Du coq à l’âne

19 mars, Kabyles, Coran et laïcité

Le 19 mars est le jour anniversaire du cessez-le feu de la première guerre d’Algérie. Après 7 ans et 138 jours de souffrances, de deuils, de morts, de destructions, pour la population algérienne, un immense soulagement. Qui sortait vivant de chez soi le matin n’était pas sûr d’y revenir vivant le soir.

Le résultat du referendum d’autodétermination ne laissait nulle place au doute. Les activistes européens, militaires et civils, ont livré leur ultime bataille à coup de meurtres, d’incendies, de plasticages mais le pouvoir gaulliste les a éliminés sans état d’âme. Les harkis se rendaient compte qu’ils avaient fait le mauvais choix. La masse des Français d’Algérie se préparait à l’exode. Les milliers de détenus politiques voyaient la fin de leur enfermement, les milliers de réfugiés s’apprêtaient au retour. En Tunisie, les dirigeants du FLN et de l’armée des frontières se disputaient pour le pouvoir.

Pour un Algérien né au début de la guerre, donc âgé maintenant de 52 ans, le 19 mars ne signifie rien. Il a sans doute encore une vague idée du 1er novembre et du 5 juillet. Par comparaison, les Français continuent à commémorer l’anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918.

Quarante cinq ans après le cessez le feu du 19 mars, les Algériens, dans leur immense majorité, n’ont trouvé ni la liberté, ni le bien-être promis. Une deuxième guerre – celle-ci pour l’asservir, a apporté son lot de morts et de malheurs. Et son cessez-le-feu n’est pas pour demain.Retour ligne automatique
En attendant, l’anniversaire du 19 mars doit nous inciter au moins au recueillement.

Au siège de l’ACB j’ai écouté avec attention les propos de Sophia, une militante socialiste de parents Kabyles qui présentait avec talent son livre ; Ma France laïque. Elle avait parlé de la nécessité pour les enfants d’immigrés Nord-Africains de s’intégrer à la société française. Elle avait précisé que, pour les Kabyles, la laïcité ne rencontrait aucune difficulté puisqu’elle est de tradition dans le pays de leurs parents. Sur ce point je suis bien d’accord. Mais j’ai réagi quand elle a ajouté que le Coran ordonne d’obéir au gouvernement du pays où l’on vit et de respecter ses lois. Le dernier des imams pourra sans peine prouver le contraire. Il lui suffira de citer ces versets :

« Combattez ceux qui ne croient pas en Allah et au jour dernier et n’interdisent pas ce qu’Allah et son envoyé ont prohibé. » Le repentir verset 29

« Combats les mécréants et les hypocrites et sois rude à leur égard. » L’interdiction verset 9

« Vous qui croyez, ne prenez pas de juifs ou de chrétiens pour amis. Ils sont amis entre eux. Celui qui les prend pour amis sera des leurs mais Allah ne conduit pas le peuple coupable. »

Plus de 400 versets du Coran sont incompatibles avec les lois de la République française, notamment celles qui punissent les discriminations fondées sur le sexe ou la religion ainsi que les mutilations et les châtiments corporels.

L’honnêteté intellectuelle et la défense de la laïcité incitent à préconiser une épuration du Coran de tout son contenu contraire à la Déclaration universelle des droits de l’homme, à dire clairement qu’en cas de conflit entre la loi prétendue d’Allah et celles de la République, c’est à ces dernières qu’il faut se soumettre faute de quoi aucune intégration n’est possible.

Voici maintenant un texte en vers, composé par un proviseur de lycée de la région de Tizi Ouzou. Il s’agit d’un portrait, sans concessions, de ses compatriotes (ednuv iyiris)

Patrie en danger

Nous sommes un peuple d’exception
Qui a perdu tous ses repères
N’ayant ni foi ni raison
Notre état se dégénère
Nous sommes un point d’interrogation
Nous sommes la risée de la terre

Nous sommes un peuple bizarre
Orgueilleux jusqu’à la mort.
Malicieux comme des renards
Méchants comme des alligators
Jaloux, pédant et fanfare
Partisan du moindre effort

Nous sommes trop fiers de nous-mêmes
Vantards ; vaniteux et pédants
Nous sommes experts en stratagèmes
Et spécialistes en guet-apens
Nous sommes répugnants à l’extrême
Dégoûtants à cent pour cent

Nous n’avons rien de croyants
Mais on se prend pour des religieux
On nous appelle les « musulmans »
Nous qui sommes loin de Dieu
Au fond nous sommes des mécréants
Hypocrites et mystérieux

Nous sommes les rois de la magouille
Intransigeants et capables du pire
Au détriment des autres on se débrouille
Egoïstes et voulant tout saisir,
Devant plus grand on s’agenouille
Devant les faibles on est dur à cuire

Drôle de peuple que nous sommes
Ignorant, inculte et sans civisme
Du « gâchis » on nous surnomme,
Nous ; créateurs du « hittisme »
Nous sommes de vulgaires sous-hommes,
Partisans du fanatisme

On ressemble à une virgule
Qui ne termine aucune phrase
Nous sommes faibles et incrédules
Entre nos semblables on s’écrase
Nous sommes un cancer qui véhicule
Décadences et métastases

Nous sommes un point d’exclamation
Le monde entier nous regarde
Certains se pavanent dans des salons,
La plupart sont des nomades.

Nous sommes les points de suspension
Tout le reste est devinable
Nous sommes la ruine de la nation
Les indices sont innombrables
Nous sommes le néant et la négation
De tout progrès envisageable

Dommage à la génération future
Qui par le sort n’est guère gâtée
Une tombe est tracée sur mesure
Là-dedans elle sera enterrée
Elle payera toute la facture
Que leur ont laissée leurs aînés

Qui sait, peut-être la Providence
Fera un jour pour nous quelque chose ?
Elle nous bénira par sa puissance
Tel un champ aride qu’on arrose
Prions Dieu donc c’est une urgence
Autrement c’est l’enfer grandiose.

Hocine Benhamza

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