Arabisation de l’Algérie

Je ne sais pas si vous avez fait les mêmes expériences que moi – Non ! pas celles auxquelles vous pensez – Mais des expériences où en tant que citoyen d’un pays dans lequel vous vous sentez totalement marginalisé par l’administration de celui-ci.

Dans ma misérable vie de Kabyle, j’ai toujours eu à remettre les pendules à l’heure ; même quand ces pendules avaient cessé de marcher. J’ai récemment découvert qu’il y avait un mot d’ordre « administratif » malhabilement incrusté dans le jargon quotidien des institutions populaires afin d’éradiquer tamazight ; et dans le même souffle utiliser l’arabe populaire comme tremplin pour propulser l’arabe classique.

La religion musulmane n’a jamais été tolérante envers la diversité linguistique. Elle-même véhiculant l’arabe à caractère religieux qu’on retrouve, au début et à la fin de chaque conversation de l’Algérien moyen, pire même parmi ceux qui prétendent être l’élite. Au milieu de la conversation, il y aura plus de 80% de références à connotations religieuses. Chaque phrase est ponctuée de : « inchallah, hamdoulilah, allahibarek, ibarekfik… », etc. L’islam utilise l’arabe populaire pour le purifier, lui substituer sa particularité et bâtir sur des bases profondément religieuses. Ainsi, « mashallah » a fait une entrée en force dans le langage quotidien. Il y a moins de dix ans, ce mot était inexistant en Algérie. Aujourd’hui, il a des actions considérables dans toutes les conversations.

Aujourd’hui, l’Algérien et l’Amazigh en particulier sont pris dans un tourbillon linguistique et les répercussions sont évidentes à travers tout le territoire. On se retrouve face à une administration incompétente gérée par des bureaucrates inaptes. Le changement technologique arrive à dos d’un vieil escargot dans les bureaux de l’Etat. Plus de 80 % de l’effectif de la mairie ne peut pas délivrer un acte de naissance en langue française. Cela est même devenu une spécialité à la Mairie. L’Algérien est plus analphabète en 2014 qu’il ne l’était en 1962. Il y a des volumes à écrire là-dessus.

Hmimi O’Vrahem

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