Hommage à Nabila Djahnine

Depuis le lâche assassinat de Nabila Djahnine. Elle reste toujours vivante dans le cœur de ceux qui l’ont connue et côtoyée. Originaire de Vgayet, Nabila Djahnine entame ses études universitaires dans les années 80 à l’université de Tizi-Ouzou et décroche son diplôme d’architecture en 1989. Nabila a pris part à tous les combats : Elle était membre des comités de Cités et d’Instituts.

Elle a de tout temps été présente et eut un rôle actif dans le M.C.B (Mouvement Culturel Berbère).

Pour défendre ses idées politiques et la classe ouvrière, elle milita dans le P.S.T (Parti Socialiste Des Travailleurs).

Étant revoltée par la situation précaire des femmes, elle passa le plus de ses dernières années à côté de celles-ci. C’est ainsi qu’elle créa en 1989 l’Association « Tighri n Tmettut« (le cri de la femme).

Nabila fut présidente de cette association jusqu’au 15 F2vrier 1995 : jour de son assassinat.

Nabila était la sœur, l’amie et la camarade de toutes et tous ceux qui l’ont connue.

Elle était pleine de vie et un de ses sourires suffisait pour apaiser les peines.

Elle aurait pu s’installer ailleurs et avoir une vie simple et régulière mais elle a choisi de rester au pays au milieu de ses semblables qui avaient besoin tant de gens pleins de cœur et convaincus comme elle.

La lutte pour les causes justes était sa raison de vivre. Elle a tout donné — jusqu’à sa vie — pour un monde meilleur, Un monde où la femme ne sera plus une machine à reproduction, un monde où tout un chacun se sentira être humain à part entière.

manifestation des femmes

Nabila a été assassinée parce qu’elle a fait de sa vie un défi :
. Un défi lancé à un régime lequel pendant des décennies a confisqué les libertés collectives et individuelles. Un défi aux obscurantistes qui veulent imposer leur dictat par la terreur et la désolation.
. Un défi, en s’imposant par son sacrifice dans une société impardonnable envers toutes et tous ceux qui par leurs actions ou projets progressistes dénoncent une morale réactionnaire teintée d’excès de religiosité.
. Un défi, en s’insurgeant contre la discrimination et le sectarisme sous toutes ses formes.
. Un défi, en refusant le fatalisme dans lequel veulent nous noyer le système archaïque et sa progéniture fasciste.
. Un défi aux fanatiques qui violent et mutilent les femmes qu’ils enlèvent sous les yeux de leurs enfants et/ou familles impuissants.
. Un défi en étant une éternelle assoiffée de liberté.

Nabila nous a été ravie comme tant d’autres qui ont fait de leur vie un combat.

Nabila a laissé un vide sans fin dans les cœurs de ceux qui l’ont connue et milité à ses côtés.

Nabila ! rien n’a pu et ne pourra arrêter ton combat et rien n’a pu et ne pourra briser l’amitié que tu as tissé autour de toi.

Tu es toujours vivante parmi nous.

Ton sourire nous manque.

Hmimiche n Tassaft. 7 février 2006

Un jour la Colombe…

Cette fureur de vouloir peindre tout silence.
Cette amertume de ne pouvoir arriver
Ce rêve d’achever les caricatures en instance.
Cette asphyxie qui a fini par dissoudre -dans la douleur-l’idée
Ce besoin de crier jusqu’à parfaite raisonnance.
Cet étouffement qui paralyse toute raison d’espérer
Cette rage de voir la flamme s’éteindre en toute innocence.
Cette souffrance de ne pouvoir l’attiser
Ce néant où le monde baigne trainant son inconscience.
Ce monde… Qu’est-ce ce monde où les colombes nous sont ravies ?

Hmimiche de Ait-Mouloud (USA)
Février 1996, (1 an après l’assassinat de Nabila)

 

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