Forces maritimes et architecture à Alger

Forces maritimes

Les forces de l’ogeac consistent dans ce moment-ci, 1788, en 8 chebecs ou barques de 18, 22 et 30 canons de divers calibres, et en deux demi-galères. Deux ou trois de ces vaisseaux, ainsi que les galiotes, appartiennent au beilik et les autres aux grands de la Régence et aux particuliers. [1] Depuis le dernier bombardement des Espagnols, les Algériens ont résolu que l’Étal entretiendrait dorénavant 60 chaloupes canonnières et 40 chaloupes bombardières. A un quart de lieue de la porte de Bab el-Wad, qui est au nord, on a construit de grands magasins voûtés où on remisera ces chaloupes à l’abri du soleil et des intempéries de l’air.

En attendant que les voûtes soient assez sèches pour pouvoir lever la charpente qui les soutient, on a mis les chaloupes dans les fossés des remparts, où elles dépérissent par l’ardeur du soleil. Le port est trop petit pour pouvoir les contenir.

Architecture

La ville d’Alger est bâtie sur le penchant d’une colline escarpée : les maisons, depuis la marine jusqu’au sommet, y sont rangées en amphithéâtre, de sorte qu’on découvre la mer de presque toutes les terrasses. Le bas de la maison est en pierres, et le restant en briques. Elles sont revêtues do chaux ou de bois, et on lès blanchit au moins une fois l’an. La direction des édifices regarde le cap Matifou ; ce cap et Alger forment les deux extrémités d’un fer à cheval. Cette ouverture a environ deux lieues de distance. Cette ville peut contenir environ 5.000 maisons, toutes bâties sur le même plan, de sorte que lorsqu’on en voit une, on peut avoir une idée de toutes les autres, grandes, et petites. La plupart des maisons n’ont que le rez-de- chaussée et le premier. La porte d’entrée donne sur un espace plus du moins grand qu’on appelle l’esquifé, où les hommes s’assoyent pour causer avec les voisins. La porte intérieure ouvre sur une cour carrée ou oblongue, pavée en pierre ou en marbre ; tout autour de cette cour règne une galerie soutenue par des colonnes de pierre ou de marbre. Aux quatre faces sont des appartements d’une forme oblongue et étroite, qui ne reçoivent le jour que par la porte et les deux fenêtres qui sont à côté de la porte. Au-dessus de cette galerie est une autre galerie qui soutient les terrasses, et les appartements y sont construits dans le même ordre et dans la même forme que ceux de dessous. Aux côtés de l’escalier qui conduit aux appartements supérieurs et à la terrasse, on pratique quelques chambres pour des domestiques ; on nomme ces chambres une macsoura. La cour s’appelle pati en langue turque et vast el dar en arabe. La galerie s’appelle sahi ; l’intérieur s’appelle sahi vast el dar et la supérieure sahi el âli.

A suivre…

Jean Michel de Venture de Paradis

Notes

[1Cf. infra, pp. 40 et 47.

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