Du Mak au GPK : Gare au jugement de l’histoire (2)

Eviter les erreurs du passé

Ceux qui feignent de ne pas être conscients de cette évidence hypothéqueront, à jamais, le dernier atout que nous avons entre nos mains.

Pourtant, nous n’avons jamais cessé de rappeler, tant par nos contributions écrites que lors de nos multiples rencontres et réunions, tant au sein du MAK qu’en dehors, la nécessité de tout mettre en œuvre pour unifier nos rangs.

Militants du MAK depuis le début de cette marche vers l’autonomie de notre peuple, jamais nous n’avons manqué de rappeler qu’être autonomiste ne signifie guère être, forcément, militant de ce mouvement. C’est ensemble, la main dans la main, autonomistes du MAK, ou autonomistes tout simplement – c’est-à-dire le peuple kabyle – que nous avons à prendre à bras le corps cette œuvre de construction de notre avenir commun.

Aucun individu et aucun groupe, aussi important soit-il ne peut à lui seul mener cette entreprise gigantesque de construction L’avenir de la Kabylie et des Kabyles ne se décrète pas en catimini. Aucun groupe et/ou aucune entité n’en est le dépositaire exclusif. C’est l’ensemble du peuple kabyle qui le scellera ou ne le scellera pas. Rien ne peut être construit de manière durable, contre la volonté d’un peuple. Et ce peuple, jusqu’à preuve du contraire, n’a jamais été consulté pour décréter quoi que ce soit en son nom !

Il se trouve, malheureusement, que des esprits admettent le contraire. Se considérant investis d’une mission messianique, ils se perçoivent berger et le peuple – dans ce cas le peuple kabyle – leur troupeau. Comme tel ce dernier n’à d’autre choix que celui d’obéir aux injonctions de ce même berger. Il est, prétendument, le seul à voir et savoir où se trouve le bonheur de son « troupeau ».

Du MAK au GPK

Sorti comme dans un chapeau de, magicien quelques jours, à peine, après l’appel à l’autonomie de la Kabylie en ce jour du 05 juin 2001, le MAK est né. Avec lui naissent les germes de la discorde et de la suspicion. Il sème le trouble dans l’esprit de tous ceux qui voyaient en cet appel un nouveau souffle et un ciment pouvant ressouder les rangs kabyles trop lézardés, y compris même chez certains de ceux qui en sont les porte-voix. Retour ligne automatique
Immédiatement un très grand nombre de ceux que l’idée de l’autonomie a enthousiasmé, puis galvanisé ont vite déchanté en ne voyant, à travers cette proclamation de la naissance hâtive du MAK, qu’une manœuvre de récupération du sang des martyrs de 2001 et d’en faire une marque de fabrique aux droits inaliénables.

Malgré ces signes précurseurs de ce qu’il en adviendra nous avons résisté et sommes résolus à aller de l’avant et mener le combat pour l’autonomie de notre région. Ainsi pour couper court à de telles supputations, nous avons fait admettre, alors, l’affirmation qu’une fois l’autonomie atteinte le MAK, objet de la discorde, se dissoudra. A tort ou à raison, la proclamation de la naissance de ce mouvement a été interprétée, alors, comme une marche forcée pour l’appropriation d’une cause commune, dont l’objectif, à terme, serait d’en exclure tout ceux qui ne rentreront pas dans les rangs de ce dernier.

L’origine de la fissure

Devant l’impossibilité de déconnecter le MAK de la personne de son porte parole, devenu depuis, président, toute voix discordante est synonyme d’un prêche dans le désert. Claironner un autre son de cloche qui soit dissonant de celui du maître est vite appréhendé et interprété comme une atteinte à la personne du chef. N’inventant rien de nouveau, l’autonomie est devenue le MAK et le MAK la propriété de son chef. Face à cette filiation, il n’y a de place que pour des liens d’allégeance et de soumission.

Du coup le MAK dont les promoteurs – dont j’ai fait partie – n’ont cessé d’asséner depuis 9 ans qu’en aucun cas il sera un mouvement étroit et fermé, est malheureusement devenu un espace clos devant tous ceux qui ne partagent pas tout ou partie de ses vues. Certes non proclamé, il fait sien la profession de foi selon laquelle « celui qui n’est pas avec moi et contre moi ».

Peut-être sans le vouloir, il s’inscrit dans la droite ligne des logiques qui fondent les partis ou mouvements totalitaires qui ne reconnaissent qu’eux-mêmes et rien d’autres. Un grand nombre d’indices permettent d’affirmer cela. J’en citerai au moins un seul. Il s’agit de cette inclination à considérer comme opposant à lui – pour ne pas dire ennemi – toute personne ou entité qui ose porter un quelconque jugement sur ses agissements, y compris ceux des militants qui émettent la moindre appréciation sur son action.

De dérives en dérives le MAK, que d’aucuns veulent ouvert à tous les Kabyles, même ceux qui ne sont pas en son sein, a par des touches successives, apporté la preuve que rien ne distingue ses pratiques de celles qualifiées hégémoniques de ceux qu’il est censé combattre. Pareil aux autres il s’est emparé d’un combat légitime pour l’avenir de la Kabylie, pour en faire sa propriété privée. Cette dérive j’y ai fait allusion en termes voilés dans une contribution à l’occasion du 8e anniversaire de l’appel à l’autonomie ; un texte qui a été lu aux participants et qui a été vivement applaudi si j’en crois les échos d’alors.

Même s’il n’est pas le concepteur de l’ostracisme qu’il applique à ses contradicteurs et qu’il a eu lui-même à subir, le « président » du MAK a fait le choix de se passer de tout individu qui ose, à peine, exprimer le moindre sentiment de réticence à ses vues. Pire les personnes qui se risquent à le faire sont vite étiquetées de transfuges des « services », sans le moindre souci des conséquences, de telles assertions, sans fondements, entraînent sur ces mêmes personnes. Pris d’une paranoïa sans limite il ne voit, au sein de ceux qui n’abondent pas dans le sens de ses vues, que des conspirateurs en puissance qui complotent dans l’ombre contre sa personne.

à suivre

Ahcène Belkacemi , Militant autonomiste

 

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