“Caravane culturelle et scientifique” ou Prosélytisme islamiste ?

Ce qui n’était jusque-là que soupçon, vient de se révéler au grand jour : Il y a bel et bien un plan concocté dans des officines “occultes” (NDLR : du pouvoir algérien et autres bailleurs de fonds de l’intégrisme islamiste) à des fins de prosélytisme islamiste en Kabylie en vue de la dilution des kabyles dans l’océan crasseux de l’arabo-islamisme, une Kabylie, jusque-là, totalement fermée à l’idéologie intégriste ; matrice du terrorisme islamiste aujourd’hui exonéré de ses crimes par la charte portant “réconciliation nationale “.

Pour preuve, cette sortie sur le terrain, pour le moins troublante, de la direction des affaires religieuses et wakfs de Tizi-Ouzou, sous l’égide du ministère de tutelle, sous forme d’un programme dit « caravane culturelle et scientifique » qui sillonnera pas moins de sept (07) localités (At Dwala, Iwadhiyen, At Wasif, Iferhunen, Wagnun, Tigzirt, Mirabeau « Draa Ben Khedda ») à partir du 01 mars en cours jusqu’au 26 juin prochain. (2007)

A Ouadhia-ville où le la était donné à cette offensive islamiste « officielle », la population a été stupéfaite de découvrir, au coup d’envoi de ces activités, uniques du genre, un décor hallucinant : les quelques néobarbus que comptent la ville y sont associés dans la mise en place d’une dizaines de banderoles, toutes transcrites en langue arabe et révélant des slogans de triste mémoire dont certains donnent des sueurs froides dans le dos, tant ils rappellent, à bien des égards, la période qui a vu le FIS prendre possession des espaces publics, par ces mêmes procédés.

Ainsi, des altercations verbales se sont produites avec quelques citoyens qui ont relevé, de prime abord, la mise à l’écart délibérée car systématique de la langue kabyle et de la langue française dans tous les supports de communication de cette « caravane culturelle et scientifique » avant de réaliser son caractère purement religieux où se conjuguent inquisition et moralisation de la société.

Rachid, la trentaine, au chômage, tient ce discours devant un organisateur d’apparence salafiste :

« Les militants de la démocratie et de l’amazighité qui ont donné leur vie pour la pluralité linguistique et pas seulement, pour la modernité et la laïcité, fait que depuis toujours, lors des activités, de quelque nature que ce soit, qui ont lieu dans notre région, la communication se fait en Kabyle et en français, rarement dans les trois langues. Aujourd’hui, vous vous sentez soutenus d’en haut et d’ailleurs, au point d’oser placarder des affiches et autres banderoles uniquement en langue arabe et des slogans intégristes ! ».

Outre cette mise en évidence ostentatoire des intentions de cette manifestation à travers ses supports de communication (documents, inscriptions, slogans, affiches,…), l’enceinte de la maison des jeunes, où, depuis quelques années et faute de moyens et d’encadrement stable, la vocation y est rarement assumée, s’est retrouvée, en ce premier jour de mars, le théâtre d’une exposition dite « culturelle et scientifique » selon la formule consacrée à l’extérieur et qui, une fois dedans, le visiteur découvre une exploitation tendancieuse et dangereuse des découvertes scientifiques à des fins de propagande islamiste. Cherif, enseignant et passionné du 7è art, tient tête à un groupe d’organisateurs qui l’entourent : « La science n’est pas là au service d’une religion quelle qu’elle soit. Tous les peuples du monde ont apporté leur contribution au patrimoine scientifique de l’humanité. Il est vain que vous veniez aujourd’hui, après avoir échoué dans vos tentatives des années 80 et du début des années 90, nous impressionner par des rapprochements à la louche, que vous établissez entre des versets spirituels généralistes et des données scientifiques matérielles précises ».

Pour boucler la boucle, les organisateurs se sont offert l’enceinte du lycée de la ville, en infraction flagrante des dispositions de la loi qui prémunie, du moins dans la forme, les établissements scolaires de toute activité extrascolaire n’émanant pas de la direction de l’Education. Le responsable de l’établissement, en toute apparence réduit au silence par des ordres venus “d’ailleurs“, a refusé de commenter “l’événement“. Beaucoup de parents d’élèves avouent qu’ils sont « dans l’ignorance d’une telle incursion du fanatisme dans l’enceinte du lycée où conférences et expositions y ont pris les relents d’un matraquage subversif ». Les enseignants et les agents de l’administration rencontrés sur les lieux se disent, quant à eux, choqués par l’effronterie affichée par les organisateurs quand, sortant même de l’aire réservée à l’activité, se livrent dans la cour qui grouille de lycéens, à la distribution gratuite des exemplaires du Coran.

En effet, c’est dans ce lycée qu’un nouvel enseignant des “sciences islamiques”, vient d’être fraîchement affecté, au terme d’un concours national « de recrutement de 30 PES des sciences islamiques » dont 27 (sur les 30) sont affectés dans le seul département de Tizi-Ouzou ! (*)

Originaire de Tebessa, la nouvelle recrue se distingue, après quelques jours seulement de sa prise de fonction, par une protestation dont il a fait l’objet auprès du responsable de la scolarité, de la part de ses propres élèves qui lui reprochent ses « déviations » qui le mènent loin du cadre « pédagogique » versant, entre autres, dans l’incitation des filles à porter le hidjab. En réponse à quoi, un rappel à l’ordre du responsable à son encontre a eu lieu, nous affirme-t-on.

Pour rappel, le 30 mars 2006, le tristement célèbre théoricien du terrorisme internationale El Qaradhaoui qui s’est offert la maison de la culture qui porte le nom de l’illustre auteur de  la Colline oubliée , ne s’était pas montré avare en mots en affirmant notamment qu’il était :

« choqué et étonné de découvrir qu’à travers la ville de Tizi Ouzou, peu de filles étaient voilées et tous les panneaux, notamment les enseignes commerciales, étaient transcrits en langue française », ajoutant, insolent, qu’il était hostile à la transcription des enseignes de signalisation dans la langue de Molière et… de celle de Mammeri qu’il n’a même pas daigné citer. « L’arabe est la langue de Mohamed. Il faut enseigner l’arabe et le Coran », avait-t-il exhorté…

Allas DI TLELLI

Note :

(*) Les 03 autres admis auraient-il reçu leurs affectations pour Vgayet (Béjaïa), Tuvirett (Bouira), ou vers les autres régions kabyles des départements de Sétif, de Jijel, de BBA ou de Boumerdès ?

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