Imravdhen, le MAK et Ferhat

D’accord, vous avez raison, mea culpa ! J’ai peut-être réagi de façon excessive à votre commentaire. Il faut néanmoins reconnaitre qu’il y a de quoi avoir des doutes sur les visées d’un tel commentaire rien qu’à la façon dont il a été présenté : Titre racoleur mêlant le MAK et Ferhat à une prétendue chasse aux sorcières : Les marabouts dans la future République ferhatiste !? Rien que ça ?!

D’abord, l’autonomie de la Kabylie n’a pas pour ambition de mettre en place une République ferhatiste ! Ferhat n’est pas un concept et les militants du MAK ne se battent pas pour la gloire personnelle de Ferhat Mehenni que je sache ! Quel mépris pour ces militants du MAK qui assument courageusement, dans la République terroriste d’Algérie, la nécessité urgente de la lutte pour l’autonomie de la Kabylie.

Le titre a été changé depuis, il reste cependant tendancieux dans la mesure où il accuse explicitement certains militants du MAK d’avoir pour projet : une épuration ethnique de la Kabylie… je ne sais pas si vous réalisez l’énormité de la chose !… énormité qu’il faut additionner aux « idées » selon lesquelles les autonomistes kabyles sont des islamophobes et des racistes anti arabes primaires etc.

De mon point de vue la question des marabouts n’a plus lieu d’être depuis longtemps déjà. Cette dualité entre « marabouts et non marabouts » est une « survivance » d’un passé récent, certes, mais bel et bien révolu.

Le clivage entre marabouts et non marabouts fait partie de l’Histoire… rien ne le justifie et il est dangereux de vouloir le ressusciter à tout prix ! Les énergumènes que vous citez en sont des réminiscences et je vous garantis qu’ils ne sont pas une exclusivité du MAK.

Ceux qui octroient bêtement une origine arabe à la dynastie des Almoravides et qui font porter la responsabilité du désastre kabyle aux marabouts sont des ignorants.

L’école de la « fawdha mentale » algérienne aggrave leur situation. L’ignorance qu’ils ont de leur Histoire et l’exploitation politique de ressentiments résultants d’anciens clivages sociaux font que ces énergumènes, qui tiennent parfois des propos dignes de la « sainte inquisition », sont les maillons faibles par lesquels s’engouffrent les ennemis réels de la Kabylie. C’est par eux qu’est introduit ce poison fratricide entre Kabyles. Il n’était pas utile de leur en fournir l’occasion.

Ce poison ravageur n’a même plus de réalité sur laquelle s’appuyer. Ce clivage n’a plus de raison d’être : la caste maraboutique a fait son temps, elle est révolue !

Aujourd’hui les marabouts n’existent plus du tout en tant que caste religieuse. Ils ne sont plus que des individus dans la société kabyle. La gestion du culte musulman est maintenant entre les mains des vrais musulmans : ceux que l’Algérie officielle nous a généreusement importé d’El Azhar parce qu’ils savent, eux, que l’islam kabyle est quasi-hérétique. Mais c’est là un autre débat.

Enfin, pour en revenir au MAK, quoi que l’on puisse en dire, il a le mérite d’exister. Le MAK malgré ses failles, ses manquements et ses erreurs a déjà accompli une partie importante de sa mission : rendre incontournable la question du destin de la Kabylie en tant qu’entité géographique, politique, culturelle, linguistique et identitaire spécifique dans une Algérie totalement acquise à l’arabo-islamisme… ce qui est par définition notre négation même ! Notre seul et unique problème est là et nulle part ailleurs.

Enfin, il faut à mon sens considérer le MAK comme un instrument politique. Ses objectifs correspondent, pour l’heure, à mes aspirations pour la Kabylie : donc je soutiens et j’y adhère ! Mais, je précise néanmoins qu’avant d’être une militante du MAK, je milite d’abord et avant tout pour une Kabylie libérée des démons de l’arabo-islamisme.

Salutations,

Clochette

P.-S.

Cet article est une réponse à Le Passant publiée ici le 6 avril 2010 à 13h4 6min.

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