a oublié la sienne !
Comment avons-nous réussi à mettre des mots en français dans nos chansons kabyles ? Manquons-nous d’expressions et de vocabulaire? Même, admettons, que nous manquions de certains mots techniques, nous avons quand même des spécialistes de la langue qui peuvent nous aiguiller !

C’est le branle-bas de combat ma chère langue ! Ta poésie est devenue une machine à sous. Chacun d’entre eux attend le mous de mai pour nous sortir son disque Raï kabyle ! un petit mélange abject de français et d’arabe approximatif dans une marmite pleine de bouillon kabyle. Mais le pire, c’est que nous l’achèterons, nous autres et l’écouterons durant tout l’été. Puis nous le mettrons de côté comme dirait un de nos grands chanteurs, resté authentique, comme les machines à glace à la fin de l’été.

Et oui, nous n’avons ni paix ni repos depuis que tu nous as quitté Lwennas… Tu as laissé un vide incommensurable. Nous hissons au rang de star de piètres chanteurs. Mais tout ne serait pas arrivé, si tu étais encore là !

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