Kateb Yacine le porte-flambeau

Témoignage d’un ancien militant du mouvement berbère (3)
Suite et fin de la communication de H. Sadi au colloque « Kateb Yacine, un homme de parole* »

En 1970, je partis en France poursuivre des études de troisième cycle de mathématiques et suivant le même itinéraire, des camarades du Cercle berbère de Ben Aknoun me rejoindront au Groupe d’études berbères (GEB) créé en 1972 au sein de l’Université de Paris 8 alors localisée à Vincennes et qui était dirigé par Mbarek Redjala du CNRS, agrégé de langue arabe, qui avait participé au soulèvement de 1963. Il réussit à fuir en 1968 lorsque fut déclenchée la répression contre le mouvement des « étudiants démocrates » qu’il animait à Alger.

Les camarades restés en Algérie continuaient de suivre les cours de berbère que Mouloud Mammeri dispensait à l’université d’Alger dans un cadre informel, une fois par semaine à la pause du déjeuner. Et, fait nouveau, ils s’étaient rapprochés de Kateb qui les avait encouragés à traduire « Mohamed prends ta valise » en tamazight et les aida à la monter sous la direction du jeune metteur en scène Mohand Aït Ahmed. Un immense travail fut accompli par cette troupe qui sillonna la Kabylie. Le succès des tournées fut inespéré. La question linguistique était au cœur des débats passionnés qui suivaient chaque représentation. Ces échanges avec la population préparèrent le terrain aux interventions en faveur de tamazight lors du débat sur la Charte nationale en 1976. La troupe se déplaçait aussi en dehors de la Kabylie et représenta en 1972 l’Algérie à Tunis où elle obtint le second prix d’interprétation au festival de Carthage. Les responsables de la troupe avaient trompé la vigilance des censeurs en réussissant la prouesse de dissimuler aux autorités, jusqu’à la dernière minute, la langue dans laquelle ils allaient jouer.

Kateb Yacine accompagne le renouveau culturel berbère qui s’opère au-delà du théâtre. Sous le titre « Les maquisards de la chanson », il signe la présentation d’un disque collectif de la génération d’artistes qui émerge dans le sillage de « Vava inu va » de Idir. Il poursuit son travail de théâtre avec « La guerre de deux mille ans » qui connaîtra également une version berbère.

Avec ce mouvement émerge le concept de « langues populaires » qui regroupe le berbère et l’arabe algérien et commence de se construire un discours qui intègre la revendication berbère. En raison de leur connotation péjorative, nous combattions les dénominations « dialectes berbères » ou « arabe dialectal » employées par ceux qui voulaient disqualifier ces langues. Ce changement de terminologie signe une avancée politique. Le renouveau porté par un courant progressiste, proche de Kateb, imposera graduellement la légitimité de la revendication berbère au sein de l’opposition algérienne.

À Vincennes, la même évolution s’accomplit. Mieux que quiconque, Mbarek Redjala formalisera cette ligne qu’il développe dans le Bulletin d’études berbères, publication du GEB, mais aussi dans deux articles parus dans les revues [1] Les temps modernes et L’homme et la société. Au colloque organisé par L’homme et la société où il intervient, Redjala rencontre Kateb qui y fit également une communication orale. Les deux hommes avaient déjà eu l’occasion d’échanger longuement sur la question des langues d’abord en Algérie puis, surtout, lors d’un séjour commun d’une semaine dans une maison en province, à l’époque où Kateb écrivait L’homme aux sandales de caoutchouc. Aujourd’hui encore, Mbarek Redjala ne dissimule pas l’admiration qu’il voue à Kateb Yacine, pas seulement l’écrivain, mais aussi pour l’homme, rejoignant en cela l’appréciation de Jean Amrouche sur Kateb . [2] Récusant la hiérarchie des langues en puisant l’argumentaire dans la littérature de gauche alors florissante en ces années de l’après 68, Mbarek Redjala expliquait que les masses populaires employaient deux langues : le berbère et l’arabe populaire. Quant aux classes dominantes, elles imposent le recours au français ou à l’arabe classique, si bien que le clivage linguistique coïncide avec le clivage social. En défendant les langues populaires, l’on participe du même coup à l’émancipation des masses populaires.

Plus tard, lors du Printemps berbère de 1980, c’est autour de la défense de ces « langues populaires » algériennes, berbère comme arabe, que s’articulent les autres revendications. On le sait peu aujourd’hui, mais pas une banderole, pas un tract produit par ce mouvement ne porte sur la seule revendication de la langue tamazight sans l’arabe populaire. Perçu comme partie prenante du mouvement, Kateb Yacine a été sollicité pour participer à la première marche organisée le 7 avril 1980 à la place du 1er mai à Alger. La veille, des proches l’en ont dissuadé en le mettant en garde contre la « manipulation partisane » de droite qui se cachait derrière l’appel « anonyme ». [3] À cette marche, juste avant la charge de la police, j’ai usé une dizaine de clichés à photographier un marcheur en tête de la manifestation que j’avais pris pour Kateb. Il faut dire que je ne l’avais encore jamais rencontré. Je ne compris ma méprise que lorsque je retrouvai dans les sinistres sous-sols du commissariat du boulevard Amirouche le pauvre hère que j’avais pris pour Kateb, embarqué par la police tout comme moi, et qui chantait à tue-tête un chant de corps de garde où résonnent encore dans ma mémoire « Indochine » et « Khoubz ou sserdine » ! Kateb renoua les fils avec ce mouvement en participant au séminaire de Yakouren d’août 1980 où il passa plusieurs jours avec nous et en se rendant à l’Université de Tizi-Ouzou, encore en effervescence après l’assaut donné par les forces de l’ordre le 20 avril 1980 pour y animer une conférence durant laquelle l’écrivain est chaleureusement acclamé et salue la femme algérienne à travers Kahina qui « vaut son pesant de poudre ». Étant revenu en France en octobre 1983, après avoir travaillé depuis 1979 à l’université de Tizi-Ouzou, je n’ai pas assisté en 1984 à sa deuxième visite sur le campus lorsqu’il est invité à l’initiative d’un groupe proche du PAGS. Ce parti était, avec un groupe qui s’est émancipé du FFS, en lutte pour le contrôle du mouvement qui traverse alors une phase reflux – ce qui exacerbe les tensions partisanes. Kateb s’implique dans la polémique et s’en prend au FFS, qu’il qualifie de parti bourgeois. Mais lorsqu’il va plus loin et met en cause la revue Tafsut qu’il considère comme étant une émanation de la bourgeoisie kabyle, des militants choqués l’apostrophent, au nom même de la considération qu’ils lui manifestent. Kateb écoute ces militants connus qui l’invitent à contrôler son information et à diversifier ses sources. Il semble mal à l’aise.

Dans l’intervalle de ces deux incursions, Kateb est aussi de la partie lorsque, à la suite de l’initiative prise à Tizi-Ouzou, une tentative de création d’une association culturelle est lancée à Alger. [4] La troupe de théâtre « Debza », née à Alger dans la foulée du Printemps berbère et qui se produit principalement devant un public étudiant, se met naturellement sous la tutelle de Kateb Yacine. Elle intègre dans ses représentations des textes de Muḥend U Yeḥya qu’elle traduit, cette fois, du berbère vers l’arabe. [5]

En émigration et avant 1980, j’ai été témoin de l’impact extraordinaire d’une représentation de « La guerre de deux mille ans » au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris sur des ouvriers qui n’avaient jamais mis les pieds dans une salle de théâtre et qui appartenaient à l’Académie berbère. Cette association avait une approche de la culture berbère a priori éloignée de celle de Kateb Yacine, mais l’épopée de Kahina portée par de poignants chants amazighs ébranle ces hommes simples qui laissent couler des larmes d’émotion.

J’ai également eu l’occasion d’apprécier le sens du devoir de solidarité de Kateb Yacine lorsque s’abattait la répression. Le 28 novembre 1986 un meeting était prévu à Paris pour soutenir les prisonniers qui venaient d’être condamnés sous Chadli par la Cour de sûreté de l’État, sise à Médéa, pour avoir créé une Ligue des droits de l’homme. Plusieurs de ces prisonniers avaient déjà connu cette juridiction d’exception en 1980 avant d’être libérés sous la pression de la rue sans être jugés. Alors que nombre de personnalités avaient refusé de s’associer à ce meeting, avec Nabile Farès, très impliqué dans le combat pour la défense des droits de l’Homme, Kateb sera le deuxième écrivain [6] à apporter publiquement son soutien en participant au meeting tenu dans la salle Albert de Lapparent. D’Algérie, le professeur de psychiatrie Mahfoud Boucebsi avait joint son témoignage, produit au procès en décembre 1985, aux deux contributions des deux écrivains pour être publié dans le livre « Au nom du peuple » [7] consacré à ce procès. Ces appuis étaient rares. Avant le procès, la menace qui pesait sur les détenus qui, aux termes des articles retenus par l’accusation, étaient passibles de la peine de mort, avait eu un effet dissuasif sur nos soutiens potentiels. Une campagne de presse d’une rare violence avait accentué notre isolement. C’est sous le titre « Vieille haine et nouveaux harkis » [8] que l’éditorialiste d’El Moudjahid avait rendu compte du rassemblement organisé sur l’Esplanade des droits de l’Homme à Paris en présentant les manifestants comme un ramassis d’individus rongés par la haine qui ne s’étaient pas faits à l’Indépendance de l’Algérie.

Pourtant, ce n’était pas cela qui incommodait Kateb chez qui j’ai senti une certaine gêne lorsque j’allai le chercher le jour du meeting. Un peu comme en 80 et en 84, une certaine ambigüité entourait notre action. La concomitance du procès de Médéa et de la conférence qu’Aït Ahmed et Ben Bella avaient tenu à Londres et qu’ils avaient volontairement fait coïncider avec le procès avait jeté le trouble. L’ancienne appartenance de certains d’entre nous (y compris parmi les prisonniers) au parti d’Aït Ahmed accentua la confusion pour la plus grande satisfaction des « deux compères », d’autant que notre sortie de ce parti, quatre ans auparavant, n’avait pas encore été rendue publique. Si la gêne de Kateb était perceptible, sa participation n’avait cependant jamais été remise en cause et il m’avait d’emblée accueilli par un bourru :
« Bon, qu’est-ce que tu veux que je dise ? » De fait, il dira ce qu’il avait dit pour l’essentiel dans cette magnifique émission de télévision Racines : Kateb Yacine et l’Algérie de Dominique Colonna diffusée en août 1985 sur TF1 et qui avait eu un fort retentissement.

Peu de temps après, il nous expliqua sa gêne quant à la conférence de Londres : « il y a, nous avait-il dit, une région en Algérie qui échappe à l’intégrisme, c’est la Kabylie et, avec cette conférence, Aït Ahmed va l’y introduire ». Au cours de cet échange, il nous invita à travailler à une réédition d’Ibn Khaldoun dans une version allégée. Il était convaincu que les textes d’Ibn Khaldoun éclaireraient favorablement les Algériens sur leur histoire véritable.

Chacun sait que Kateb ne marchandait pas son engagement. Ses prises de positions, parfois radicales, ne devaient rien à une quelconque conjonction de circonstances favorables. Il ne se souciait ni des rapports de forces en présence ni des conséquences que telle ou telle déclaration induirait pour lui. On a toujours eu le sentiment qu’il disait ce qu’il pensait quel qu’en fût le prix à payer. Et parce que ce qu’il disait venait du plus profond de lui-même, sa sincérité était d’une puissance communicative exceptionnelle. Ainsi, on a souvent reproché à Lounès Matoub l’excès de son propos « je ne suis pas Arabe et je ne suis pas obligé d’être musulman ». Or, au vrai, Matoub n’a fait que reprendre une formule de Kateb Yacine publiée plusieurs années auparavant, encore plus tranchée : « je ne suis ni Arabe ni musulman ». [9] Cette vérité qui a tant séduit Matoub a attiré sur Kateb les foudres de Kamal Belkacem. Dans une diatribe , [10] le journaliste vilipende Kateb Yacine : « un conseil, écrit-il, défiez-vous des images réfléchissantes que vous renvoient les braves « Algériens de service », écrivains, juristes et autres méritants de la francophonie qui, disent-ils aujourd’hui, ne sont « ni Arabes ni musulmans » et qui certainement demain renieront jusqu’à leur dernier lien avec leur patrie. »

Rappelons que c’est le même journaliste qui, en 1980, toujours sous la signature K. B., s’était fait apôtre de l’arabo-islamisme pour traîner dans la boue Mouloud Mammeri [11] en l’accusant de collaboration avec le colonialisme : « s’agissant, affirmait-il, de la participation [de Mammeri] à la guerre de libération est-il nécessaire de rappeler son refus de souscrire à un manifeste en faveur du FLN en 1956 et son dédain pour les moudjahidine de 1954, qualifiés par lui dans les colonnes de « l’Écho d’Alger » de chacals des Aurès. » Comme en 1985 contre Kateb Yacine, qu’il avait érigé en candidat au reniement, en 1980, contre Mammeri diabolisé, K.B. utilisant le même mot « défier » prévenait : « notre jeune génération a tout à gagner en se défiant de tels intellectuels. » Mais en 1980, K.B. jaugeait la « trahison » [12] de Mammeri à l’aune du patriotisme de … Kateb cité en exemple : « Les vérités d’un Kateb Yacine ou d’un Malek Haddad, même si elles ne font pas l’unanimité, sont des actes de foi patriotiques, un désir profond de communier » proclamait, solennel, l’obscur K.B.

Ce qu’on ne pardonne pas à Kateb, ce n’est pas tant la radicalité de son propos que la « vérité » de ses prises de position sur des sujets tabous, vérité qui mine l’édifice de l’imposture identitaire algérienne. Insulté à sa mort à la télévision d’État, vingt ans après sa disparition, il demeure pour les officiels un homme à la réputation sulfureuse auquel ils se réfèrent avec des pincettes, eux, si avides, si prompts à récupérer les personnalités reconnues sur la scène internationale.

Durant les trente dernières années de sa vie, Kateb revient sans relâche sur la défense de tamazight. Ultime but qu’il s’était fixé, la réhabilitation de cette langue devient quasi obsessionnelle chez lui, thème omniprésent dans son théâtre. Mais parce que son théâtre en arabe ou en tamazight n’a pas connu de véritable édition, il est peu étudié. On ne peut cependant en ignorer l’impact populaire sans risque de donner une image partielle de cet homme qui voulait avant tout parler au peuple, aller vers lui. C’était à l’âge de 15 ans, dans les camps de prisonniers du Sétifois en 1945, que le destin de Kateb Yacine fut scellé à celui du peuple algérien.

Toi, Yacine, dont toute l’œuvre est une quête interminable et entêtée de l’Ancêtre, qui, mieux que toi, pouvait porter l’héritage des ancêtres tant de fois abattus ? Et lorsque, niés et reniés à la libération du pays, ils redoublaient de férocité, qui, mieux que toi, pouvait se faire l’écho de leur appel ? Pour notre génération, tu as été l’irremplaçable intercesseur auprès d’eux.

Hend Sadi

* organisé le 12 décembre 2009 à Paris par l’ACB

Notes

[1REDJALA, M. : « Remarques sur les problèmes linguistiques en Algérie », L’homme et la société, 28, pp. 161-177 (1973) et REDJALA, M’Barek : « Spécificité culturelle et unité politique », Les Temps modernes, n°323, juillet, 1973, pp. 2242-2252.

[2« J’ai vu Kateb aujourd’hui. Il a pris note de ton téléphone et de ton adresse. De la longue conversation que je viens d’avoir avec lui il résulte que l’homme est égal, sinon supérieur, à son livre. Il a sur l’avenir possible de l’Algérie, sur les rapports de la langue arabe et de la langue française, des vues vastes et profondes.
Mais ses conditions d’existence sont fort hasardeuses, encore qu’il ne s’en soit pas ouvert à moi.
Si tu peux agir en sa faveur, n’hésite pas. Il en vaut la peine
. » Extrait de la lettre de Jean Amrouche à Jules Roy du 25 octobre 1956, in Jules Roy, « D’une amitié, Correspondance J. Amrouche », Edisud, Aix-en-Provence, 1985.

[3En réalité, il y avait des membres des partis suivants : Front uni de l’Algérie algérienne, Front des forces socialistes, Parti de la révolution socialiste, Parti d’avant-garde socialiste. Le mouvement avait cependant acquis une dynamique autonome qui était pour l’essentiel respectée par les différents partis en présence.

[4Le 26 décembre 1980, je déposai, comme président, les statuts de l’association culturelle « TIWIZI » à la wilaya de Tizi-Ouzou. Plusieurs universitaires et artistes, dont Aït Menguellat, en étaient membres fondateurs. L’administration refusa d’accuser réception du dossier qu’elle a reçu. Le 29 avril 1981 les statuts de l’association culturelle « AMUGER » furent déposés à Alger au ministère de l’Intérieur. Parmi ses membres fondateurs, on relève Kateb Yacine, son ami le peintre Mohamed Issiakhem, Mouloud Mammeri, … l’association ne sera jamais agréée malgré le récépissé qui fut cette fois délivré.

[5Les textes de Muḥend u Yeḥya Taḥya Berzidan et Amerrezg enneγ chantés par Ferhat font partie de ces traductions. Il est intéressant de signaler que Muḥend u Yeḥya qui a traduit vers le kabyle un grand nombre d’auteurs divers n’a jamais cherché, à ma connaissance, à traduire un auteur algérien francophone, à l’exception de Kateb Yacine. Il m’a proposé de travailler avec lui sur l’adaptation de La poudre d’intelligence. Mais pour diverses raisons, le projet n’a pas abouti.

[6Kateb (Libération 24/07/85) et Farès (Le Monde 21/08/85) avaient déjà condamné les arrestations dans la presse.

[7« Au nom du peuple », Imedyazen, Paris, 1986

[8El Moudjahid, 20 janvier 1986.

[9Déjà parue dans la revue Croissance des jeunes nations, on retrouve cette formule également dans une déclaration faite au journal Le Monde du 11-12 août 1985 : « Comme je me suis insurgé contre l’Algérie française, je m’insurge contre l’Algérie arabo-musulmane. On ligote un peuple à travers une langue et une religion. Je ne suis ni Arabe ni musulman. Je suis Algérien. »

[10Algérie-actualité n° 1038 en date du 5-11 septembre 1985 article « Sur les roses » signé K. B.

[11Journal El Moudjahid, 20 mars 1980 dans l’article intitulé « Les donneurs de leçons » signé K.B.

[12Ces affabulations ont fourni l’occasion à Mammeri de donner à K.B. une « leçon » mémorable qu’El Moudjahid refusa de publier mais qui fut diffusée sous forme de tract lors de la marche du 7 avril 1980 à Alger avant de paraître dans le journal Le Matin de Paris du 11 avril 1980.

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