La guerre de l’hibernation

Abane, Krim et les autres

L’enfer du décor

« B-ismi allah, hemdu lah, inch’Allah… ad isahel rebbi, ma yrad rebbi… » et bien d’autres formules, relevant de l’infâme doctrine du fatalisme, sont devenues, chez une majorité de Kabylâches une forme d’automatisme d’une effarante soumission. C’est devenu tellement mécanique, que c’est « Mekka nique », et que celui ou celle qui ne les utilise pas passe pour être un ennemi d’Allah qui n’existe que dans leurs têtes.
La guerre 54-62 qui a été à l’origine de ravages indescriptibles en Kabylie : des ravages, surtout moraux, sans parler des pertes humaines et matérielles, nous a enseigné, par l’entremise des chefs militaires et politiques kabyles que notre seul devoir était de nous soumette à l’hydre venue d’Arabie, il y a déjà 14 siècles.

Des réfractaires, à cette « idiologie » orientaliste, que sont les Kabyles dignes de ce nom, sont devenus des orphelins de mère vivante ; ce qui constitue un paradoxe déraisonnable. Les Kabyles soumis à « Mohametdiable » ne s’embarrassent pas de questions relatives à leur histoire ancienne, encore moins à l’histoire contemporaine. Nous savons, à présent, que les kabylistes de la fin des années 40 aux années 50 ont été liquidés , sans exception, par les chefs militaires et politiques kabyles.

Cette guerre, dirigée par les services spéciaux français qui ont désignés les meneurs et qui les ont protégés avant de les livrer à leurs rivaux, pour qu’à leur tour ils soient éliminés, aura laissée des traces indélébiles dans la mémoire de ceux et celles qui ont eu à la connaître et à la vivre.

Elle a surtout contribué à effacer toute trace de pensée, autre qu’arabo-islamique ; la déclaration du 1er novembre 54 et la plateforme de la Soummam faisant foi.
Il revient à dire que toute réflexion qui déborde du cadre établi son auteur était systématique jeté à la meute de chiens enragés.

En finir avec un colonialisme inhumain et abject était en soi un idéal infiniment valeureux ; oublier, pour les responsables kabyles, qu’ils préparaient le terrain pour une nouvelle occupation, des plus cruelle et totalement indigne d’eux. La suite des événements nous l’a prouvée. Il est vrai que, hélas, les kabylistes ont été éliminés par les Kabyles qui ont été récompensés pour leur triste besogne par leurs « frères » arabo-musulmans.

Aucun kabyliste ou berbériste n’a été assassiné par un arabo-musulman, pendant la période allant de 1945 à 1962, M. Crime Belkacem se chargeait lui-même de ces bases besognes avant l’entrée en scène de Abane Ramdane et autres tueurs de leurs compatriotes et surtout de leur dignité et de leur identité.

Tous ces « capitu-laar(s) » devant l’« idiologie » moyenâgeuse ont bradé la Kabylie pour que leurs semblables et leurs adeptes la transforment en Kaboulie. Cette guerre qui nous a spoliés de nos droits identitaires a été le début de la fin de notre Kabylie et de notre kabylité.

Avons-nous, aujourd’hui, les capacités nécessaires pour relever les multiples défis auxquels nous sommes confrontés ? Tout Kabyle qui se respecte sait que la nouvelle occupation est plus ravageuse que le colonialisme d’hier.

Y a-t-il, dès lors, quelque chose à faire ? Je suis, personnellement, tenté de répondre par oui en ce sens que le temps travaille toujours pour ceux et celles qui savent anticiper les événements, aussi minoritaires soient-ils.

La Kabylie, que seule sa souveraineté sauvera de la disparition programmée par l’hydre arabo-islamiste, doit relever la tête avant de se la faire couper et avant que tous les Kabyles n’aient le cerveau bloqué au 7e siècle.

Aruy

Article publié pour la première fois le 31 juillet 2013

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