Encore un journaliste molesté à la mairie de Tizi-Ouzou

Nous apprenons avec effroi et peine, qu’un collaborateur a été molesté et insulté alors qu’il faisait un reportage dans le cadre de sa profession. Nous soutenons Halim et sommes de tout cœur avec lui.Retour ligne manuel
La FIJ dénonce le comportement de certains individus, à la solde du pouvoir algérien, nous vous livrons leur déclaration.

Une fois de plus, la corporation journalistique est victime d’une énième agression caractérisée avec cette fois-ci, des insultes associées à un comportement voyou que vient de subir dans l’enceinte de la mairie de Tizi-Ouzou, en date du 26 septembre dernier, notre confrère du mensuel du centre La Région, Halim AKLI, de la part de deux agents de sécurité employés par la municipalité de la ville des genêts.

Ayant été sur les lieux pour les besoins d’un reportage sur la qualité du service public au sein de cette institution municipale, notre confrère constat le grand hall de l’état civil plein comme un œuf et pour cause, un arrêt de travail fut décrété sans préavis et en plein milieu de la journée ; sachant qu’en ce mois de ramadan, les pauses déjeuner sont supprimées au niveau de l’administration publique.

La foule perdait patience devant le mépris qu’elle subissait et des attroupements se formaient ici et là, à travers la salle, discutant, réclamant et demandant des éclaircissements et surtout la reprise du travail à même de leur permettre de se voir délivrer qui un document d’état civil pour lequel il était là depuis les premières heures de la matinée, qui une légalisation qui relève tout autant du parcours du combattant et ce, depuis toujours, sans qu’une amélioration ne viennent soulager les longues attentes des citoyens dans des queues interminables.

Au niveau du guichet réservé à la légalisation, les citoyens en grand nombre dont une vieille dame et un vieux handicapé, s’impatientaient combien même ils hélaient sans discontinuer les employés à travers la vitre, cers derniers ne prêtaient aucune attention. C’est là que la vieille dame commença à taper de ses mains sur la paroi en bois qui sépare les bureaux du public. Un agent de sécurité intervient et demande à tout le monde de patienter. C’est là que notre confrère intervient pour tenter d’expliquer à l’agent que cet arrêt n’était pas normal, qu’un service minimum aurait du être prévu, qu’un préavis était nécessaire et enfin que c’est méprisant envers le citoyen que d’observer un arrêt de travail après avoir entamé le travail depuis près de trois heures. Notre confrère a cru bon d’ajouter que ces pratiques d’un autre âge qui provoquent la colère légitime des citoyens qui risquent de se transformer en émeutes destructrices.

Un deuxième agent intervient pour proférer menaces, propos orduriers et moleste même notre confrère qui répondait du tac au tac après s’être rendu à l’évidence qu’il se trouvait en face de voyous improvisés agents de sécurités qui se croient encore au temps des années de plomb du parti unique, outrepassant ses prérogatives, l’agent cria à qui voulait l’entendre que « la politique est interdite aux citoyens à l’intérieur de ce lieu ».

Devant la riposte courageuse et digne de notre collègue, les deux agents zélés tentèrent d’intimider en le traitant de faiseur de troubles (moukharib), de raciste après que le journaliste leur avait signifié qu’il refusait de discuter d’avantage avec eux s’ils ne s’adressaient pas à lui en kabyle. Les deux « barbouzes », vraisemblablement surexcités et en quête d’une victime, touchés par l’inefficacité de leur agression, ordonnèrent à notre confrère de les suivre dans une petite salle d’un mètre carré qu’ils appellent leur « bureau ». Ils essuyèrent un refus serein et catégorique qui, au lieu de les inciter à se retirer, les avait piqué au vif et continuèrent à harceler de plus belle notre collègue.

Au bout d’une demi-heure d’échanges, notre confrère les invite à lui montrer leur « bureau ». Une fois à l’intérieur, la porte se referme à clef et les insultes reprenaient à fuser à l’encontre de notre confrère et à l’encontre de tous les journalistes traités par tous les sobriquets. Aucunement impressionné par leur vacarme qui cache mal leur propre peur et leur ignorance des limites des prérogatives de leur fonction, H. AKLI leur demanda jusqu’où ils vont en général quant ils retrouvent devant un citoyen sans défense et de modeste condition ? Une autre heure de vocifération indigne d’une institution républicaine de proximité s’en suivit avant que la porte ne s’ouvre et notre confrère poussé brutalement dans le couloir avant de se refermer sur eux.

Les tentatives de notre confrère d’être reçu par le chef du personnel et le maire sont restées vaines et nous permettent de poser des questions sur les motivations de cette agression qui vient de cibler un journaliste, un militant politique et de la cause identitaire et un membre du bureau laïque international.

Ces atteintes à la dignité citoyenne et à celle de notre corporation qui ne cessent d’être la cible d’attaques multiples tenant à réduire au silence le champ de la libre expression dans notre pays, ne peuvent que renforcer notre détermination à ne céder le moindre iota de nos acquis très chèrement payés. Aussi, nous demandons la suspension définitive de ces deux agents zélés qui trouveront meilleures places dans des maisons de rééducation.

Enfin, nous exprimons notre soutien et notre solidarité agissante à notre confrère.

Coordination des journalistes indépendantsRetour ligne manuel
(C.I.J)Retour ligne manuel
Le 27/09/2007

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