Inadmissible ! La statue de Matoub défigurée

Voilà neuf longues années déjà depuis que Matoub Lounès a été assassiné ; durée pendant laquelle son peuple n’a pas cessé, à chaque coin de rue, dans les hameaux les plus reculés de Tamazgha, d’honorer sa mémoire, de lui crier sa reconnaissance et de rugir la profondeur et l’étendue de sa douleur qui n’a d’égale que sa détermination à ne jamais abandonner son noble combat pour l’identité, la démocratie, la laïcité…

Neuf années où les lâches et les « les chasseurs de lumières », agissant à la faveur de l’obscurité protectrice de la nuit, récidivent les actes de vandalisme contre les différentes œuvres d’arts à l’effigie du barde érigées dans chaque village de la Kabylie et au-delà.Retour ligne manuel
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La population de Tizi-N’Tléta et les milliers de routiers qui empruntent quotidiennement la RN30, s’indignent chaque jour, depuis la découverte, au petit matin de l’œuvre barbare et lâche, perpétrée dans la nuit contre la statue de Matoub. Cette œuvre d’une rare beauté a subi la furie des auteurs de cet acte ignoble au niveau du visage qui a été entièrement détruit et du poing fermé de sa main levée en symbole de la lutte qui a été tout simplement arrachée. En s’attaquant ainsi à des œuvres d’art en béton, à des portraits géants réalisés sur de la tôle… matières qui sont incapables de rendre les coups, les auteurs de ce forfait ont produit l’effet inverse du but recherché. Les citoyens crient leur colère contre cette abjecte lâcheté …et Matoub est adulé d’avantage.Retour ligne manuel
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Seulement, il y a lieu de dénoncer l’absence d’initiatives pour réparer cette statue défigurée, depuis plus d’un an. Ni la fondation qui porte le nom du rebelle, vraisemblablement occupée à traiter des dossiers autrement plus lucratifs, ni les autorités locales, souvent issues des courant hostiles au combat de Lounès, …n’ont émis le moindre avis devant ces actes inadmissibles, pire encore, aucune disponibilité à intervenir dans l’opération de restauration et ce, à chaque fois que ces actes ciblent stèles, portraits et autre mémoriaux érigés à la mémoire de Lounès Matoub. Dans cette atmosphère où les petites lâchetés s’imbriquent avec les complicités escamotées, la dislocation du tissu social favorise cet immobilisme quand le tissu associatif qui refuse de faire allégeance aux autorités culturelles locales, désignées souvent par la corruption et en contradiction avec la légalité, est, en sus, tout bonnement asphyxié financièrement.Retour ligne manuel
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La stèle de Tizi-N’Tléta qui a été inaugurée, le 2 juillet 2004, devant une foule impressionnante, venue des quatre coins de Kabylie et au-delà, a bravé la canicule, pour vivre l’événement, accompliee par les deux associations de la localité « les amis de Matoub Lounès » et « Tagmats » de feu Ali Zammoum.

Cette œuvre digne de la stature de Lounès est une sculpture de près de 2 m de haut, d’un poids de près de 800 kg représentant l’illustre auteur de « Kenza », debout, le regard rivé sur le Djurdjura, le bras droit levé, poing fermé en signe de lutte. Cet ouvrage du jeune artiste Sid Ali Iraten est posé sur un piédestal triangulaire de près de 2 m de hauteur, en pierre taillée dont la devanture comprend en son sein une énorme pierre, équarrie qui a la forme géographique de l’Algérie. Ce petit joyau architectural est entouré d’une clôture métallique décorative formant des « z » en tifinagh, symbole de l’amazighité. Le projet a vu le jour, au sein d’un groupe de jeunes, trois ans avant son inauguration. L’un d’eux nous dira à ce propos : « Nous avions déjà l’idée puis, nous nous sommes donné une structure et le travail était entamé. Nous avons rencontré d’énormes difficultés, mais notre détermination et la présence à nos côtés d’un grand homme de la trempe d’Ali Zammoum ont fait que le travail a été mené à son terme. Ça nous a coûté des années d’efforts et près d’une vingtaine de millions de centimes. » Retour ligne manuel
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Lors de son vernissage, une prise de parole des organisateurs et de quelques invités a précédé la découverte de la statue au public. Le moment le plus émouvant était sans doute le message téléphonique qu’avait tenu à adresser, Ali Zammoum célèbre auteur de « Tamurt Imazighen » à la population depuis son lit d’hôpital où il se trouvait. Une ovation, à donner la chair de poule, a suivi cette brève intervention de celui qui a toujours répondu présent aux sollicitations de la jeunesse et qui avait pris position contre certains se réclamant de la « famille révolutionnaire » qui avait engagé alors un véritable bras de fer avec les organisateurs pour empêcher l’installation de cette statue au centre du chef-lieu municipal où elle se trouve depuis.

Boufhaima, Tikobaïn, Draa-El- Mizan sont entre autre localités qui ont déjà vécu des actes de saccage visant les stèles érigées à la mémoire de Lounès Matoub qui, même absent, continuera à déranger et à guider nos pas vers la victoire. Sa victoire.Retour ligne manuel
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Allas Di Tlelli
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Source : Mensuel du Centre LA REGION N°03Retour ligne manuel

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