Faut-il détester la Kabylie pour aimer l’Algérie ?

Cet article s’adresse en particulier aux nationalistes extrémistes arabophones qui laissent entendre que la Kabylie est la cinquième colonne. Aux Kabyles de services qui ont souillé leur honneur. Tôt ou tard, l’histoire viendra cracher sur vos tombes et ce, même si vous réussissez dans votre macabre entreprise : disparition du peuple kabyle.

J’ai toujours admis que la règle absolue dans une conversation, c’est le respect de l’interlocuteur. Peu importe l’orientation de ses convictions, du moment que l’on accepte d’échanger avec lui, on se doit de lui accorder le temps de les développer. Si dans le quotidien, nous autres Nord-Africains, nous foulons au pied cette règle d’or, dans le monde virtuel de l’internet, personne, ni même la censure ne peuvent la contourner. Tant mieux, cela a eu le mérite de libérer la parole de citoyens de cette région malade de ses dirigeants, de son école, de sa rue, de son opium psychique.

Partout, sur tous les forums dédiés à l’Algérie, la question kabyle ne laisse personne indifférent. Elle suscite des réactions passionnées, irrationnelles. Les formules inquisitrices sans référence substantielle prennent souvent le dessus sur l’énoncé probe. Les rédacteurs informés de source « irrécusable » néanmoins protégée par le sceau de l’incognito sont tout autant physiquement marqués par le conformisme à l’idéologie arabo-nationaliste que les « exégètes » intervenant dans les médias classiques ; journaux, télévisions. Leurs dissertions sur le devenir de l’Algérie et la question kabyle s’ouvrent et se clos en déplorant le manque d’idolâtrie des Kabyles identitaires pour l’Algérie unitaire : une langue, une religion, un peuple, une histoire. Même la réalité, par essence très complexe est enfermée dans une explication unique. Lorsqu’ils rédigent un article d’analyse « politique » il est davantage apparenté à l’anathème que de l’autopsie politique stricto sensu. Le fond et la forme nous rapprochent plus des standards de la propagande crasse des pseudo-journalistes accrédités par le régime algérien que des démonstrations enrichissantes avec arguments contraires, instructifs concourants à sortir les Algériens du déphasage.

Que faut-il faire pour dépassionner le débat et ouvrir la voie à la raison ? Que faut-il faire pour construire une nation qui reconnaîtra les singularités de tous les siens ? Faut-il sacrifier la Kabylie pour construire l’Algérie ? Faut-il se désalgérianiser pour sauver la Kabylie ? Faut-il interdire à ce peuple l’utilisation de sa langue et l’arabiser par la brutalité ? Faut-il accorder de l’importance à ses revendications et les résoudre ?

Algérie mon amour.

Débutons par cette expression décorative. Ce n’est pas un sentiment réservé strictement aux arabophones, même les Kabyles indépendantistes signeraient volontiers un bail permanent avec l’Algérie plurielle, démocratique, laïque et chanteraient des louanges en son nom. Il faut pourtant nuancer pour ne pas être noyauté dans la multitude des soupirants de cet infortuné pays. Des entichés de ce territoire, on en a vu de toutes les couleurs, de toutes les tendances et à toutes les époques. Il y avait les Phéniciens qui aimaient la Numidie, mais son peuple, ils le préféraient obséquieux. Les Romains faisaient autant, ils se sont approprié les plaines fertiles et ont refoulé ses habitants dans les montagnes, dans le désert, dans toutes les contrées arides ou les ont utilisé sur les champs de bataille. Les Arabes ont fait autant : la preuve ? Nul besoin de convoquer l’histoire, la Kabylie elle-même, sa souffrance et la négation dont elle est victime, est une preuve vivante. Les Turcs avaient une prédilection pour les impôts et les masses pour recruter des janissaires à envoyer sur tous les fronts y compris les Balkans. Les Français ne l’aimaient pas moins. Tout comme les usurpateurs aux pouvoirs depuis 1962, à leurs manières spécifiquement algériennes : ils préfèrent envoyer la fine fleur de ses enfants au bagne, en exil. Brutaliser les incorruptibles et ceux qui leur tiennent tête.

Algérie unie et indivisible.

Une nation une et indivisible sous quel modèle sociétal ? Unie comment ? En ostracisant une partie non négligeable de ses citoyens. On bafouant leur patrimoine : identité, histoire, culture…? Est-ce un objectif appréciable ? Est-ce digne de la philosophe humaniste dont se réclament les idéologues de l’arabisme ? Une unité où un peuple doit se mettre à genou pour plaire aux maîtres du pays ? Une unité pour hiérarchiser les citoyens : les arabophones sont les supérieurs, les propriétés inconditionnelles du pays, les Mazighes une caste d’intouchables, un rebus de l’histoire à effacer au plus vite des pages de ce pays ? C’est ça votre idéal d’unité nationale ? En ce cas, cessez d’user de détours ou de faux-fuyants pour éviter de donner une réponse nette à cette question. À croire que vous avez tellement intériorisé l’idée que vous seuls soyez légitimes pour diriger ce pays que vous êtes incapables de poser la vraie question : comment allier cette unité avec la diversité qui est une réalité de l’Histoire. Une réalité de l’Algérie profonde. De l’Algérie des Touareg, des Mozabites, des Kabyles, des Chawis, des Oranais…, voilà une unité digne d’être défendue et valorisée.

Le MAK.

D’abord, une précision je ne suis pas membre de ce mouvement que je trouve alternativement mollissant et timide. Je suis tout simplement un INDÉPENDANTISTE. Cependant, pour une fois dans l’histoire kabyle, un courant politique propose une réponse à la question kabyle. On peut ne pas être d’accord sur la forme, mais, sur le fond, c’est un saut qualitatif dans le sens du recouvrement des Kabyles de leur destin. La guerre de 1954 a amorcé sur le terrain une réponse au colonialisme en se basant sur ces multiples identités algériennes et le résultat a été fulgurant jusqu’au jour où la révolution fut phagocytée par les larbins des Égyptiens : les planqués des “frontières”.

Tout le boniment que l’on entend de plus en plus à l’encontre du MAK ne renseigne en réalité que sur un élément : l’idée autonomiste s’impose de plus en plus en Kabylie au point que, le pouvoir affolé, craignant qu’elle ne déborde sur les autres régions, il mobilise l’ensemble de ses scribes de tous calibres pour parasiter la parole des autonomistes makistes ou indépendants. Ces voix-là, ce sont les vrais appendices, conscients ou inconscients, du régime, regroupés dans la mouvance algérianiste opposée à toute évolution positive, soit par opportunisme ou paresse intellectuelle, soit par haine viscérale du Mazighe.

Je vous invite simplement à visiter le site du MAK à et lire sa charte. Faites aussi un saut du côté du GPK. Vous faire votre propre opinion sur le mouvement autonomiste et le gouvernement kabyle. Attardez-vous un instant sur ses propositions, le modèle de société qu’ils proposent. Libre à vous ensuite à ne pas être d’accord avec ses objectifs et les combattre par des contre-propositions concrètes. Mais nous rebattre les oreilles avec les anathèmes désormais éculés et inopérants genre « semeur de discorde », on en a tellement entendu et enduré de la part des « uniques » que c’est devenu flatteur d’être traité par certains comme tel. Il fut un temps où prononcer le mot kabyle est aussitôt assimilé à un acte politique séparatiste, donc nous sommes vaccinés. Le MAK a émergé ; il est le résultat de plusieurs années de combats que des personnes ont donné à cette Algérie qui refuse de voir le jour. Après l’assassina de 128 jeunes et 5.000 handicapés à ce jour sans que la justice ne leur soit rendue. Morts dans une indifférence totale. Rien, vous n’avez pas émis un mot de soutien. Pas une phrase, un rassemblement pour dénoncer l’inqualifiable. D’ailleurs cette indifférence vis-à-vis de ce qu’endure le peuple kabyle, et la caution apportée par les partisans du régime algérien équivalent à de la complicité. Après le massacre et l’absence de soutien, les Kabyles ont réfléchi au meilleur moyen pour sortir de l’impasse et ils ont créé le MAK. Vous, que proposez-vous pour la Kabylie ?

Les particularismes.

« La révolution algérienne a mis de côté les particularismes pour atteindre son objectif » assénez-vous à longueur de colonne et bavardage ? Quelle ânerie ! Décidément, unicistes vous voyez les choses à l’envers. Contrairement à ce que vous avancez, la révolution a subdivisé l’Algérie selon les particularismes régionaux. Les militants indépendantistes savaient cultiver les particularismes pour le bien de tout le monde. Ces personnes sont à l’antipode des gouvernants actuels qui, eux, cultivent plutôt les bas instincts et l’uniformisme trompeur. Les particularismes, les identités régionales sont une véritable richesse pour ce malheureux pays. Au risque de vous causer des maux d’estomac, la révolution a opéré, dès le départ, une rupture avec le colonialiste favorable à l’arabisme, en réintroduisant les subdivisions que les siècles ont forgé, sans quoi, l’Algérie actuelle n’aurait jamais vu le jour. En faisant cela, ils ont rompu avec les subdivisions administratives coloniales, visant à atomiser les peuples d’Algérie, tout particulièrement les Mazighes. La révolution a valorisé les régions historiques et respecté les spécificités locales et a su convaincre les nationalistes kabylistes de mettre entre parenthèses leur revendication jusqu’à l’indépendance. Les Aurès, la Kabylie ont joué pleinement leur rôle en 1954, parce que ces régions ont été respectées dans leur homogénéité et non fragmentées, éparpillées et collées avec les fragments des autres régions. Ce fait n’a pas empêché les différentes régions de tirer dans le même sens : l’indépendance du pays.

C’est le jacobinisme-baathiste des parvenus qui serinaient depuis 1962 que la révolution a banni le particularisme en faveur de l’unité nationale. En d’autres termes, c’est un nationalisme de mauvaise facture, qui veut effacer même les différences biologiques. Vous rendez-vous compte où cela mènerait ce pays et ses habitants ? Vers un peuple, pardon un magma, une culture uniforme et fade. Une histoire badigeonnée à la sauvette, point de repère, point de goûts, point de saveurs.

Ceux qui occupent le pouvoir depuis 1962 n’étaient pas chameaux quand ils ont rétabli les subdivisions administratives de l’époque coloniale. Les départements appelés wilayas, les sous-préfectures renommées daïra, le tour est joué. Si le colonialisme a coupé la Kabylie en deux fragments rattachés à des entités auxquelles elle n’appartenait pas, même durant la sordide époque turque. Le régime algérien, lui, a fait pire. Il a divisé la Kabylie et le pays chawi, enfin tout le pays, en plusieurs morceaux qui ne collent pas ensemble. Et la réaction des fonctionnaires au sein de ces assemblages administratifs ? Chasser le naturel, il revient au galop. Ils se réunissent non pas selon les identités naturelles, puisque l’État a décidé le contraire, mais selon, la famille, la tribu… Selon les groupements grégaires. Remarquez : je ne prétends pas que ce dessein ne concerne que la Kabylie. Mais, en même temps, rien n’empêche les autres régions de protester, de réclamer le droit naturel d’exister si elles le ressentent. Ce dont je suis certain est qu’elles ne trouveront pas les Kabyles sur leurs chemins pour les empêcher de construire leur avenir.

Risque de Balkanisation.

Savez-vous au moins pourquoi les Balkans sont devenus le symbole que nous connaissons. Il y a dans l’histoire deux périodes qui ont fait de cette belle région, la figure de déchirements entre peuples voisins. La première est l’Empire ottoman venu dans une région historiquement et culturellement différente de l’Orient, et a imposé la loi des janissaires. Évidemment ce sont les Byzantins qui les ont appelés pour les aider dans leurs conflits contre les Serbes. Il faudra attendre cinq siècles pour que les insurrections du XIXe siècle et la première guerre mondiale voient la fin de la domination ottomane. La deuxième est la Yougoslavie qui a imposée une union factice à l’opposé du tempérament de ses peuples. Ce n’est, à la base, ni la faute des Serbes, ni celle des Bosniaques, ni des Croates. Donc comme on le voit ce sont deux idéologies néfastes : islam/communisme qui sont à l’origine des crimes atroces en ce coin du monde.

Ces ingrédients, ces marches forcées ont été introduits en Algérie par qui tous les citoyens n’ignorent pas. Alors, allez donc leur demander des comptes au lieu de vous acharner sur les Kabyles qui ne vous ont rien fait.

C’est le régime autoritaire, arbitraire, établi et maintenu non par des procédures légales, mais par la violence qui sème les germes de la discorde par sa politique criminelle de dépersonnalisation du peuple kabyle. L’arabisation sauvage, forcée de ce vieux peuple est un acte barbare, génocidaire. C’est un linguicide programmé qui vise à éradiquer la langue, la culture et l’identité kabyle au nom de « l’Algérie une et indivisible ». Un programme exécuté froidement et méthodiquement. Les Kabyles libres rejettent, à juste titre, leur assimilation forcée dans le moule idéologique arabo-intégriste de l’État central. Je suis pour l’unité dans le respect de la diversité, contre l’unité forcée, sur le dos du peuple kabyle. La Kabylie, peuple et nation n’ont aucune chance de survie, sans un statut de large autonomie. L’autonomie n’est dirigée contre personne, ni contre les arabophones, ni contre la langue arabe, ni contre l’Algérie. Elle vise à doter la Kabylie d’un État qui prendra en charge les aspirations spécifiques des Kabyles, sans remettre en cause notre lien avec l’Algérie. C’est la meilleure réconciliation que l’Algérie puisse connaitre, dans le respect mutuel entre Kabyles et arabophones solidaires et fraternels. C’est la négation des droits du peuple kabyle qui peut mener à des situations dramatiques.

La manière dont les Mazighes sont traités dans cette Algérie arabiste est indigne et votre silence ou accusation le sont tout autant. Mais cela ne semble guère déranger la conscience des unicistes pendant que notre mort est programmée. Vous nous sortez toujours le drapeau algérien comme symbole sacral, la nation une et indivisible, mais vous ne vous posez jamais la question : pourquoi les pères de l’indépendance se sont battus ? S’ils revenaient et voyez le résultat ce à quoi a servi leurs combats, ils reprendraient les armes pour combattre POUR le rattachement du pays à la France. Non ! Mille fois non ! Ils ne se sont pas soulevés pour cette Algérie de dupes exclusivement arabo-islamiques.

Apparemment, que la langue et la culture des Mazighes soient mises l’écart ne vous dérange pas, c’est le combat des « parents » morts pour une indépendance confisquée qui prime. D’ailleurs êtes-vous totalement convaincu d’être indépendant ? Nos « parents » se sont battus pour la démocratie, la liberté, pour la dignité, pour la modernité, pour la laïcité dans cette Algérie qui devait être nouvelle, humaniste, juste, et sans exclusions des minorités. Et la liberté de conscience et d’expression. Malheureusement le clan d’Oujda est passé par là, rien n’a germé, sauf la misère, le mépris et la corruption à tous les étages de la société.

Cela vous ne semblez pas l’assimiler. Vous vous cantonnez toujours aux combats des « parents », pour justifier l’antikabylisme. C’est un combat perdu, car le néocolonisateur arabo-islamique nous a dépourvus des fruits de leurs nobles combats. Pour clarifier ma pensée, je vous le dis tout sans détour : le combat des parents, c’est de l’histoire. Comme le remarquait déjà Baltasar Gracian dans l’Espagne du Siècle d’Or, « Les hommes, hélas, ressemblent plus à leur temps qu’à leurs pères ». Quel est donc votre temps ? Vous devez comprendre que chaque génération doit porter le combat de son époque, défendre ses aspirations, bref elle doit s’écouter et progresser. Les Kabyles lucides ne font que leur devoir après avoir servi cette Algérie perdue dans les méandres de l’oubli. Vous ne vous en rendez pas compte de l’abysse qui sépare ce pays d’avec les nations développées ? Pourtant combien de fois ai-je lu d’articles ou entendu des personnes vous le rappelez ? Êtes-vous borgnes, entêtés au point d’accepter de compromettre l’avenir de ce pays pourvu que les « sales » kabyles ne s’émancipent pas ?

Politiciens kabyles algérianistes.

Dire qu’il y a encore des partis politiques qui se bercent d’illusions à cette Algérie chimérique « unie et indivisible ». Quand on connait le fossé qui sépare la société kabyle, du pouvoir raciste, on est en droit de se poser une question : sont-ils complices ? Les Kabyles algérianistes gesticulateurs de souk and comptoirs. J’aimerais, si vous êtes de dignes algériens qui souhaitent construire un pays s’inscrivant dans les idées du millénaire, qu’en mémoire de vos parents que vous effaciez l’opprobre, l’affront, voire le sacrilège du régime qui a dépourvu la statue de Dihya de son arme légendaire : l’épée pendant qu’ils la font brandir à l’émir Abdelkader le traître, et de surcroît ont inscrit en caractère arabe une légende de l’héroïne de tout Mazighe. C’est une insulte, une gifle à notre histoire, à notre patrimoine, à notre honneur. À quand la réparation du sacrilège ? À quand l’inscription en tamazighite ? Voilà ce à quoi vous devriez vous atteler. À travailler pour redonner le sens au combat des « parents » réhabilitez-le au lieu de vous confiner dans le combat perdu contre les Kabyles. Cette position marque la différence entre votre groupuscule et les Kabyles réalistes, majoritaires en ce territoire qui a servi de refuge au prince Firmus et tant d’autres.

Pourquoi continuer avec une Algérie qui nous ignore et qui ne cherche qu’à nous faire disparaître. Vous nous parlez de balkanisation. Réveillez-vous, qu’est-ce qu’elle a été Tamazgha avant la création du grand « Maghreb » sinon des régions autonomes. La plupart des grandes démocraties ont plusieurs langues officielles et de régions autonomes telles que la Suisse fédérale, l’Espagne, etc.

L’autonomie permettra de retrouver de gestion tout en faisant partie de l’Algérie sur plusieurs points. Ce n’est pas l’indépendance que nous voulons comme vous nous accusez en nous parlant de balkanisation. Les Balkans, c’est l’indépendance qui est revendiquée qui n’a rien à voir avec l’autonomie. Faites au moins la différence entre les deux positions au lieu de tout confondre.

La Kabylie autonome.

C’est notre rêve. L’hymne à la liberté, une bénédiction qui influerait sur toute l’Algérie et même au-delà, sur toute l’Afrique. Encouragez-la au lieu d’avoir peur qu’elle révèle l’incompétence faite raison et de vous refugier par conséquent derrière le prétexte de la division pour maintenir le « statu quo ». C’est le régime d’Alger qui nourrit la peur et la haine de l’autre au point que toute différence est perçue comme une agression. Qu’est ce que c’est que cette conception qui obstrue les horizons ? Personnellement, mon soutien ira toujours vers n’importe quel pays ou région du monde qui cherche à se libérer du pouvoir central surtout comme le raciste d’Alger. Ainsi va l’humain libre. Là où les chaînes des despotes se brisent, c’est le printemps. C’est un nouveau souffle pour l’humanité. C’est l’espoir d’assister à l’affaiblissement de la barbarie.

Le MAK, le fédéralisme sont la solution, le statu quo que vous défendez est le problème, le danger majeur d’une dislocation du pays en raison de l’irresponsabilité des décideurs incompétents et sans vision d’avenir et l’aveuglement de ses partisans. Les Kabyles libres, conscients du danger qui pèse sur leur identité : langue, culture, traditions, civilisation… ne renonceront jamais à leurs droits naturels à vivre libres, débarrassés du despotisme arabo-intégriste de l’État central anti kabyle primaire. Ce n’est pas être raciste de vouloir son autonomie. Ce n’est pas être raciste de vouloir vivre et défendre sa vie, son droit à l’existence. Par contre, c’est être raciste que de contester ce droit à un peuple. Réfléchissez les Kabyles ont plutôt intérêt à favoriser une nation démocratique qui est la meilleure protection contre toute contrainte, et d’abord contre la plus redoutable de toutes, celle d’imposer ses coutumes, ses croyances, sa langue à autrui.

Ce dont vous ne semblez pas comprendre ou vouloir entendre ? C’est que la Kabylie est victime du complot du régime d’Alger qui a confisqué l’indépendance de l’Algérie qui devait être plurielle, plus juste, plus fraternelle, démocratique et représentative de la société réelle. Une Algérie ouverte sur le monde. Donc, il est légitime, naturel pour le pays kabyle de lutter pour la survie de son patrimoine. Cependant, si vous êtes intrinsèquement opposé à cette démarche affichez clairement vous positions. Que cesse l’hypocrisie des formules creuses. Autrement si vous êtes vraiment pour une Algérie plurielle prenez donc vos responsabilité et luttez en ce sens en effet, nous vous le disons : le moment n’est pas à la polémique stérile, mais bel et bien à ce que nous agissons de concert pour construire enfin une nation démocratique et pluraliste.

L’Algérie que voulaient les cerveaux de l’indépendance est révolue. Non elle n’a jamais vu le jour, car les unicistes et leurs affidés étrangers ne la voulaient pas. Les Kabyles ont espéré qu’un jour la lumière guiderait les esprits hors de l’obscurité. Ils ont tout essayé. Ils ont cru qu’on était tous égaux, mais un jour, ils se sont réveillé, et ont vu que ce n’est pas le cas. Ils crient depuis 50 ans en écho, ils ne reçoivent que mépris. Mais force est de reconnaître que la Kabylie ne meurt pas, cette réalité donne des sueurs froides, des cauchemars sanguinaires au régime diabolique d’Alger, car il n’ignore pas que pour des raisons historiques, seule la Kabylie est porteuse de modernité dont il ne veut pas entendre parler. Par-delà, il utilise tous les moyens pervers à sa disposition pour la soumettre à commencer la corruption, les assassinats. Trop tard pour lui, nous sommes conscients de nos faiblesses et forces. Maintenant nous parlons, nous agissons, internet nous offre un outil extraordinaire pour dénoncer, pour mettre sur la place mondiale les agissements du pouvoir et les discours des citoyens unicistes. Que Dieu bénisse et protège l’Amérique qui a créé ce magnifique outil de communication.

Racisme.

Lorsque vous accusez les Kabyles de racisme parce qu’ils revendiquent l’autonomie qui n’est qu’une gestion moderne de leur territoire, comme le font les grandes démocraties de ce monde. Sous prétexte que leurs opinions diffèrent sensiblement de celles inculquées par le régime algérien, elles relèveraient du racisme. Non ! mille fois non. Il est légitime de défendre son patrimoine culturel, son identité qui s’effilochent de plus en plus sous les coups de griffes du régime et ses affidés. Honnêtement qui est légitime et qui ne l’est pas ? Qui est raciste et qui est victime de ce fléau ? Celui qui revendique un droit ou celui qui veut lui imposer sa volonté ? Droit que vous exigez pour la Palestine. Nous connaissons tout le répertoire de termes polémiques destinés à clore la discussion. Nous connaissons leur fonction première : faire taire la victime, la disqualifier. Qu’est-ce que c’est le racisme si ce n’est pas l’exclusion, le rejet de la singularité de l’autre ?

Il est aisé de traiter autrui de tous les noms à caractères racistes sans maitriser ou vouloir connaitre les raisons qui le poussent à réagir. C’est-à-dire émettre des opinions sans être objectif. Et sur ce point les partisans de l’Algérie unilingue on peut leur faire pleinement confiance, ils excellent en cette discipline. Vous êtes-vous posé cette question : qui cherche à imposer à l’autre et qui empêche l’autre de choisir son destin, les Arabes ou les Kabyles ? Les droits des Mazighes algériens sont-ils légitimes ou indéfendables ? Chers compatriotes, il faut en finir avec la paresse intellectuelle, avec les subterfuges qui consistent à faire un usage fourre-tout du mot raciste. Nous ne sommes pas un peuple archaïque aux idées étroites qu’il convient de rééduquer par l’arabité. Nous sommes un peuple plusieurs fois millénaires, nous sommes des êtres humains avec des droits et je vous le concède, des devoirs.

Au regard de ce qui se trame contre l’identité et le peuple autochtone d’Algérie, ce n’est jamais de trop. Il est temps d’en finir avec l’occultation et la loi du silence qui entourent le problème mazighe en général et kabyle en particulier. Il n’est pas excusable que, parce que certains faits sont jugés « connus », on laisse le temps entériner l’oubli. Alors, détournez les yeux et faites semblant d’ignorer les problèmes de la Kabylie. Les tenants de l’arabo-islamisme tentent de diluer l’entité kabyle, oubliant qu’elle est indestructible. Dans leur tentative de réalisation de leur horrible complot, ils s’attaquent aux choses palpables : les humains, qu’ils persécutent sans relâche, notre mode de vie qu’ils projettent de déstructurer, notre culture qui après la tentative de l’immoler par folklorisation, il revient à la charge. Ils commencent par travestir les symboles. À croire que les Mazighes sont arrivés en Afrique du Nord bien des siècles après les Arabes ?

Gardez à l’esprit que la Kabylie était indépendante jusqu’à la colonisation. Ne perdez pas de vue que la Kabylie, l’Aurès ont libéré l’Algérie et l’Algérie les a emprisonnés dans un système oppressif, étouffant. Si la Kabylie cherche un moyen pour s’émanciper ; si elle veut sa liberté, c’est qu’elle se trouve colonisée aujourd’hui par le régime d’Alger. Donc au lieu de vous en prendre aux Kabyles que vous n’avez jamais aidés même dans leurs moments sombres ne serait-ce que par des mots et qui ne vous demandent rien sinon les laisser tranquille et arracher leur liberté. Sachez enfin qu’en persistant dans cette posture de non-assistance aux compatriotes en danger, vous perdez toute légalité pour porter un quelconque jugement éclairé ou rétrograde sur les Kabyles. C’est à eux uniquement qu’il appartient de prendre leur destin en mains et ils sont assez avisés, mûrs pour le savoir.

Diaspora kabyle.

Il me reste à dire aux Kabyles vivants en Occident : nous ne devons plus soutenir les partisans de l’Algérie unilingue résidant en France, en Europe et ce, qu’ils soient arabophones, kabylophones. En effet, lorsqu’ils ont besoin de nous pour faire le nombre, ils nous caressent dans le sens du poil. Cependant, ils ne nous apportent jamais leur soutien et combattent par divers moyens l’idée d’une Kabylie autonome. Lorsqu’ils sont présents aux manifestations que nous organisons pour sortir la Kabylie de l’isolement médiatique, c’est pour tenter de les perturber. Jamais ils ne mentionnent le nom de la Kabylie dans leurs déclarations sauf pour la dénigrer.

Nous ne devons jamais manquer une occasion pour nous désolidariser des activistes islamistes. Nous savons qu’ils s’appuient sur un prétendu racisme de l’État français pour revendiquer tous les droits au pays d’accueil. Droits qu’ils n’accorderaient jamais ni aux chrétiens ni aux Kabyles ni à aucune autre minorité ethnique, religieuse, s’ils arrivent au pouvoir en Algérie ou ailleurs en terre d’islam. Ils savent si bien culpabiliser les citoyens de souche européenne à des fins islamistes : toujours plus de mosquées, etc. Il n’y a pas plus racistes que les activistes islamistes d’Occident. Il suffit de se rendre dans n’importe quelle banlieue européenne à fortes populations musulmanes pour s’en convaincre. Ils voient d’un mauvais œil leurs voisins qui écoutent des chansons kabyles, surtout l’éternel Matoub. C’est dommage, une fois en France, bon nombre des Kabyles se font mener vers tous les combats idéologiques en faveur de l’arabo-islamisme, la Palestine et délaissent le leur, le seul qui en vaut la peine.

Firmus T.

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