« Dissolution des assemblées locales en Kabylie »

Vers une internationalisation du dossier ?

Le décret présidentiel portant dissolution des assemblées locales a été officiellement promulgué par le chef de l’État et publié au Journal officiel du 20 juillet 2005.

« Dissolution des Assemblées Locales en Kabylie » titre El Watan, et « les secrétaires généraux des communes auront à gérer les affaires courantes jusqu’à la tenue des élections partielles, qui pourraient avoir lieu en septembre prochain ». Le journal souligne que « Le texte du décret publié dans le Journal officiel ne mentionne pas la date effective de dissolution ». La sixième incidence qui a fait l’objet d’un accord entre les Aarchs et le chef du gouvernement en janvier 2004 est satisfaite. Cette incidence plus connue sous le terme « révocation des indus élus » est devenue avec le temps la pomme de discorde entre les personnes censées défendre les intérêts de la population kabyle, complètement négligée du fait de petites rivalités partisanes.

« Le FFS rejette les élections partielles, » et M. Ali Laskri, responsable actuel du FFS, confie à La Nouvelle République : « Les différentes décisions du FFS par rapport à l’organisation de la riposte à cette décision seront rendues publiques samedi prochain lors d’une conférence à laquelle la presse sera conviée ». D’autre part ce même quotidien a souligné l’échec de la « tentative de mobilisation » de la population à Tazmalt, son fief historique.Retour ligne automatique
Cet échec explique sans doute que la marche d’Alger du FFS soit composée uniquement d’élus afin d’éviter l’humiliation publique d’une faible mobilisation. Les 700 élus FFS de cette marche ne peuvent effacer les millions de manifestants mobilisés par les Aarchs en 2001.

« Le FFS se dit déterminé à résister, même à la force publique » titre le jeune indépendant.
M. Karim Tabou, secrétaire national du FFS chargé de la communication, a déclaré « les élus de cette région ne quitteront leur poste sous aucun prétexte » et « Les autorités seront contraintes de recourir à la force pour obtenir le départ de nos élus ». Le FFS menace d’internationaliser le dossier en préparant « Un document dont des copies seront transmises, a précisé M. Tabou, à des représentations diplomatiques de plusieurs pays dont la France, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique ».

La volonté d’internationalisation de ce dossier se trouve confirmée par Jeune Afrique, en citant un communiqué de Hocine Aït-Ahmed « depuis son exil volontaire en Suisse ». L’hebdomadaire rapporte que « Le parti appelle dans cette optique à la création d’une commission d’enquête internationale sur (…) la dissolution des assemblées élues en Kabylie ».

Un autre élément tend a confirmer cette thèse : une petite phrase sibylline du vieux zaim rapporté par La Dépêche de Kabylie : « Celui qui ne respecte pas et méprise son peuple et ses compatriotes se refuse à lui-même la dignité des hommes libres ». Si en apparence la référence aux « Hommes Libres » fait penser immédiatement aux Imazighen (qui signifie justement Hommes Libres), en réalité Hocine Ait Ahmed a « paraphrasé » une citation du président américain G W Bush lors de son discours d’investiture. Loin d’être un plagiat, il s’agit plus vraisemblablement d’un message codé à destination des autorités d’Alger.

Il faut rappeler que le FFS est membre de l’Internationale Socialiste, une organisation qui regroupe les principaux partis sociaux-démocrates en Europe, et bénéficie de solides soutiens au sein de « l’intelligentsia » de la gauche nostalgique du « tiers-mondisme » et de la presse française. Si cette hypothèse se confirme nous verrons bientôt des articles de la « journaliste » Josée Garçon de Libération qui habituellement relaie les communiqués d’Ait Ahmed, dépoussiérés de la phraséologie archaïque et des articles dans la rubrique « opinion » du Monde qui lui ouvre grand ses colonnes.

De son coté le MAK prend postion contre les élections partielles en Kabylie rapporte El Watan. Ferhat Mehenni le porte parole du mouvement, lors de l’université d’été du MAK, a pris ses distances avec les Aarchs en déclarant « Le MAK ne peut souscrire à l’application d’une résolution qui n’est pas contenue dans la plateforme de Leqser et qui découle d’un dialogue tronqué entre le Pouvoir en place et une petite frange de délégués kabyles qui ne représentent plus la région ».

Les Aarchs quand à eux se disent déçus par les décrets de dissolution selon Le jeune indépendant. Si les assemblées de Vgayet et de Tizi-Ouzou sont dissoutes, la grande déception vient des assemblées de Boumerdes et surtout de Bouira ou seule la commune de El Asnam est concernée par le décret.
Selon le quotidien, cette « décision (…) ne semble pas être du goût de la Coordination des Aarchs », et « un des délégués des Aarchs de Boumerdès a exprimé sa stupéfaction après avoir pris connaissance des décrets publiés ».

La Rédaction

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