Conférence des peuples sans Etats

Retour sur un événement capital pour l’avenir de la Kabylie

Pour rappel, cette conférence s’est tenue, les 24, 25 et 26 novembre 2005 à Barcelone.

C’est une initiative qui revêt un caractère vital pour le peuple kabyle en devenir. Il n’est pas étonnant, par conséquent, de noter la participation du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie qui y est représenté par son porte parole Ferhat MEHENNI.

Par un hasard du calendrier ou non, le 24/11, le CERAK (Cercle d’Etudes et de Réflexion sur l’Autonomie de la Kabylie) organise une conférence ayant pour thème les élections partielles locales en Kabylie et leurs perspectives. Cela a donné lieu à un télescopage regrettable entre les forces kabyles que nous avons tant besoin de voir rassemblées et unies.

Sans remettre en cause la liberté d’entreprendre de chacun, il eut été plus judicieux – à mes yeux – de consacrer cette conférence du CERAK, à ce moment là, à cet événement et ses prolongements pour le projet d’autonomie de la Kabylie. Il ne fut, hélas, rien. Pourtant les multiples intervenants furent, à un moment donné, de fervents militants pour ce projet.

Aujourd’hui, se contentent-ils du simple rôle de réflexion autour de ce thème en lieu et place d’un engagement plus affirmé ? Retour ligne automatique
Eux et elles seuls détiennent la réponse à cette interrogation.

Ceci étant souligné, mon propos – comme vous pouvez le deviner – porte sur la tenue de cette conférence, la première du genre.

Au-delà de l’aspect événementiel et tout le protocole qui entoure ce genre d’initiative, le discours prononcé par Ferhat MEHENNI est d’une importance capitale pour le peuple Kabyle en marche vers l’autonomie. Il (le discours) restera dans les annales de l’histoire des peuples en luttes pour leurs droits, non pas contre des puissances occupantes, comme ce fut le cas, il y a des décennies de cela.

Cette fois-ci, c’est contre des régimes nationaux ou supposés comme tels qu’ils ont à se battre pour faire reconnaître leurs droits multiformes et leur souveraineté sur leurs territoires respectifs.

L’engagement politique de Ferhat MEHENNI, qui ne date pas de 2001, n’est pas à démontrer ; tout comme le sont son intégrité et sa loyauté, vis-à-vis des siens et des causes qu’il n’a cessé de défendre. Mais il est vrai que Ferhat demeure une énigme pour certains qui, à défaut de chercher à comprendre le personnage et analyser sa trajectoire à la fois d’homme et militant politique, ils versent dans une hostilité à son égard en l’affublant de tous les maux. Mais ceci est une autre affaire !

Pour revenir à l’intervention elle-même, il n’est pas exagéré de dire qu’elle constitue, à côté de l’appel à l’autonomie de la Kabylie, l’acte de naissance de la nation kabyle. Par sa solennité et le contenu de son message, elle apporte à ceux qui doutent de la pertinence de ce combat que cette question est loin d’être une simple affaire d’humeur de certains intrépides. Désormais, l’autonomie de la Kabylie est un des éléments constitutifs de la conscience collective kabyle.

A cet égard, les analystes et critiques kabyles -à travers les multiples sites- s’honoreraient à mettre en valeur l’importance de cet événement et à promouvoir le contenu du discours de Ferhat MEHENNI. En effet, il n’est pas concevable d’appeler sans cesse à l’unité des rangs et être aux abonnés absents quand on est à des événements de ce genre. Ils peuvent, en effet, être l’expression de cette union à laquelle tous les kabyles de bonne foi aspirent.

Ayant fait allusion dans mon propos au CERAK, il n’est pas trop tard de revenir sur cette initiative de Barcelone pour l’analyser et évaluer son impact sur le projet de l’autonomie de la Kabylie. Cet événement mérite un vrai débat tant il s’inscrit, à juste titre, dans le champ de l’avenir de la Kabylie. S’agissant de ces pseudos élections locales en Kabylie il n’est guère utile de rappeler que la Kabylie est hors la loi du système algérien qui ne la reconnaît d’aucune manière. Assez d’illusions quant à un renouveau politique qui surgirait des entrailles de ce monstre anthropophage qu’est le système Algérie.

Pour conclure les élites et les citoyens kabyles doivent cesser de s’invectiver inutilement. La Kabylie au sens institutionnel du terme n’existe pas encore et le chemin à parcourir reste long et parsemé d’embûches ; d’où la nécessité de faire l’économie de tout ce qui disperse nos rangs et de consacrer nos force et notre intelligence à cette quête d’autonomie de notre région et de notre peuple.

L’autonomie de la Kabylie n’est pas un projet politique qui justifie des attitudes et positions semblables à celles des partis politiques lors d’une campagne électorale. Elle n’est pas non plus une bataille d’un camp politique contre un autre. Il s’agit, avant toute chose, du destin d’un peuple. Seul un front uni de toutes les forces en présence est à même de nous mener à ce but.

Le 12/12/2005

Par A. Nat Zikki

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