Hannachi sur BRTV : « Moi je cherche l’argent… »

Invité sans vis-à-vis sur le plateau de la Berbère Télévision (BRTV), comme pour nous maintenir dans cette culture de l’unanimité et de non-débat où il est question de monologuer en étalant grossièrement, tantôt son ignorance des faits, tantôt son ignorance tout court, le tout emballé dans un langage et une communication qui laisse à désirer, le président de la JSK, M. Hannachi en l’occurrence, persiste dans sa démarche empreinte d’un mercantilisme et d’un clientélisme aussi indécent qu’insidieux.

Si la JSK est l’une des étoiles qui guident la Kabylie, pour son président, elle semble n’être qu’un moyen de mettre la main sur le maximum de pognon qui lui, guide réellement l’essentiel de l’action hannachienne. Et pour cause, dès l’entame de la série de questions, celui qui avait remis un burnous à l’iranien Belkhadem au nom de la JSK et par voie de conséquence, au nom de tous les Kabyles, révèle que l’entraîneur actuel du club, M. Lang en l’occurrence, perçoit un salaire mensuel d’un montant égal au moins à 120 millions de centimes ! Autant préciser qu’il est non seulement le coach le mieux payé en Algérie mais aussi qu’il est même mieux rémunéré que le coach de l’équipe nationale algérienne ! Adjoint aux salaires et primes des joueurs, du staff technique, de l’infirmerie, des différents cadres en charge des autres catégories et de l’administration, sans citer les diverses factures ayant trait aux frais d’hôtel, au coût du véhicule et du logement dont bénéficie chaque élément de l’effectif… l’on est en droit de se demander où se situe le manque de moyens que le président du club brandit à chaque fois qu’il a envie de se présenter en victime, voire en martyr qui se sacrifierait pour le club phare de la Kabylie.

Justement, en parlant de la Kabylie, Lounis Temzi, le sympathique animateur de l’émission Addal/Sport, coulisse sur le derby kabyle qui avait opposé, la semaine dernière, au stade de la ville de Béjaïa, la JSMB à la JSK, remporté, rappelons-le, par les locaux sur la plus petite des marges (1 – 0). Lors de ce match, la galerie de la JSMB avait pris à partie le président de la JSK en proférant contre lui des insultes et autres petits noms d’oiseaux qui ont été suffisamment perceptibles sur les petits écrans ; la rencontre ayant été retransmise sur la nouvelle chaîne « 4 » de la Télévision algérienne émettant en kabyle et lancée dans le sillage de la campagne pour la présidentielle d’avril dernier…

Invité à faire un commentaire sur le comportement des supporters de la JSMB, le président de la JSK verse dans un populisme et un oxymore à vous donner des anorexies. Il lâche d’abord une sentence lourde de sens et révélatrice de sa proximité avec des cercles qui, pour le moins, ne portent par la Kabylie dans leur cœur : « entre nous en Kabylie, y a quelque chose qui ne va pas » avant d’ajouter dans une vaine tentative de séduction : « je suis un réconciliateur, pas un diviseur » pour finir par prouver tout le contraire de cet angélisme de circonstance. En effet et lorsque l’animateur suggéra qu’étant les deux plus grands clubs de la Kabylie, il serait intéressant d’organiser des matchs-galas pour tisser des rapports plus fraternels entre les deux équipes, partant entre les deux galeries, M. Hannachi rétorqua froidement :

« pas de matchs entre la JSK et la JSMB pour rapprocher les deux équipes et les deux galeries, les 02 empoignades du championnat (aller-retour) suffisent ».

Croyant utile d’insister, l’animateur ajoute presque suppliant :

« mais c’est la Kabylie, c’est pour la Kabylie ! ».

Ce à quoi, le président de la JSK répondit sur un air cynique :

« C’est nous qui l’avons voulus ainsi… ».

L’autre volet très attendu par les inconditionnels de la JSK, eu égard au nombre de messages (email et sms) transmis à l’émission, demandant la résiliation du dernier contrat de sponsoring et la démission de M. Hannachi de la présidence de la JSK, est, sans nul doute, la question relative au dit contrat que venaient de signer M. Hannachi et le directeur du quotidien islamiste et anti-kabyle, Ech chourouk pour ne pas le nommer.

L’animateur, d’apparence peut habitué à ce genre de confrontations, a fait en sorte de ne pas révéler l’existence d’une pétition d’envergure, initiée par des supporters de la JSK et néanmoins kabyles qui ne badinent pas avec l’honneur et les valeurs de la Kabylie, exigeant « la démission pure et simple de M. Hannachi de la présidence du club » après avoir franchi le Rubicon en signant un accord de sponsoring avec l’un des deux journaux les plus kabylophobes de la presse algérienne. Lounis Temzi divulgue cependant qu’il a été submergé de messages qui « demandaient » au président de la JSK de procéder à la résiliation du dit contrat en raison d’attaques répétées et inquisitrices dont s’est rendu coupable le quotidien islamiste contre la Kabylie et ses valeurs de modernité, de laïcité, de tolérance et de liberté.

Hannachi semblait étonné, ou le feignait-il tout au moins, puisque ses réponses paraissaient totalement hors de propos. En tout cas, sa réaction, si elle n’était pas sournoise et calculée, dénote au moins qu’il ne connaît que dalle à la presse en général et au journal islamiste qui sponsorisera désormais la JSK en particulier.

Toute honte bue, M. Hannachi entame sa défense par un coup de fausse pub pour son nouveau sponsor, en déclarant sans avancer la moindre référence ni statistique :

« Je respecte la direction du journal Ech Chourouk qui est le journal le plus vendu à Tizi-Ouzou ».

Une déclaration pour le moins scandaleuse par son caractère inexact mais aussi par l’argument avancé pour justifier sa « trouvaille » et qui consiste à dire, je cite :

« vous savez, la wilaya de Tizi-Ouzou est classée première en Algérie aux résultats du baccalauréat en arabe, d’où la nouvelle réalité qui fait qu’à Tizi-Ouzou, les gens lisent beaucoup en arabe ».

Ignorant peut-être, chose inconcevable par ailleurs, qu’on ne finance jamais sans un intérêt qui n’est pas toujours d’ordre matériel, M. Hannachi est revenu à ses amours de toujours en rebondissant :

«  Moi je cherche l’argent et Ech chourouk nous a déjà donné de l’argent , ça prouve qu’il vient nous aider, pas pour prendre ».

L’animateur précise que le problème résidait dans le fait que ce journal s’est distingué par des écrits sur la Kabylie. Moment on ne peut plus burlesque quand M. Hannachi répondit en croyant faire une révélation :

« Et alors ! Ech Chourouk réserve déjà 02 pages à la Kabylie, savez-vous que son directeur m’a informé qu’ils vont bientôt passer à 04 pages entières !  ».

Apprenant qu’il s’agissait d’attaques contre la Kabylie, M. Hannachi riposta presque hors de lui :

« Il ne critique jamais la Kabylie et s’il y a des critiques, ce sont le fait des kabyles qui sont dans les bureaux d’Ech chourouk à Tizi-Ouzou, mais je vous le redis, il ne critique jamais la Kabylie ».

Suite à quoi, Lounis Temzi rebondit, alors que son invité ne voulait pas se taire, en lui demandant s’il ignorait à ce point ce qu’écrivait ce journal.

« Trouve-moi une seule critique d’Ech chourouk ! Tout ça ce sont des manipulations des gens qui fantasment de prendre la JSK, rien de plus ».

Là, l’animateur marque le pas et laisse passer cette aubaine de mettre au pied du mur l’immuable président de la JSK qui conclut sur un air de dépit empreint d’un antisémitisme totalement gratuit :

« C’est quoi le journal Ech Chourouk, c’est un journal algérien, pas juif ! ».

Là encore, le président de la JSK risque tout simplement d’être saisi par la législation française si une plainte venait à être déposée contre lui pour antisémitisme.

Quant au postulat de l’algérianité qui sous-tendrait le choix des sponsors, il était également souhaitable que l’interviewer lui indique qu’étant un journal créé en Algérie, il n’est pas moins une des tentacules d’un empire financier dont la tête serait le Hizbollah libanais qui lui aussi est une arme entre les mains du président iranien, Ahmadinejad. Remontant donc à la source, nous sommes en mesure d’affirmer aujourd’hui que la JSK est, mathématiquement, sponsorisée par un mouvement terroriste (le Hizbollah) et par le régime iranien !

En revanche, si on s’en tient à ce raisonnement infantile qui consiste à avancer l’algérianité d’un sponsor pour le légitimer, deux questions se posent d’elles-mêmes et que l’animateur de « Addal/Sport » de ce lundi aurait dû poser et qui sont les suivantes :

La JSK dispose déjà de plusieurs sponsors. À l’image de l’un d’eux qui est le constructeur automobile Peugeot, pourquoi est-il accepté bien qu’il ne soit pas une firme algérienne ?

 Al Mounqid, l’ex journal du FIS, aujourd’hui interdit, aurait-il été un sponsor selon ce même raisonnement ?

Le recours à la victimisation étant désormais systématique pour toute personne se sentant mise en demeure de se justifier devant l’opinion et ce, afin de susciter de la sympathie, voire de la pitié, M. Hannachi lâcha sans sourciller :

« Il y a des manipulations derrières les supporters sinon, je vous informe ce soir que personne en Kabylie n’a donné à la JSK un centime ».

Cette technique bien connue du pouvoir algérien qui agite systématiquement le spectre de la fameuse « main de l’étranger » qui tirerait les ficelles à chaque révolte de la rue, semble collée à la rhétorique bien fade du président de la JSK qui considère que les supporters étaient des personnes justes bonnes à remplir les gradins et à scander des slogans à la gloire d’une JSK défigurée et privatisée sans préavis. Est-il au moins conscient que les kabyles qui portent le symbole (à distinguer du trésor) JSK dans leurs cœurs sont plus instruits et plus intelligents que lui pour être pris pour des crédules que le premier venu pourrait manipuler ? Or, brandir le fantôme de la manipulation, c’est souvent un mécanisme suranné tendant à manier la contestation qu’on sent gronder dans sa direction.

Concernant l’affirmation qui dit qu’en Kabylie, personne n’aurait donné un seul centime à la JSK, cela relève, au mieux de l’ingratitude, au pire du mépris. Rien que les malheureux supporters qui renflouent la caisse du club et remplissent les tribunes de l’arène de Tizi-Ouzou, au prix d’un billet d’accès de plus en plus exorbitant, auraient suffi à M. Hannachi de faire preuve d’un peu plus de retenue et de reconnaissance. Sinon, nous apportons les précisions suivantes qui démentent d’une manière flagrante les allégations de M. Hannachi contre les Kabyles qu’il exhorte presque à venir lui vider leurs poches déjà claquantes du bec. Ainsi et outre les sponsorings de Profilor, Cévital et autres firmes kabyles qui ont eu déjà à prendre en charge la JSK, il y a aussi les subventions annuelles et autres des assemblées locales élues dont nous citerons à titre d’exemple ce qui suit :

Sur le PV de la session ordinaire du 17 mars 2008, l’Assemblée Populaire de wilaya (APW de Tizi-Ouzou) et dans sa délibération N° 05 relative à l’attribution de subventions, la JSK s’est vue attribuer une subvention de 15.000.000,00 DA.

En outre et dans le cadre du BP 2009 (Budget Primitif – Voir délibération N° 36), la même APW attribue à la JSK une subvention d’une valeur de 10.000.000,00 DA.

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, le ridicule n’est décidément plus mortifère, le président de la JSK depuis 16 longues années qui affirmait, 05 minutes avant, qu’il gérait la JSK, pas la politique, verse carrément, à la fin de l’émission, dans cette manie qu’il a acquise depuis quelques années, consistant à encenser le président Bouteflika même quand rien ne justifiait ces clins d’œil indécents en direction d’El Mouradia :

« Nous souhaitons la venue du président Bouteflika pour la pose de la première pierre du nouveau stade afin d’amorcer le développement de la Kabylie »,

comme si le développement de la Kabylie ne dépendait que d’un stade ! M. Hannachi ayant senti la bévue, l’air contrarié asséna :

« Nhebbou oula nekarhou (qu’on le veuille ou pas) pour développer la Kabylie, il nous faut le programme présidentiel ! ».

Une seule question aurait suffi à ce moment-là pour mettre à nue toute l’ignorance et l’opprobre dont se couvre l’invité du jour qui aurait été incapable de nous révéler la moindre ligne de ce prétendu « programme présidentiel » et ce, pour la simple raison que le président algérien ne dispose d’aucun programme proprement dit en dehors du programme électoral qui n’est rien d’autre qu’un assemblage de généralités qui ne sauraient faire office d’un programme de développement.

Allas Di Tlelli

 

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