Cruauté envers les animaux en Algérie

Monsieur, je vous écris ces quelques lignes pour vous faire savoir de mes nouvelles qui sont très bonnes et qui j’espère vous trouveront de même… attendez ! Ne jetez pas la lettre ! Les premières lignes de salutation sont une obligation imposée par le propriétaire du Cybercafé. Il refuse obstinément d’imprimer cette lettre sans ces : « lignes de rigueur ». Je ne peux ignorer cette loi aussi scélérate soit-elle, car le propriétaire a un fusil de chasse pointé sur ma tempe. Entre l’humiliation et une décharge de chevrotine… mon choix est fait.

Monsieur le Directeur, cela fait bientôt cinq jours que je n’ai pas mangé à ma faim. D’ailleurs, je vous écris cette lettre en rêvant d’un sandwich aux œufs – sans les piments — à la sortie du marché de bétails de Bouira. Vous ne connaissez certainement pas ce marché, mais bon, on ne peut pas tout connaitre sans remorquer une multitude d’années inutiles derrière soi comme moi.
Dans ce marché, il y a un endroit qu’on appelle péjorativement : « la carcasse ». Péjoratif jusqu’au moment où on y pénètre, après cela, on s’aperçoit que même carcasse est un euphémisme qu’on a utilisé sans vraiment y prêter grande attention. Imaginez la répugnance des soldats américains en découvrant les centres de concentration durant la deuxième guerre mondiale. C’est fait ? Alors maintenant, imaginez que c’est encore pire.

Cet endroit regorge de toute la cruauté envers les animaux sur le territoire algérien. Il y a des vaches qu’on a aveuglé et d’autres carrément sans yeux, il reste uniquement les orbites ; des bœufs avec la hache encore dans le dos – Cela augmente leur prix et parfois le double même – une promotion des « tudjars »( vendeurs) ; des moutons avec leurs testicules accrochées à leur cou ; des agneaux qu’on a voulu faire cuire vivants, mais retirés — encore vivants – avant qu’ils ne soient cuits a point ; des chèvres avec des mamelles cousues avec du fil de fer et avec toute l’expertise d’un chirurgien — berger de Berrouaguia — juste avant leur entrée au marché ; des brebis qu’on a maquillé avec un couteau bien aiguisé et qui leur donnent un sourire permanent ; et pour finir des poules extorquées de leur plumage pour avoir refusé de chanter Qassaman avant de pondre un œuf.

Monsieur le Directeur, ayant maintenant réveillé votre pitié, il ne me reste plus qu’à lui offrir un café sans un accompagnement, mes moyens ne me le permettent pas. En ressortant de cet endroit, on se pose deux questions car cette chambre à tortures semble être le lieu de « rendez-vous » des bouchers algériens et principalement… algérois. Les bêtes sont tellement mal en point qu’il suffit de les bouger pour mettre fin à leurs jours ou leur torture. Retour ligne automatique
La première question : existe-t-il une institution pour protéger les animaux en Algérie ? La deuxième : la viande que consomment les Algériens a-t-elle été « halalement » torturée avant son exécution ? – si elle a été exécuté bien sûr — Je ne vous raconte pas cette histoire pour vous convaincre d’être végétarien – je connais le prix à payer pour essayer de convertir qui que ce soit en Algérie — mais pour déléguer un reporteur sur cet Auschwitz national et servir l’information au grand public Algérien.
Monsieur le Directeur, pour le prix d’un sandwich aux œufs et sans piments, je pourrais écrire une colonne dans votre honorable journal. Pour une extra demi-bouteille de Hamoud Boulam – même tiède – je pourrais faire l’effort de m’y appliquer.

Monsieur le Directeur, sans vous avoir jamais vu, je vous imagine un grand, fort, beau et qui porte son intelligence comme un après-rasage. Si vous êtes une femme, mettez les adjectifs au féminin, et si vous avez le courage de priver un homme, un citoyen, un mendiant de manger à sa faim… remplacez tous les adjectifs par des antonymes.

Voilà Monsieur le Directeur ! Ma lettre arrive à sa fin en espérant qu’elle ne vous empêchera pas de commander une entrecôte béarnaise dans un restaurant de luxe à Alger. Et si vous décidez de négocier vos gencives autour d’un sandwich quelconque, épargnez une pensée pour ceux qui ne mangent pas à leur faim et à une multitude d’animaux qui vous attendent pour mourir dans la dignité. Voilà ! Bon appétit Monsieur !

Veuillez accepter l’expression de mes salutations les plus distinguées et en espérant que votre démarche apportera ses fruits au marché de bétails de Bouira… ainsi qu’à ma FAIM.

Hmimi O’Vrahem

Citoyen, Mendiant… qui ne mange pas à sa faim.

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