Environnement en Kabylie : cas de décharges sauvages

Voici la suite de notre article concernant l’environnement en Kabylie :

Une insulte à la raison

Sur le bas-côté de la route qui mène vers la commune d’Aït-Bouaddou, un centre de santé, un lycée et … une décharge sauvage qui s’étend chaque jour d’avantage se côtoient étroitement. Les deux municipalités concernées ne semblent pas enclines à s’échiner sur ce dépotoir de la honte dont la suppression constitue véritablement une urgence selon l’avis des citoyens des deux communes.

Pour cause, l’inquiétude des parents dont la progéniture est scolarisée au niveau de l’établissement secondaire ; soit à quelques mètres seulement du la vaste décharge, est on ne peut plus justifiée quand on sait qu’au-delà des incidences des émanations et de l’incinération à ciel ouvert sur la santé de leurs enfants, il est aussi question du danger qui pèse sur la vie des lycéens.

En effet, une cuve de propane, d’une capacité avoisinant les 2000 litres, flirte quotidiennement avec les étincelles qui proviennent de la décharge, encourant ainsi à plus d’un millier de lycéens et personnel de l’établissement le risque fatal d’explosion du grand bac.

La direction de l’établissement, l’association des parents d’élèves et celle écologique d’Aït-Bouaddou, ont chacune d’elle saisie la direction de l’éducation de Tizi-Ouzou ainsi que les autorités locales. Une action vite oubliée par les auteurs et les autorités. En somme, une goutte de bonne conscience dans un océan de déchets toxiques.

Près de 03 ans après, la décharge n’est toujours pas délocalisée et la cuve n’a pas encore explosé…

 

Voici un autre cas de décharge sauvage :

Le lycée en grève illimitée

Elèves, enseignants et fonctionnaires du lycée ont convenu d’une grève illimitée (à partir du 27 février) pour tenter enfin de secouer « le mutisme assourdissant » des autorités face à leur demande de suppression de la décharge qui côtoie de près leur établissement. Il faut dire que les protestations et autres requêtes sporadiques n’ont eu aucun effet à ce jour, puisque aussi bien les autorités locales des deux communes concernées, Tizi N’Tléta et Aït-Bouaddou, la Daïra des Ouadhias que le wali himself qui a eu à prendre son déjeuner dans l’enceinte même de la cantine scolaire qui s’adosse à l’immense dépotoir lors de sa visite dans la région et qui a eu à « admirer » le désolant spectacle qui s’y déroule, n’ont jusque là rien trouvé d’autre que de justifier leur impuissance à solutionner ce « danger publique » par l’argument récurrent d’ « oppositions émanant des riverains aux assiettes » qui auraient été choisies à cet effet.

Un enseignant qui récuse ce « faux-fuyant » réplique : « une autorité, qu’elle soit élue ou désignée, est responsable du bien être de la population, sinon, je ne comprend pas pourquoi tenir des promesses lors des campagnes électorales pour ne savoir dire une fois élu qu’on est impuissant ».

Un spectacle désolant, visuel dans son enveloppe olfactive nauséabonde et toxique, se déroule en effet sans discontinuité sous les fenêtres des classes du Lycée de Tizi N’Tléta : Fumée dense dans un océan de déchets où rodent chiens et chats errants, parfois des chacals et autres petits animaux sauvages qui se disputent une abondantes nourritures en décomposition avec une peuplade de rats d’égouts dont le nombre augmente sensiblement. Les corbeaux tournoient au dessus quant il ne sont pas mêlés aux farouches luttes d’en bas…

Pendant ce temps, la décharge continue de menacer la santé publique et la vie ; aussi bien au chef-lieu qu’au sein du lycée puisque les enseignants sont unanimes à affirmer que les pestilences emplissent continuellement les salles des cours et autres structures de l’établissement comme la cantine. Le désastre écologique semble être, quant à lui, relégué au bas des préoccupations des autorités quand celles-ci font la sourde oreille devant une menace réelle sur la santé de la communauté lycéenne ainsi que sur celle de la population locale.

Ce recours à la solution extrême a tout l’air d’engager un véritable bras de fer qui s’inscrit vraisemblablement dans la durée, entre le lycée et les autorités concernées. Les parents d’élèves et à travers eux toute la population, se disent préoccupés autant par le danger que constitue cette décharge sur le double plan sanitaire et écologique que par le risque de voir la grève perturber la scolarité de leur progéniture, risque de se joindre à ce débrayage dont on ignore pour l’instant le traitement qu’il lui sera réservé. La Région promet d’y revenir prochainement.

Allas Di Tlelli

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