Comment se débarrasser de l’oppression arabo-musulmane ?

Le pacifisme est-il la solution, en Kabylie, pour se libérer du colonialisme arabe, et aidera t-il les Kabyles et la Kabylie à se débarrasser de l’oppression arabo-musulmane ?La ronéo qui a été utilisée pour déclencher le 1er novembre 1954 contre le colonialisme apartheid français, doit-elle se remettre en branle pour annoncer au monde le début de la résistance du peuple kabyle contre la colonisation arabo-musulmane panarabiste ?

Au regard de l’histoire, le pacifisme n’a jamais aidé un peuple ou une société à se libérer de la domination d’un autre peuple. La décolonisation de plusieurs pays, notamment africains, ne s’est jamais faite sans sacrifices, sans massacres et sans effusion du sang.

L’exemple de l’Algérie est révélateur de l’inutilité du pacifisme face un colonisateur qui s’attaque à tous les fondements de la société colonisée, à ses repères, et qui pousse à l’asservissement, au mépris et à l’oppression des populations colonisées. Nombreux étaient ces « intellectuels algériens » pacifiques qui appelaient la France à assimiler les populations indigènes, à leur donner un minimum de droit, à leur accorder une citoyenneté… mais peine perdue. La France, mais aussi tous les colonisateurs, ne savaient pas entendre la voix des pacifiques, la voix de ceux qui veulent arracher des droits légitimes sans effusion de sang. Les pacifistes ont été toujours méprisés, ridiculisés et décrédibilisés, et la violence continue durant de nombreuses année à être que dans un sens, l’oppresseur agresse, tue, massacre et les oppressés restaient passifs, ne faisaient que subir cette humiliation en continuant à supplier l’oppresseur d’un peu plus d’indulgence. Pour l’Algérie, le déclic est arrivé, les événements du 8 mai 1945 ont été le déclencheur d’une autre conscience, la France, comme tous les pays qui colonisent, ne savait pas entendre autre que le son des armes.

Notre drame et notre tragédie en tant que Kabyles et Berbères, après tant de sacrifices, car la guerre d’Algérie était vraiment circonscrite essentiellement dans les régions berbérophones, cette guerre ne nous a pas libérés. Les Kabyles ont payé un très lourd tribut pour se libérer de l’oppression française pour, finalement, tomber dans une oppression bien plus redoutable et plus sanguinaire : celle des Arabes.

J’entends déjà certaines voix me donner l’exemple indien. Une idée reçue s’est répandue comme quoi le peuple indien s’est libéré du joug anglais pacifiquement et sans sacrifices, ils l’ont appelée la résistance passive. C’est méconnaître l’histoire de ce grand peuple et dire ces sottises à un Indien, qui connaît son histoire, il vous rigolera à la face.

L’indépendance de l’Inde est venue après tant de luttes, de sacrifices et de massacres. La révolte des Cipayes qui malheureusement anéantie par les britanniques et suivie de représailles particulièrement sanglantes, le massacre d’Amritsar de 1919 qui a déclenché une intensification de la lutte contre les Anglais. À partir de 1919 jusqu’en 1947, les Anglais n’ont pas cessé de faire face à des guerres de résistance (les Anglais les appelaient « actes terroristes »), et à divers sabotages des intérêts anglais. Les Anglais ont dû faire face à trois fronts : Les Hindous dirigés par la majorité du congrès national indien (Nehru a été mis en minorité), la ligue musulmane et bien sûr les Sikhs. Trois guerres urbaines et de sabotages généralisés ont contraint les Anglais à partir.

Même dans les pays civilisés et les conflits des temps modernes c’est le même constat. En Irlande du nord, le pacifisme n’a rien amené à la minorité catholique, considérée comme une entité de sous citoyens. Il est reconnu que sans l’IRA, les accords de paix signés donnant aux catholiques leurs droits et leur place n’auraient jamais vu le jour. Le sinn fein sans l’IRA n’aurait jamais réussi à se faire respecter et entendre ni par le gouvernement de sa majesté la reine ni par les protestants. Le constat est partout le même, rien ne sert d’étaler tous les exemples des peuples qui se sont libérés non grâce à leur pacifisme mais surtout grâce à leurs sacrifices et leur lutte armée. Le pacifisme fait durer la répression et conduit au génocide de l’oppressé.

Depuis 1962, le Kabyle plutôt que de regarder les choses en face, préfère se dérober à la réalité, il a du mal à reconnaître sa vraie situation en tant que colonisé. Nos « élites » ont tout réduit au problème culturel, qu’ils n’hésitaient pas d’ailleurs à marchander au profit de leur croyance idéologiques, à le sacrifier pour des intérêts occultes, ils (pas tous, loin de moi cet amalgame) l’ont transformé en un jeu entre les mains des clans du même système qui nous oppriment. Tous les courants (marxistes, socialistes, laïquards..) l’ont utilisé uniquement pour leurs propres intérêts. Certes, les Kabyles subissent un des plus grands apartheids culturels, mais il n’y a pas que ça. La réalité est que nous subissons un apartheid tout court qui englobe toutes les discriminations. Depuis 1962, les Arabes nous traitent comme leur colonisés, comme des sous humains, des individus n’ayant aucun droit et sans aucune dignité.

Il faut absolument casser les tabous et ne pas avoir peur des mots. Le peuple kabyle est un peuple colonisé. Oui, réellement colonisé. Les Kabyles subissent un racisme racial en Algérie et un apartheid des plus pires. Nous avons mis presque 40 ans pour prononcer le mot « autonomie » de peur de paraître singuliers et à part ; alors que les Arabes n’arrêtent pas de nous singulariser et de nous mettre à part. De peur que les Arabes nous voient en tant que Kabyles, alors qu’ils n’arrêtent pas de nous voir comme tels et uniquement comme tels.

Depuis 1965, un bureau des affaires kabyles (le BAK) fut crée à Alger, le but est de faire disparaître l’âme kabyle et berbère de la surface de la terre. Les Français ont créé dans le passé le bureau des affaires indigènes, les Arabes à leur tour créent le bureau des affaires kabyles, les indigènes de l’Algérie indépendante. Depuis cette date, le pouvoir arabe en Algérie n’arrête pas de nuire à tout ce qui est kabyle et à organiser son génocide. Ils ont commencé par l’élimination physique de l’élite kabyle qui n’a pas accepté leurs plans macabres, ils ont exilé et marginalisés nos poètes, nos hommes de lettres, ils ont asphyxié économiquement la Kabylie pour pousser les Kabyles soit à immigrer vers d’autres régions, donc à s’arabiser d’eux-mêmes, soit vers l’extérieur pour diminuer le nombre de ces indigènes. Ils sont allés jusqu’à interdire le mot « Kabyle » dans les bouches. Quitte à être ridicules, le club de football JSK (jeunesse sportive de Kabylie), a été rebaptisé « jeunesse sportive kawkabi », c’est ridicule mais c’est juste pour effacer le mot « Kabyle ».

Leur racisme anti kabyle va crescendo, une colonisation de peuplement de la Kabylie est programmée, des villages « socialistes » ont été implantés au cœur de la Kabylie avec des populations uniquement arabes. La distribution de logements dans les grandes villes kabyles (Vgayeth, Tubiret, Tizi) est gérée directement par le BAK. 90% des logements dans ces villes ont été attribués à des Arabes venus de tous les coins et recoins d’Algérie : Djelfa, Msila, Sétif (coté arabe), Souk Ahras, Guelma… Le BAK voulait faire disparaître toute trace kabyle dans les villes, pour eux le Kabyle ne doit être parlé, en attendant une arabisation totale, que dans les villages aux fins fonds de nos montagnes. Pour eux la partie citadine de la Kabylie doit disparaître. Ce bureau diabolique avait et a toujours un budget colossale, des familles entières éparpillées sur tout le territoire de la Kabylie mais surtout dans les grandes villes ont été financées à coups de dinars et d’avantages divers afin de propager la langue arabe, de ne parler qu’en arabe afin de donner l’exemple et ainsi créer un grand complexe chez ceux qui continuent à ne parler qu’en kabyle. Ils voulaient rendre le Kabyle minoritaire même chez lui.

Le résultat de leurs plans macabres est malheureusement visible. A Tizi par exemple les populations des quartiers entiers notamment la haute ville ne parlent qu’arabe et ne s’habillent que comme arabes, des femmes vêtues en robes kabyles qui s’aventurent à traverser ces quartiers sont sifflées et traitées de kabyles montagnardes, ils profitent de notre tolérance et de notre passivité pour nous humilier chez nous. Ils n’ont jamais eu peur de nous et de notre réaction. C’est le même constat à Bougie et à Tubiret. Durant plusieurs années, les registres de commerces, les locaux commerciaux dans ces villes sont interdits aux Kabyles restés dignes, mais ils sont donnés uniquement à ces Kabyles propagateurs de la langue arabe et des combines du pouvoir arabe d’Alger. Leur acharnement à nous faire disparaître est tout azimut. Le but est toujours de rendre le Kabyle minoritaire où qu’il soit.

Des morceaux de notre chère Kabylie se retrouvent éparpillés dans divers départements à majorité arabe. Nos frères de Tubiret (Tubiret ville, Ahnif, Aghbalou, Saharidj, M’chedallah, Ath Mansour, El Asnam…) se retrouvent du jour au lendemain cernés de toutes parts par les Arabes qui exercent un racisme et une discrimination des plus féroces sur eux. Le même sort est réservé aussi à nos frères kabyles (Boumerdes ville, les villages surplombant Naciria, Chabet El Ameur…) minorisés et noyés dans le département de Boumerdes à majorité arabe. La ville de Boumerdes qui jadis était à majorité kabyle est subitement devenue arabe. Ces frères subissent aussi un mépris inimaginable de la part des Arabes qui détiennent l’autorité sur eux. Sans oublier aussi nos frères éparpillés dans le département de Bordj bou Arreridj, marginalisés sur leurs propres terres. Un autre charcutage de la Kabylie est en préparation, nos ennemis ne cesseront leurs visées génocidaires du peuple kabyle que lorsque leur but suprême sera atteint : notre anéantissement.

Pour une arabisation et un asservissement rapides des Kabyles, le BAK préconisait la saturation du territoire kabyle de mosquées et de Zaouias, qui sont à leurs yeux un moyen efficace pour propager l’islamité et sa sœur jumelle l’arabité. La Kabylie s’est retrouvée, avec la bénédiction du pouvoir arabe d’Alger, être à la tête des départements et des régions ayant le plus grand nombre de mosquées de toute l’Algérie. En même temps, des convois de pseudos-enseignants orientaux (Égyptiens, Syriens, Palestiniens…) pullulaient dans les écoles de Kabylie. Ces « enseignants » sortaient directement des écoles coraniques des plus radicales et des plus rétrogrades, ramenant avec eux leurs us et coutumes archaïques et moyenâgeux et ont commencé avec une grande arrogance leur salle besogne de sape de notre identité. Ils avaient une telle haine des Kabyles qu’ils n’hésitaient pas à faire subir de pires châtiments corporels sur les enfants kabyles. Ils vivaient chez nous tout en nous méprisant et tout en profitant de notre passivité et de notre « pacifisme ». Je me souviens bien d’un pseudo enseignant égyptien, qui enseignait l’arabe ou plus exactement d’un tortionnaire arabe, c’était en 1979. Je jouais au foot dans la cour de recréation avec mes copains internes, il est passé à coté et nous a entendu parler en kabyle, pour lui c’était un blasphème qui mérite amplement un châtiment suprême. Le lendemain, c’était l’enfer, il nous a appelé, regroupé et commencé à se défouler sur nous pendant une heure et demie et n’hésitant pas à cracher sa haine et son racisme anti-kabyle et à user de sa ceinture et de son bâton (les Arabes n’enseignent que le bâton à la main !). Il voulait nous interdire de parler kabyle, la langue de ma mère et de mon père, en Kabylie même, chez nous. Cet énergumène profitait aussi de notre tolérance et de notre « pacifisme », il savait qu’il ne risquait rien. Les Arabes d’Égypte, de Syrie, de Palestine, de Jordanie… vivant en Algérie se sentaient beaucoup plus chez eux que nous, ils se comportaient en territoire conquis, ils se sentaient supérieurs à nous puisque nous ne sommes que des colonisés dominés par leurs frères au pouvoir. Leur arrogance était inépuisable.

Le pouvoir arabe d’Alger utilisait les Kabyles comme de la chair à canon dans des conflits qui ne nous intéressent ni de près ni de loin. Combien de Kabyles sacrifiés en priorité dans les nombreux conflits qui opposent Israël aux Arabes ? Pour le pouvoir arabe d’Alger, c’était bénéfique deux fois : diminuer le nombre de Kabyles en Algérie et combattre en même temps l’ennemi héréditaire de la cause arabe. Sur les 78 prisonniers que les Israéliens ont libéré en 1976, après la ènième raclée qu’Israël n’arrêtait pas de donner aux Arabes, 52 étaient Kabyles, 14 Chaouis (autre chair à canon pour les Arabes). Je vous laisse deviner combien de morts kabyles il y a eu pour une cause qui n’était pas la leur, qui ne l’est toujours pas et ne le sera jamais.

Des Kabyles envoyés pour combattre leur frères juifs qui, pourtant, ont fait ce que nous n’avons pas pu faire nous les Kabyles à cause de notre « pacifisme » : récupérer nos terres et notre destin. Les juifs n’attendent pas leur disparition totale les bras croisés. La tragédie juive est la même que la notre, à la seule grande différence est que ce valeureux peuple a pu réaliser l’inimaginable, l’impensable. Après tant d’errements, d’éparpillements, de mépris, d’oppressions, ils ont pu récupérer leurs terres et leur pays que les Arabes leur ont arrachés de force. Après tant de siècles, les juifs ont pu fonder un grand pays libre et démocratique, la seule démocratie au milieu d’un tas de peuplades qui malgré leur richesses naturelles, sur lesquelles ils font la sieste, vivent encore à l’âge de la pierre. Le peuple juif doit être un exemple pour nous et non un ennemi.

Le pouvoir arabe d’Alger aime voir couler le sang kabyle. En 1963, des centaines de Kabyles furent tués par une armée collégiale arabe, venue en Algérie pour aider leurs frères arabes d’Algérie et pour mater la rébellion kabyle. Pour marquer à jamais l’esprit kabyle, leurs cadavres ont été étalés sur les places de villages pendant des jours, gisant dans le sang, cranes ouverts, livrés aux chiens qui se régalaient de leur cervelles et de leurs chairs devant leurs familles, leurs femmes et leurs enfants et devant tous les villageois rassemblés à cet effet par les soldats arabes. Ces soldats arabes venus on ne sait d’où assoiffés de sang et de massacres, venus en Kabylie réaliser leur rêve suprême : casser du Kabyle.

Ces Kabyles dont les cadavres sont donnés aux chiens, se sont sacrifiés en croyant à une cause kabyle, pour que le destin des Kabyles soit réellement entre les mains des Kabyles. Ils ont été trompés et sacrifiés pour des ambitions « nationales » (il adore ce mot) d’un zaim d’origine Kabyle. Ce même zaim, qui quelques années plus tard, a même oublié de parler sa langue, il confond « idudan » et « tifadnin » !! Récemment, pour parler aux Kabyles sur une chaîne de TV kabyle (BRTV), il s’est senti obligé d’utiliser la langue d’Abassi Madani et d’Ali Belhadj, il nous a parlé en arabe. Il n’arrivait pas à faire une seule phrase en kabyle. Il a avoué de lui même, qu’il ne parle pas souvent en kabyle, c’est pour ça qu’il a du mal à s’exprimer maintenant avec cette langue. Par contre, il n’avait aucun problème à nous assommer avec quelques phrases en arabe, c’est à croire que chez lui, on ne parle qu’arabe, et qu’il ne communique avec ces enfants qu’en arabe. Si lui, un homme normalement dont l’âge incite à la maîtrise de toutes les subtilités de sa langue maternelle, a oublié sa propre langue, alors imaginez bien ses enfants, ça sera un miracle s’ils connaissent plus d’un mot en kabyle. A force de concessions, de passivité, de danses de charme pour plaire aux Arabes, il a fini par concéder même sa langue, à l’effacer de sa mémoire. Trop de passivité et de servilité rend mou et indigne.

Ce zaim pour qui de nombreux Kabyles avaient déjà offert leurs vies et qu’un grand nombre sont toujours prêts à le suivre, comme les moutons suivent le berger, s’est permis d’oublier sa langue et vient nous l’avouer sur un plateau de télé, du jamais vu dans le monde entier. Qu’avons-nous fait pour mériter de tels individus parmi notre peuple ? Je m’arrête là, j’arrête de parler des vivants-morts.

En 2005, des enseignants et des administratifs kabyles de l’université de Tizi-Ouzou ont décerné le Doctorat Honoris Causa pour son parcours historique mais réellement pour être l’un des premiers Arabes à programmer le génocide du peuple kabyle et berbère, à celui (Ben Bella) qui a ordonné le massacre de ces centaines de leurs frères et qui a offert leurs chairs et leurs cervelles aux chiens. Un homme qui a toujours avoué sa haine de tout ce qui est kabyle, qui nous méprise et qui nous considère comme des sous-humains. Ces enseignants et ces administratifs n’ont pas peur de la réaction du peuple kabyle, ni pour leurs vies ni pour leurs biens, ils peuvent continuer à nous humilier et à nous trahir sans crainte, ils savent que les Kabyles sont pacifistes, tolérants et passifs, ils en profitent pour nous faire du mal. Ils savent qu’ils ne risquent rien. La lâcheté vient juste après un excès de tolérance et de passivité.

Cette utilisation de la chair à canon kabyle a atteint des summums durant cette guerre arabo-arabe qui ravage l’Algérie. Les jeunes appelés Kabyles sont systématiquement envoyés dans les coins les plus chauds de cette Algérie travestit en terre arabe et meurtrie par la bêtise arabe. Lors des différents ratissages, les Kabyles sont automatiquement mis devant face aux couteaux et face aux égorgeurs islamistes arabes, face aux mines et aux bombes. Non satisfaits d’exposer leurs vies sans aucune réserve, ces appelés kabyles subissent de pires châtiments physiques et psychologiques dans les casernes arabes : isolement, invectives racistes, ils sont traités de tous les noms. A Djelfa, en juin 2005, deux appelés kabyles ont été passés à tabac par tous les soldats de leur compagnie qui s’acharnaient sur eux comme des bêtes, ils sont allés jusqu’à pisser sur eux. Le commandant de la caserne, non pas encore comblé des misères subies par ces deux hommes qui parlent à peine l’arabe, leur a ordonné de se déshabiller et de faire plusieurs tours de la cour de la caserne nus. Il les a envoyés ensuite nettoyer toutes les chiottes de la caserne et il a fini par ordonner 15 jours d’isolement individuel dans des cachots qui ressemblent plus à des fosses à rats qu’à des cellules. Le seul tort de ces pauvres victimes : ils écoutaient de la musique kabyle et un soldat arabe les a surpris avec une cassette portant la photo de Matoub. Pour les Arabes en Algérie, le seul fait d’être Kabyle mérite amplement un grand châtiment.

Des Kabyles qui meurent en masse dans une guerre arabo-arabe qui ne les intéresse ni de près ni de loin sont innombrables, utilisés comme de la chaire à canon comme jadis les Français utilisaient les Africains (toute l’Afrique) pour toutes les salles besognes et face aux redoutables tirs de feux allemands. Notre tragédie est d’autant plus grave que même en 2011 nos enfants sont encore utilisés comme des objets à déminer les champs de bataille par l’armée arabe en Algérie.

Durant le dernier printemps noir qui nous a encore endeuillés, les Arabes ont étalé à qui veut les voir, leur haine et leur racisme anti-kabyle. Leurs gendarmes tiraient à bout pourtant sur des pauvres gamins kabyles, avec des balles explosives qui ne laissent aucune chance à la vie. Ils sont allés même dans les hôpitaux torturer et achever les blessés dans leurs lits. Staline et Hitler n’étaient pas allés aussi loin dans l’horreur. Notre pacifisme ne nous condamne qu’à vivre successivement et éternellement que des printemps noirs, nous regardons nos enfants assassinés brutalement et d’une manière abjecte sans pouvoir faire quoi que ce soit à part creuser des rivières entières avec nos larmes, c’est de l’impuissance totale.

Depuis quelques années, Le BAK a trouvé d’autres moyens pour saper l’âme Kabyle. La prostitution est organisée et contrôlée par le pouvoir d’Alger et sa bande de mouchards éparpillés dans la région. Les prostituées sont toutes Arabes, parce que sures, et toutes travaillent pour le compte du pouvoir. Le pouvoir utilise la prostitution pour casser la famille kabyle et clochardiser la société Kabyle. On les appelle les intouchables, tellement surprotégées. Le pouvoir a organisé aussi des circuits d’acheminement, de transport et de distribution de la drogue jusqu’aux fins fonds de nos villages. Ils inondent la Kabylie de drogues et de produits stupéfiants afin de nous achever et de nous humilier. Les Arabes veulent notre destruction totale et nous, nous assistons à notre anéantissement la tête baissée et les bras croisés.

Les Arabes ont tué Abane Ramadan, Krim Belcacem, Mouloud Mammeri, Matoub Lounes, Meziane Mhenni (pour intimider son père), de nombreux journalistes kabyles, plus de 120 jeunes kabyles… Ils ont violé nos sœurs et nos femmes (en 1963 et 1980), ils ont arabisé les noms de nos villages, de nos routes et de nos sentiers, ils sont allés même jusqu’à arabiser les noms de nos fontaines. Ils nous interdisent de donner nos prénoms à nos enfants, ils nous privent de tout outil médiatique, ils propagent la débauche et la drogue en Kabylie. Ils nous massacrent quand nous exprimons notre douleur, ils nous insultent et nous traitent comme des sous-humains… Nous subissons toutes ces humiliations tout en continuant à être convaincus que notre pacifisme aboutira en oubliant qu’on a affaire à un peuple qui ignore complètement les valeurs universelles de tolérance, de pacifisme, de liberté et de civilisation.

Le MAK a le mérite de mettre fin à l’errance de nos revendications, pour la première fois de notre histoire, le projet exprimé par ce mouvement est claire et bien identifié. Pour une fois, les Kabyles sauront pourquoi ils se battront. Le projet est fondamentalement fait dans l’intérêt du peuple kabyle et uniquement pour lui, sans complexe et sans complaisance. Le projet d’autonomie de notre région et de notre peuple est très cohérent, nul peuple n’a besoin de la tutelle d’un autre peuple pour gérer ses affaires. Le peuple kabyle n’a pas le droit de laisser l’avenir de ses enfants entre les mains de ceux qui n’ont que haine et mépris envers nous. Le peuple kabyle n’a pas le droit de laisser ses filles momifiées et transformées en ombres par cette culture rétrograde de ce peuple qui nous opprime. N’oublions pas, l’avenir de l’Algérie sera l’Afghanistan d’aujourd’hui, la régression, le retour à la sauvagerie et au Moyen-âge sont intrinsèquement ancrés dans l’âme arabo-musulmane. Sauvons au moins nos enfants de ce destin tragique des sociétés arabo-musulmanes.

Mais la question qui doit tarauder nos esprits est celle de la manière de mener notre lutte. Ces énergumènes qui nous oppriment sauront-ils entendre la voix pacifiste ? Moi, j’en doute beaucoup ! Ces énergumènes sont issus d’un peuple qui ignore toutes les valeurs universelles de tolérance, de respect de l’autre, ces valeurs nobles sont complètement absentes de leur culture qui n’est faite que de haine et que de mépris envers tout ce qui n’est pas arabe. C’est un peuple qui n’a toujours compris qu’une seule chose : la force.

Le MAK a besoin d’un bras droit qui saura rendre les coups, qui saura protéger ses dirigeants et qui saura intimider nos ennemis et ceux qui complotent contre notre existence. Sinon que ferions-nous demain, à part pleurer, si les arabes décident d’assassiner encore ceux qui mènent notre lutte ? Que ferions-nous si demain les arabes s’attaquent à Ferhat Mehenni et à ses amis qui mènent ce noble combat, le combat pour la liberté de notre peuple ? Ils ne s’arrêteront pas au milieu du chemin, ils continueront à assassiner nos vraies élites comme ils ont assassiné Matoub, Mammeri et tant d’autres. Le MAK a besoin d’une force active qui nous protégera contre eux et contre leurs plans macabres.

Croyez mes chers sœurs et frères, ce n’est pas avec le pacifisme que les juifs ont récupéré leurs terres accaparées par les Arabes durant des siècles. Ce n’est pas avec le pacifisme que les Kurdes d’Irak ont eu pour une fois leur autonomie et surtout le respect des Arabes qui partagent le pays avec eux, ces Arabes qui dans le passé ne faisaient que programmer leur génocide. Ce n’est pas aussi avec le pacifisme que les Noirs soudanais, réduits à l’esclavage par les Arabes au pouvoir, sont arrivés à avoir un minimum de droit. Et je ne crois pas qu’uniquement avec le pacifisme, le peuple kabyle sera demain un peuple libre.

Alkapeca

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