Facebook en Kabylie

“att facebokid” – est un terme Kabyle qui veut dire littéralement : “tu facebookes” ou “tu facebooks” comme prononcés par les gens qui se déplacent la nuit des petits villages vers une plus grande agglomération afin de se connecter à Facebook. Quoi qu’on dise de Facebook, monsieur Mark Zuckerberg a ouvert les portes d’un cyberworld où les plus délaissés, les gens sans passeport, les globe-trotteurs de l’imaginaire peuvent voyager à tout moment.

En Kabylie, les cybers sont pleins à craquer, c’est l’équivalent d’une agence de voyages et de l’aéroport condensés dans 16 mètres carrés. Les jeunes, les moins jeunes, les vieux, les plus vieux, ils sont tous là. C’est un véritable embarquement. La vie en Kabylie et un peu partout en Algérie ressemble à celle des dernières minutes du Titanic. Jack cherche Rose qui cherche Jack et tout le monde y trouve son « compte ». Ailleurs, Facebook est utilisé de mille et une manières, mais chez les jeunes en Kabylie, il est utilisé pour une seule : trouver « Al marioula dialou » (la femme de sa vie) ; les derniers résultats du FC Barcelone, et KADER JAPONI. Ce dernier – d’ailleurs vous pouvez regarder sa page – est l’idole de la jeunesse algérienne et kabyle. Il n’y a rien de mal à cela, car on le met juste sur le compte de la superficialité et le désir de notre jeunesse à nous dire : « on veut s’amuser comme toutes les autres ». R.E.S.P.E.C.T, je dis à notre jeunesse. Mais Kader Japoni… franchement, hein ? C’est un iceberg qui pourrait faire échouer toutes les sociétés moins solides que le… Titanic. Mais nos jeunes sont toujours là et c’est un combat permanent de rester conscient dans une société où on bâtit cette conscience pour vous.

Quand on rentre dans un cyber en Kabylie, on est heureux de constater que nos jeunes sont là ; qu’ils ne sont pas dans un centre de détention en Grèce ou échoués sur les côtes espagnoles. Pour cela, il faut remercier Facebook, bien que parfois, on souhaite qu’il y en ait moins pour pouvoir se connecter. Et puis un nouveau langage se développe avec Facebook, des mots tels que : « Bell tof, allahibarek, tu mi plais ! moi je veu te marier, t’es belle grave …etc. »

Sahit a [1] monsieur Zuckerberg !!!

Hmimi O’Vrahem

Notes

[1merci à

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