Le boycott des législatives reste l’unique arme contre l’option participationniste

Les Algériens sont des nationalistes ! Ils n’aiment pas la France, pourtant ils rêvent tous d’aller y vivre au péril de leur vie. A défaut de visa, ils ont eu le bonheur de voir les présidentielles françaises s’inviter chez eux, une occasion pour oublier en un temps le matraquage médiatique, la monotonie d’une campagne législative qui se déroule dans une Algérie qui n’est pas la leur. Fini les images d’un Sarkosy entrain de faire du footing, de la colère saine de Royal et de la ferveur d’un facteur à la reconquête des droits des laissés pour comptes de la croissance économique. Le matin d’un 18 mai, les Algériens se réveillent et retrouvent l’image d’un chef du FLN qui leur colle à la peau, avec sa belle tenue soudanaise.

Belkhadem a fait du Soudan une escale obligatoire pour faire du rêve français un cauchemar, d’ailleurs, l’Algérie est le seul pays au monde qui considère le rêve un délit, voir même du kofr.

À travers le boycott, ce que les hommes politiques peinent à admettre, le peuple algérien veut faire passer un message clair et poser la problématique qui consiste à refuser d’aller au urnes tant que le rêve n’est pas permis en Algérie. Habitués aux manœuvres et au lieu de trouver des réponses aux problèmes réels qui taraudent le quotidien des Algériens, le pouvoir et les hommes politiques tournent le dos au peuple et refusent d’admettre l’échec d’un système qui ne fait qu’aggraver la crise.

Comme à chaque fin de scrutin, les commentaires tombent, chacun affiche sa satisfaction des résultats même ceux qui n’ont pas eu le privilège d’être élu, à l’image d’un Benyounes. L’essentiel c’est la participation “Elmouhim elmoucharaka”.

Quand le mépris nous tient, certains ont parfois le droit à un moment de délire et cela ne nous surprend guère surtout quand il vient d’une gauche de la gauche algérienne et en plus par la voix de la trotskiste. Louisa Hanoun a fait énormément d’effort pour minimiser la victoire du peuple sur le système en considérant que l’abstention des Algériens n’est nullement un boycott. Ce jeu de mot n’est pas innocent car le boycott est une action volontariste de bouder les élections, voir même une prise de conscience, ce qui semble ne pas plaire, par contre l’abstention, tout court, met plus à l’aise la trotskiste car elle peut la justifier par une lassitude d’un peuple ni plus ni moins.

Sur kabyles.net, la même approche, la même lecture que Yazid Zerhouni sauf que dans son article « entre une urne séquestrée et une abstention dénaturée » Halim Akli ajoute à son analyse une dose partisane digne du RCD. On a eu l’honneur de revivre avec lui les années 90 et il trouve une occasion pour faire un procès à un parti politique qui n’est pas allé à l’encontre du peuple pour participer à un feuilleton qui dure depuis l’indépendance. On ne peut pas parler à la fois d’une urne séquestrée et d’abstention dénaturée, en même temps, on charge un partenaire du boycott comme responsable d’une situation. Certains n’ont pas enterré leur hache de guerre malgré ce qu’endure la Kabylie. Ils aiment occuper les espaces, au point, afin d’avoir l’air d’être nombreux, souvent, ils n’échappent pas à la règle en minant tout sur leur passage. Le Mak, sans la vigilance des kabyles sincères, aura le même sort que MCB, les archs et le CMA.
Ce dernier, nous a réservé la surprise de rendre visite à Al Kadhafi en allant même, jusqu’à lui trouver les qualités d’homme d’écoute et d’ouverture et quelques semaines plus tard lors d’une fête nationale, le guide alerte les chefs d’États d’Afrique du Nord du danger de la berbérité et les exhorte à agir avec fermeté contre ce qu’il appelle de la manipulation étrangère.

Sortir du contexte dans l’objectif de stigmatiser, ne peut que tomber dans la contradiction car il est inutile de qualifier l’indifférence des algériens à aller aux urnes comme une prise de conscience. En même temps, il nous fait un schéma digne d’un psychiatre sur le refus du FFS d’aller aux élections de 1990. La culture du boycott est née en 1990, ce boudage des urnes, aujourd’hui, est le fruit d’un long travail de conscientisation en douceur, en absence d’une ouverture du champ politique et médiatique.
L’éradication accompagnée de l’option participationniste à un semblant de processus électoral suivi de la concorde et de la réconciliation ne sont que des sorties de crise pour le système au détriment de l’avenir du peuple.
Cherchant un bouc émissaire kabyle devient un art, il fait un rapprochement entre la victoire du FIS à Draâ El Mizan, le boycott du FFS, la montée du terrorisme en Kabylie et les législatives de 2007 pour adresser une critique gratuite, tout en sachant que le parti d’Ait Ahmed est la seule formation politique qui est constante dans ses idées et dans sa démarche malgré ses erreurs, et malgré les coups bas.

Détruire les partis est l’une des priorités du pouvoir. En fermant la vie politique, il tue le tissu social de la Kabylie et l’état des lieux actuel de la région est une preuve concrète. On a beaucoup d’admiration pour Ferhat et l’idée de l’autonomie est la seule issue pour nous éloigner de l’incertitude, par contre, on est un peu réticent à l’idée de côtoyer les gens qui sont derrières le chaos et qui n’hésite pas à changer de veste plus tard, quand l’occasion se présente. Beaucoup de nomades politiques utilisent le MAK comme tribune pour mélanger les cartes. En plus la scène politique nous surprend chaque jour et souvent personne n’en parle. Lorsque la situation politique pousse un leader d’un parti à lancer un appel à peine voilé à son pire ennemi d’hier et ce dernier sans gène, il assiste à un meeting de celui qu’il traité hier de kafer, ça me donne à réfléchir sur ce qui nous attend à l’avenir et je me demande si le geste vient du FFS kabyle, quelle sera la réaction des uns ?

Le terrorisme en Kabylie a trouvé son bon chemin en Kabylie depuis 2002, le vide politique en est la cause principale et il est difficile de faire un bilan pour le bien de la Kabylie et d’en tirer les leçons si tout le monde persiste à rouler sur la même voie qui a fait notre faillite.

Kabyle c tout

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