Ces images intenses de notre amazighité

Tamazight, c'est moi, c'est nous

Identité (Kabyles.com) —L’Algérie est un pays têtu. D’ailleurs, l’un des présidents de ce pays avait dit un jour que le peuple algérien est un peuple ingouvernable. Oh que oui ! Ce peuple subit beaucoup d’injustice et de misère malgré la richesse de ses terres, mais il y a une richesse que personne ne pourra lui arracher ou détourner en devise : son orgeuil. Il a de l’orgueil, placé ou mal placé, en tout cas, il l’a. Et j’adore ça. Tout un caractère diraient les observateurs.

Ne touche pas à mon identité

Depuis l’université, j’ai assisté à des moments forts voire magiques lors des conférences, spectacles ou des assemblées générales des journalistes notamment. À la fac centrale d’Alger, des professeurs universitaires avaient organisé une conférence pour discuter des moyens de s’organiser et d’avancer après la nouvelle constitution qui avait consacré le pluralisme politique. Cette conférence, modérée par le professeur Lahlou, a fini en queue de poisson à cause d’un baathiste. Le professeur Lahlou, très classe et calme au début, avait fini par exploser et à crier Imazighen. Dehbia Yassef, une journaliste de l’APS, fille de la Casbah d’Alger, que Dieu ait son âme, avait perdu tout contrôle quand un pseudo journaliste avait osé attaquer les Kabyles. Elle l’avait remis à sa place à la salle El Mouggar avec une fierté et une énergie admirable.

Tamazight, c’est moi, c’est nous

Cette fois-ci, c’est en Kabylie, à Tizi-Ouzou pour être précise. Lors des célébrations du printemps berbère à Oued Aissi, une fille de Annaba, voyant le nombre impressionnant de Berbères s’exprimant en Berbère et ne comprenant rien, avait piqué sa petite crise. Elle ne se sentait pas en Algérie. Et pourtant, elle était bel et bien en Algérie. Bienvenue en Algérie non officielle. Et l’Algérie, c’est ça justement. À l’occasion du festival international des danses populaires, Ait Menguellet qui avait clôturé cet événement, avait réconforté les cœurs de tout le monde au stade 1er novembre. Les Arabophones présents ne cessaient pas de demander des traductions de ce qui se disait ou chantait dans leur propre pays. C’était impressionnant comme moments d’émotion et de fierté d’être kabyle et amazigh. Matoub Lounès, au stade Oukil Ramdane, après sa convalescence, suite à l’agression des balles assassines d’un gendarme en 1988, avait fait sauter la baraque. Point de détour chez lui. Son message était clair et son identité était l’essence de ses chants, de son discours. Que dire de tous ces jeunes qui l’applaudissaient avec ferveur les yeux pleins de larmes ? Idir, ce géant de chanson moderne kabyle, malgré les critiques de certains, avait assumé sa mission en plein cœur d’Alger : pas d’Algérie sans Tamazight. Le public était en symbiose avec l’artiste et ses chants. Et la culture amazighe, longtemps tassée par le pouvoir, a survécu. Mieux que cela, elle vit, emballe et interpelle.

Apport de tout chacun ?

Moralité : tout un chacun doit se questionner sur son apport à ce combat pour servir cette cause légitime, cette identité millénaire et celle culture réelle, cet héritage millénaire de nos ancêtres. Nos intellectuels solitaires, nos artistes talentueux et engagés, nos militants avaient donné tout pour Tamazight. Maintenant, la balle est dans le camp de chaque foyer et de chaque individu amazigh. Ils doivent faire leur part. L’heure est pour la sauvegarde et la production. C’est ainsi et pas autrement.

Djamila Addar.

 

1 Commentaire

  1. C’est formidable quand les criquets pèlerins se métamorphosent en sauterelles. Un tour comme une passe où la Kabylie serait devenue tamazight. Djamila, je ne dors pas ma sauterelle.

    NB: le futur Etat Kabyle indépendant aura comme langue officielle le KABYLE.

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