Expansion militaire de l’islam

La plupart des manuels traitant de l’évolution de l’islam se réduisent à dire : « du VIIe au IXe siècle, l’islam se répandit… » ou « l’islam gagna  » telle ou telle contrée. Certains musulmans diront « après sa Révélation, le Prophète a combattu les mécréants. » Omettant de dire comment s’est manifestée cette expansion de l’islam et quel genre de combat son prophète a livré. Combat spirituel, intellectuel ou physique ? La réalité historique s’en trouvant alors estropiée et travestie. L’évolution de l’islam s’est faite avec une abondante coulée de sang du côté des vaincus et convertis de force dont la vie, désormais sous domination musulmane, mérite un moment d’arrêt.

Moins d’un siècle et demi après sa naissance, son amour du terrorisme et du butin, son goût pour la cruauté doublé de son intarissable désir hégémonique ont permis à l’islam de connaître, à travers le monde, une expansion sans précédant dans toute l’histoire de l’humanité. Le bilan de ses guerres de conquête est considérable et particulièrement meurtrier.

En 718, les musulmans avaient franchi les Pyrénées, cela leur permit de pénétrer en France grâce aux attaques facilitées par des luttes intestines entre les Mérovingiens et le duc d’Aquitaine. Entre 719 et 721, ils prennent Narbonne, Nîmes et Carcassonne où ils édifient plusieurs mosquées, remontent la vallée du Rhône et de la Saône, envahissent Toulouse en 721, saccagent Bordeaux et sont stoppés entre Poitiers et Tours, entre le 25 et le 30 octobre 732, par les troupes de Charles Martel exactement cent ans après la mort de Mahomet (632). En 734, les forces musulmanes prennent Avignon qu’ils pillent et, neuf ans plus tard, arrivent à Lyon qu’ils dévastent. Ils resteront, pas moins de quarante ans dans les Alpes, en Provence et en Aquitaine.

Les conquêtes de l’Espagne et de la France marqueront l’apogée de l’expansion militaire de l’islam caractérisée par des exactions et abus de pouvoir en tout genre.

L’empire musulman s’étend de toute la péninsule arabique jusqu’à la vallée de l’Indus, de l’Asie mineure jusqu’aux Pyrénées, de la Biscaye et l’océan Atlantique jusqu’aux espaces sahariens d’Afrique et de la mer Caspienne jusqu’au Soudan, avec de colossaux trésors de guerre.

Le vaste empire impérialiste islamique ainsi constitué connu par la suite trois grandes dynasties qui régneront successivement de façon sévère et intransigeante, sur trois continents (Asie, Afrique et Europe), pendant environ quatorze siècles. La première fut la dynastie des Omeyyades, avec pour capitale Damas, fondée en 661 par Muâwiyya Ier, général gouverneur de Syrie, après l’assassinat du quatrième calife, Ali. Les Omeyyades étaient une famille de la tribu des Quraychites, celle de Mahomet. C’est sous eux que l’Espagne, puis la France furent envahies. Ils s’appuyaient essentiellement sur un esprit de razzia et un grand amour pour la guerre. Ils furent par la suite renversés en Orient, en 750, par une armée sous le commandement d’un prince descendant d’un oncle paternel de Mahomet, al-Abbas ibn Abd al-Mouttalib qui faisait partie du clan des Bânu Hâchim (les Hachémites). [1]

Ibn Abd al-Mouttalib fit assassiner tous les Omeyyades et prit la tête du califat dont le siège fut transféré de Damas à Bagdad. C’est ainsi que la dynastie des Abbassides, seconde plus grande dynastie de l’islam, fut établie.

Plus intransigeants dans l’application des principes islamiques que les Omeyyades à qui ils reprochaient une relative impiété, les Abbassides [2] établiront une théocratie dont la souveraineté prétendait descendre de Mahomet à travers des dirigeants guidés dans l’exercice de leur pouvoir par le Coran et la sunna.

En 1064, la Géorgie est l’objet d’un pillage musulman systématique qui fera des milliers de morts et de prisonniers. En 1207, à pâques, ce sont plus de 12.000 Arméniens qui seront massacrés autour de la cathédrale d’Ani. C’est sous les Abbassides que la partie de l’Afrique noire islamisée fut conquise et l’empire musulman étendu jusqu’aux confins de la Chine.

Un omeyyade, du nom d’Abdel Rahman, avait échappé aux massacres abbassides. Réfugié en Andalousie, il établira un émirat omeyyade à Cordoue, en 756. Cette dislocation favorisa l’émergence d’une autre dynastie, celle-là d’obédience chiite, les Fatimides, d’abord en Tunisie en 909, puis en Égypte en 969 ensuite dans le reste de l’Afrique du Nord. Ainsi naquit une grande rivalité avec les Abbassides sunnites qui dominaient le Proche-Orient, jusqu’à l’arrivée des croisés, en 1098, qui profiteront de ces dissensions accentuées par l’entrée dans cette région des Turcs seldjoukides fraîchement convertis au sunnisme. Les Turcs seldjoukides s’empareront de Jérusalem, en 1070, et repousseront les Fatimides jusqu’en Égypte. La dynastie des Abbassides fut renversée, à son tour, par celles des Ottomans, en 1258.

L’empire turc ottoman (l’empire des trois continents et des trois mers), fondé dès la fin XIIIe siècle par Osman Ogullari [3], nom arabisé en Othman (d’où l’appellation « ottoman »), perdura jusqu’au début du XXe siècle. Pendant sa période de splendeur, elle s’étendait des Balkans, au bord de la mer Noire, jusqu’à la Crimée ; de l’Asie mineure à une partie de la péninsule arabique et la quasi-totalité de l’Afrique du Nord. En 1268, l’évêque assyrien de Gazarta, Mar Khnanishu, est lapidé et son corps sera ensuite exposé au public.

En 1453, la chute de Constantinople, capitale de l’empire chrétien d’Orient, au profit des Ottomans, sera effroyable. Après une résistance héroïque, la ville tombera aux mains de Mehmet II qui la pilla et massacra ses habitants. Baignée de sang, elle, qui fut pendant des siècles la splendeur de la chrétienté d’Orient, se verra progressivement islamisée de force et rebaptisée Istanbul. En 1534, les Ottomans renverseront, à Bagdad, la dynastie abbasside et prendront le titre de « commandeurs des croyants ». Les Ottomans disaient qu’ils faisaient la guerre dans le seul but de propager la religion musulmane. C’étaient des « combattants pour la foi qui participent aux opérations contre les « infidèles » par le jihâd » et leurs sultans portaient le nom de ghâzi, « Sultan des combattants pour la foi et des participants à la guerre sainte ».

Sous domination ottomane, les chrétiens d’Orient (Grèce, Bulgarie, Serbie, Macédoine, etc.) furent soumis à des contraintes particulièrement sévères, comme celles qui leurs imposaient de payer la djizya [4] et les soumettaient à un statut d’inférieurs. La domination musulmane se transformait, le plus souvent, en destructions d’églises, en mises en esclavage et en massacre des populations.

En 1529 les Turcs investiront Vienne dans le sang et plusieurs martyrs juifs et chrétiens goûtèrent à la « tolérance » musulmane. De nombreuses familles chrétiennes bulgares, grecques, serbes et albanaises furent soumises, entre le XIVe et le XVIIe siècles, à des massacres répétés et des traitements particulièrement inhumains. Nombre de leurs enfants furent réduits en esclavage. [5]

Un petit rappel à ce sujet  : les Turcs prélevaient, par la force, un cinquième des enfants âgés de plus de douze ans. Les levées se faisaient, annuellement, par contingent de mille. Ce système profitait de la vulnérabilité de l’enfant, arraché à sa famille, en éradiquant son passé et en cassant toutes ses attaches familiales. Ces enfants subissaient, ensuite, un dur entraînement militaire et un conditionnement psychologique enrobé d’islam. Ils formaient, à la longue les troupes d’élites et cruelles du pouvoir ottoman sous le nom de « janissaires ». Leur nom était devenu synonyme de terreur. Ces janissaires vivaient sans mémoire du passé et sans familles. Ils agissaient comme des robots aveugles formant la plus cruelle des machines de guerre.

1.800 femmes et enfants seront vendus à Belgrade, en une journée, après l’écrasement de l’insurrection serbe de 1813. [6]

Tout au long de leur règne, les Ottomans n’ont cessé de commettre des massacres et faire des guerres pour l’expansion de l’islam. Leurs effroyables barbaries, commencé en 1281 par les conquêtes sanglantes en Anatolie, connurent un moment crucial, le 12 septembre 1683, face aux faibles remparts de Vienne, [7] sous le règne de Léopold Ier [8], qu’ils assiégèrent mais furent repoussés par des armées polonaises et allemandes venues à la rescousse des Autrichiens et placées sous le commandement du duc Charles V de Lorraine et du roi de Pologne, Jean III Sobieski. [9]

Cet épisode marqua l’arrêt définitif de la douloureuse expansion musulmane, par le jihâd, en Europe. Mais les barbaries ottomanes, qui causèrent, au nom de l’islam et des actions de Mahomet, des morts par millions pendant plus de sept siècles, s’achevèrent véritablement par le massacre des communautés chrétiennes d’Orient, dont le génocide arménien de 1915.

Geneviève Harland

P.-S.

Logo d’illustration : Convoi arabe représenté dans le Maqamat d’al-Hariri (XIe).

Notes

[1Les Hachémites « fils de Hâchim » sont, selon les écrits musulmans, les descendants d’un arrière-grand-père de Mahomet, Hâchim ibn Abd Manâf, dont la dynastie régnante en Jordanie actuelle se réclame.

[2Les Abbassides tirent leur nom de Al-Abbâs, oncle de Mahomet, dont ils sont les descendants, alors que les Omeyyades avaient un lien familial plus lointain avec le prophète de l’islam.

[3(Osman Ier, mort en 1326)

[4Impôt de capitation qui, dans le droit musulman traditionnel, frappe les non-musulmans des États musulmans.

[5Ce processus de mise en esclavage, instauré par le sultan ottoman Orkhân (1326-1359), porte le nom de devshirme.

[6Bat Yé’or, Juifs et Chrétien sous l’islam, les dhimmis face au défi intégriste, éditions Berg International, Paris, 1994, page 54.

[7Le croissant dont nous nous régalons a été inventé par des boulangers viennois qui, parce qu’ils se levaient tôt le matin pour faire cuire du pain, s’aperçurent que des sapeurs ottomans s’apprêtaient à faire sauter une partie des fortifications de leur ville ; ils donnèrent aussitôt l’alerte qui permis de repousser les assaillants. En guise de souvenirs, il leur fut autorisé de confectionner des pâtisseries en forme de croissant lunaire, symbole de l’islam.

[8(1658-1705)

[9(1629- 1696)

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