Charente : “L’Homme libre”, curieuse œuvre d’art contemporain

Des poutres de l’ancien petit pont Eiffel, sur la Dronne, ont été reconverties par un sculpteur-star en singulière œuvre d’art.

Dressée au détour d’une petite route de campagne d’où on aperçoit les toits d’Aubeterre, elle risque d’estomaquer plus d’un vacancier dans l’été à venir. Voici « L’Homme libre », une sculpture de poutres d’acier assemblée par le renommé Rachid Khimoune. Samedi midi, elle était inaugurée au village de Laprade, en présence du sculpteur, d’une cinquantaine d’habitants et d’élus locaux.

L’histoire remonte à 2007, avec la démolition du pont Eiffel centenaire enjambant la Dronne sur cette même départementale. Un chantier confié à la Société nouvelle de travaux publics et de génie civil (SNGC), à L’Isle-d’Espagnac, dont le directeur général, Tony Bonifaci, est sollicité par une connaissance de Rachid Khimoune, sculpteur connu notamment pour sa série sur les « Enfants du monde », des bronzes monumentaux exposés dans le monde entier.

La quinzaine de tonnes d’acier intéresse l’artiste. « On allait la revendre à un ferrailleur… Le contact s’est bien passé et tout le pont est parti à Aubervilliers, dans son atelier », raconte Tony Bonifaci.

« Poche d’humanité »

Juste retour des choses, l’idée d’une « statue » érigée sur place fait son chemin, « à force de discuter ». La mairie emboîte le pas et l’association Culture 16 Avenir est fondée pour l’occasion. Présidée par Jacques Varaillon-Laborie, maire de Charmant, elle réunit des fonds à hauteur de 20.000 euros, répartis entre la fondation du Crédit agricole, pour moitié, les collectivités et des dons de particuliers. Le bétonneur Préfa 2000, à Ruelle, a conçu le béton qui sert de socle à l’intrigant « Homme libre ».

Une référence, donc, à la représentation rupestre de l’Amazigh, l’homme libre berbère, bras levés et jambes écartées. Certains y verront « le totem qu’on se passe dans l’émission “Koh-Lanta” », comme dit un élu de l’assistance, voire un début de svastika, ou pire, de « croix gammée », signe que nos représentations sont sacrément conditionnées par la télé ou la Seconde Guerre mondiale : « C’est ce que m’a assuré un voisin qui est passé en voiture », glisse Mireille, venue de Dordogne. Elle s’est fait sa propre idée : « Le symbole est fort ».

Modèle d’humilité, Rachid Khimoune, présent samedi avec sa compagne, la productrice et animatrice Ève Ruggieri, a décrit une « poche d’humanité », entre ciel et terre : « Regardez cette nature. On peut méditer sur sa vie. » Et d’espérer, dans un sourire, que « le passant prendra le temps de s’arrêter en se demandant ce qu’est ce truc bizarre ».

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