La commune de Krim Belkacem après les impitoyables incendies criminels et meurtriers

pauvres jeunes gens, vos ennemis de demain seront pires que ceux d’hier. 

Kabylie (Kabyles.com) —Un décor dramatique et un paysage digne d’un champ de bataille où il ne reste aucun vivant ni signe de vie, c’est la vue que nous offre de loin la commune d’Ait Yahia Moussa  ou « Tala Imdrana» après les impitoyables incendies criminels qui l’ont ravagée depuis le 11 juillet 2017.

Les habitants de cette commune remémorent tristement la grande bataille de Vugarfan du 6 janvier 1959 où l’armée française a utilisé le napalm pour réduire en cendre cette région et sa population,  a confié un jeune rescapé du village Ait Rahmoune.

Le constat est amer  car les pertes sont énormes et le quotidien des citoyens après ce cataclysme est insoutenable à cause de la pénurie d’eau, problèmes d’électricité, grande chaleur et atmosphère polluée et asphyxiante. Pourtant, le grand barrage hydraulique de Taqsebt qui est d’une capacité de plus de 180 millions de mètres cubes est situé à une trentaine de kilomètres de cette localité. Hélas, trois fois hélas!  Il alimente principalement les wilayas d’Alger, de Blida et de Média.

Le pouvoir illégitime algérien et ses autorités locales ne se soucient guère des enfants, des personnes âgées, des femmes enceintes, des malades… Ils narguent ainsi les citoyennes et les citoyens de la commune du colonel Krim Belkacem, a déclaré un habitant du village Afir.

L’eau que les autorités locales faisaient parvenir aux villageois rarement au moyen d’une tuyauterie usée et rouillée  a été coupée durant toute la période lorsque des incendies  ravageaient les villages de la commune d’Ait Yahia Moussa et même après la fin des brasiers. La coupure d’électricité s’est ajoutée à cette peine. Les citoyens étaient et sont encore en quarantaine et livrés à eux-mêmes. Il  a eu un troisième mort.

Le régime algérien, depuis son accaparement du pouvoir en 1962, n’a pas cessé de liquider la population kabyle directement par les armes de ses services de sécurité et ses islamistes ou indirectement par les maladies causées par les produits  infectés et cancérigènes  importés et sa politique d’austérité, a déclaré un  citoyen d’Ibouhrene. 

L’absence d’un État de justice est absolue!

Les Kabyles qui se dressent indéfiniment contre la tyrannie du pouvoir algérien se voient violenter des manières les plus inhumaines par le régime dictatorial d’Alger et ses services de répression. Ce dernier veut imposer à la Kabylie un traité de reddition sans condition comportant l’arabisation et l’islamisation. 

Avec ses deux armes opérationnelles (arabe et islam) depuis un bon bout de temps, le voici encore récidiver avec la politique de la terre brûlée pour montrer aux Kabyles sa détermination d’en finir avec leur résistance. La destruction des récoltes et d’autres ressources de vie, infrastructures et environnement représente pour le régime  algérien  l’acte inaugural de la soumission ou l’éradication de la Kabylie. 

 Cela dépasse tout : c’est une guerre d’extermination, c’est une tactique horrible, sans précédent dans l’histoire de la civilisation. Brûler ses propres villes ! Le démon inspire ces gens. Des barbares. Quelle résolution farouche, quelle audace. 

En 1957 Mouloud Feraoun a écrit :

Si c’est là la crème du F.L.N., je ne me fais pas d’illusions, ils tireront les marrons du feu pour quelques gros bourgeois, quelques gros politiciens tapis mystérieusement dans leurs courageux mutisme et qui attendent l’heure de la curée. Pauvres montagnards, … pauvres jeunes gens, vos ennemis de demain seront pires que ceux d’hier. 

Boualem Afir.


Ait Yahia Moussa, « Tala Imdrana», a été détaché de Bordj Menail le 12 novembre 1910 pour être rattaché à Draa El Mizan. Cette région a joué un grand rôle durant la révolution nationale sous le commandement du colonel Krim Belkacem. Après l’indépendance, cette commune a été créé après le découpage administratif de 1971 sous la dénomination « Oued Ksari ». Un nom qu’elle a porté jusqu’à 1989 ou elle s’est reconvertie à son ancien nom Aït Yahia Moussa (le nom a été changé à la suite d’une mobilisation de la population locale après les événements du printemps berbère pour remplacer le nom arabe de la région et lui donner son ancien nom qui est Ait Yahia Moussa qui appartenait à la tribus des Iflissen n udhrar. Elle englobe une cinquantaine de villages avoisinant les 30 000 habitants.

On y trouve entre autres : Afir, Agouni Ahcène, Imoulak, Aït Amar Moussa, Aït Attela, Aït Kaci Ouamar, Aït Moh Kaci, Aït Moh Ou Kaci, Aït Houelhadj, Aït Ouacif, Aït Rahmoune, Aït Sidi Ali, Birrou, Ait Hellil, Ibouhrene, Ighil El Bir,Ighil Oukebli, Ihadjamene,Ihissithene, Ikherbane, Illounissene, Imaksnene, Imenouthene, Iamarene. Iboussaïdène, Iremdanène, Imzoughene, Lazaïb, Ait Yahia Moussa Centre, Rabets, Tafoughalt, Thachtiouine, Tifaou, Tizi Guezgarene, Tizra-Aissa, Iallalene, Ait Slimane, Azib El Madjene, Izemourene, Cherifi, Tassegdhelt, Agouni Aissa, Ait Belkacem Arab, Tarikt…


Bataille du 6 janvier 1956
La maison de Krim Belkacem se préparait pour abriter une réunion importante de coordination des responsables de l’ALN dont les colonels Amirouche (wilaya III), M’hamed Bougara (wilaya IV) et Si El Houes (wilaya VI).
L’armée française a eu vent de la tenue de cette réunion et a mis une opération pour capturer les responsables de l’ALN. L’armée française a envoyé des milliers de soldats appuyés par l’artillerie et l’aviation.
Une grande bataille a eu lieu dit Vugarfan. Le chef de bataillon français le capitaine Graziani a été tué pendant cette bataille dans un corps à corps. Du côté des moudjahidines, plusieurs morts et blessés notamment au napalm utilisé par l’armée française. Wikipédia.

6 Commentaires

  1. Hé les pauvres pyromanes !?
    Paraît-il que ce sont les américains qui disent ceci :la première fois c’est un accident ou c’est le hasard,la deuxième fois c’est une coïncidence,par contre une troisième fois c’est un complot.
    « à bon entendeur, salut ! » ! Tanmirt

  2. c’est désolent de voir ces images sur ait yahia moussa pour ce qui n’ont pas de mémoire entre 58et 59 surtout de l’opération jumelle toute cette conté a été rasé j’ai été témoin lors du larguage du napalme sur ait yahia moussa je suis de dra-el-mizan ou j’ai vécu sous le couvre feu à midi et ma région est devenue zone interdite ce n’est oran ou alger qui ont vécu des événements pareils c’est rageant de voir ces images il ya encore des gens qui ont été brulées et perdus des memebres de leur corp et mème les militaires français ont subit le meme sort ils abondonaient leur armes à cause du napalme c’est rageant il faut réagir et vite pour reprendre notre bien du moinde ce qui reste.

  3. je suis témoin du jour la france largué les bombes de napalm sur cette région dont j’y suis moi meme habitant de la région dra-el-mizan il ya encore des anciens moudjahidines iiqui ont eu des traces de brulure meme parmi les militaires et dire que c’est cette région qui a primé pour l’indépendance ce n’est à alger ouà oran qui a eu des couvres à midi et des zones intertdides c’est vraiment rageant de voir ça.

  4. Boualem, je te respecte encore plus après la lecture de tes articles. Je salue ton courage dont tu as toujours fait preuve, même étant très jeune, durant nos premières années à l’Université. Je rends hommage également à tes compatriotes qui ont surmonté cette épreuve qui était des plus désastreuse pour tout être vivant, en ce mois de juillet où la chaleur naturelle était déjà étouffante.
    Ce n’est qu’une épreuve de plus qui renforcera encore davantage la confiance en soi et la solidarité entre les habitants de cette région qui est des rares, si ce n’est pas la seule à réussir à reprendre son identité et son nom d’origine..
    Nous sommes de tout cœur avec la région d’Ait Yahia Moussa. Nous aimerions vous aider mais ne sachant pas comment le faire à distance, si une quête est organisée pour aider cette région à se relever, fais le nous savoir, stp, cher ami!
    Nadira Boukaouma

    • Il y a des mots qui guérissent les pires maux comme Amour et Solidarité. Deux mots essentiellement qui rapprochent, qui réconfortent et qui nous rendent fiers d’être de l’humanité. Surtout de la Kabylie. Tu m’as invité à voyager dans le temps des souvenirs d’un passé plein de rêves et d’espérance et d’un présent chargé de promesses et de volonté. Merci chère amie et compatriote de l’attention. La mobilisation des Kabyles n’a pas tardé pour venir en aide aux sinistrés partout en Kabylie et j’ai appris que les structures du MAK-Anavad font un recensement sur le terrain et s’organisent pour recueillir les dons et les acheminer aux victimes. Nous les Kabyles qui se battent encore dans les tranchés de nos aïeux sur les terres de nos ancêtres. Nous visons la survie et nous luttons afin de garantir un avenir qui demeure incertain pour bien des âmes assoiffées de justice et de liberté. Je ne pense pas que l’Algérie va se repentir ou s’adoucir après tant de mal et de malheur qu’elle nous inflige. Toutefois, nous demeurons les seuls maîtres de notre destin. Les enfants de la Kabylie. Tanmirt.

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