Démocratisation du dos d’âne en Kabylie

Sécurité routière : les dangers de l’intervention citoyenne anarchique

Le monde moderne connaît maintes espèces de démocraties : les parlementaires, les bourgeoises, les populaires (pas trop !), les pétrolières, les bananières, les couscousières, les spécifiques, les authentiques, les fausses, les de façade… (liste non limitative.)

En Algérie (originalité oblige), nous jouissons gratis de la démocratie des dos d’ânes, la seule où la souveraineté appartient au peuple. En l’occurrence, maître Aliboron, le brave aghioul de nos montagnes, n’est pas en cause -les ruraux seraient à la peine sans le concours forcé de ce doux quadrupède- Il s’agit de l’usage abusif de son dos.

Peu d’automobilistes respectent le Code de la route

Il est vrai que chez nous peu d’automobilistes respectent les limitations de vitesse imposées par le Code de la route – encore que le délabrement de nos voies urbaines se prête peu à la vitesse. Néanmoins, des accidents de la circulation, parfois mortels, sont fréquents. Hélas l’Etat, comme en d’autres domaines est absent : gendarmes et policiers sont plutôt occupés à traquer les voleurs et à réprimer des émeutes.

Des particuliers érigent des triangles de goudron

Pour pallier la défaillance des Ponts et chaussées, des particuliers creusent le macadam et érigent en travers de la route des triangles aigus en goudron, hauts, étroits à la base, non signalés par un panneau, non peints à la peinture blanche, indélébile. Quand on arrive dessus, surtout de nuit, un vrai régal : les autos tressautent, les ressorts gémissent, les passagers somnolents sursautent. Avant terme ; les véhicules s’usent pour le plus grand profit des fournisseurs étrangers et les revendeurs nationaux de pièces de rechange.

19 dos d’ânes sur 4 km à Vgayet : record du monde !

Il m’est arrivé de compter sur une route de Vgayet dix-neuf dos d’ânes sur quatre kilomètres. Dans la traversée de certaines localités, on trouve l’un de ces obstacles tous les cent mètres.

Une enquête internationale révélerait que nos routes subissent la plus forte densité de dos d’ânes au kilomètre (on bat les records qu’on peut.) De nombreux automobilistes déplorent cet excès mais l’Etat n’en a cure : la caravane aboie et les chiens passent.

Chez nous, le dos d âne et le seul domaine d’intervention de l’initiative citoyenne. Celle-ci serait pourtant mieux venue de dépoubelliser nos paysages tant ruraux qu’urbains.
Je n’ai rien contre les ralentisseurs à condition qu’ils répondent aux normes des pays civilisés. Mais, comme dit l’autre, ceci est une autre histoire.

Afalku Iazouzene

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