La femme kabyle victime des traditions ?

La femme kabyle, a-t-elle besoin de démocratie pour avoir du pouvoir ? Qui d’entre l’homme et la femme est réellement victime de l’emprise de traditions incroyablement reproduites et maintenues ?

L’homme, même s’il tombe le plus souvent dans le piège, n’y est pour rien. Il n’est pas aussi présent au village que la femme. Il n’a rien du gardien des traditions comparé à sa mère et ses sœurs. Ma mère, mes sœurs et, bien après, ma femme sont les seules responsables du blocage.

Ma mère, comme toutes les femmes kabyles, son devoir est de marier ses filles et ses fils avant sa mort et de s’assurer, surtout pour ses filles, qu’elles sont bien intégrées dans leurs nouvelles familles et que grâce à ses conseils et à leurs trésors tout sensuels, elles réussissent à mettre toujours de leur côté leurs maris face aux agressions permanentes de leurs belles-mères et belles-sœurs. C’est uniquement au bout de ce long combat et sacrifice que ses filles peuvent prétendre à leur part de bonheur dans leur nouvelle famille. Cette lutte ancestrale des femmes pour le pouvoir se trouve d’autant plus justifiée et « légitimée » si la fille donne au moins un garçon à son mari.

Mais, la contradiction de ma mère ! Elle est, elle aussi, cette belle-mère qu’elle combat ailleurs, elle reproduit admirablement à l’encontre de sa belle-fille ce qu’elle a toujours dénoncé dans les familles de ses filles mariées. Je ne sais pas si l’on peut qualifier cela d’hypocrisie !? Mais, ma mère et mes sœurs sont obligées par je ne sais quelle « tradition » de jouer, inconsciemment, ce rôle contradictoire en veillant même à ce qu’il soit bien réel même s‘il faut créer une crise familiale que rien ne justifie. Oui, en effet, il se trouve que les hommes ne sont pas tous pareils et qu’il existe de ces hommes et femmes kabyles qui, ayant localisé la source des malheurs de la famille, font preuve de plus de compréhension et de générosité pour déjouer le piège de la « guerre » tendue en permanence par la mère et les sœurs.

Une solidarité de combat, toute féminine, composée de la mère et ses filles est mise en place quelques jours seulement après le mariage du fils et frère « par la faute de qui » une étrangère s’est introduite dans l’enceinte sacrée de l’intimité familiale ! Les secrets de la famille ne risquent-t-ils pas, en effet, d’être ébruités à l’extérieur et, surtout, l’intérêt matériel que représente le fils ne risque-t-il pas, lui aussi, maintenant qu’il ne dort plus tout seul, d’être sérieusement remis en cause ?

Mais le fils est instruit et est mariée à une femme cultivée. C’est-à-dire, ils ont acquis un savoir à même de les aider à mieux interpréter et comprendre le comportement des femmes pour mieux détendre l’atmosphère toujours sournoise de la famille. Ayant compris que la cause des attaques trouve toujours sa source dans l’intérêt matériel, le fils redouble d’efforts de paix et de générosité en direction de sa mère et de ses sœurs croyant arriver à les rassurer de tout l’amour qu‘il leur porte même marié. Mais rien à faire ! C’est uniquement une fois marié que le garçon s’aperçoit qu’il n’a véritablement aucun pouvoir réel face à sa mère et surtout à ses sœurs même mariées ! Les soupçons persistent et la belle-fille continue de subir des pressions en permanence, surtout en l’absence de son mari !

Le bonheur kabyle, est tellement parsemé d’embûches féminines, que très souvent, rien ne justifie qu’il semble carrément une fatalité ! Alors, quoi faire ? Une problématique kabyle des plus ambiguës !

Un internaute anonyme

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