La grand-mère d’Edith Piaf était Kabyle

Il n’est pas de jour où la voix de Piaf ne déchire le ciel, ne surgisse de la nuit pour vous jeter dans sa nuit à elle, dans cette étrange nuit, ces ténèbres arrachées à sa misère, à son enfance, à ses amours manquées.

Piaf sera disparue depuis mille ans déjà qu’on l’entendra encore chanter, que l’on s’étonnera de cette force, de cette violence, de ce lyrisme, que l’on se demandera d’où venait cette voix…

Elle venait de très loin. Elle venait de Kabylie. La grand-mère d’Edith était Kabyle et, sous le nom d’Aïcha, faisait dans des cirques ambulants un numéro de puces savantes.

Cette voix venait aussi de l’ignorance, de la peur, et d’une abominable absence de tendresse. Cette voix venait de la mémoire de l’enfer.
[…]
Les ancêtres paternels d’Edith venaient de Normandie. Du plus loin que l’on se souvienne, d’un petit village qui s’appelait Castillon et où Richard Gassion, né en 1656, exerçait la profession de laboureur. Ce petit village comptait 331 habitants.
Les Gassion quittèrent Castillon pour Falaise cent ans plus tard, et travaillèrent dans la bonneterie.

C’est avec le grand-père d’Edith, Victor Alphonse Gassion, que naquit la tradition de la balle dans la famille.

Victor Alphonse Gassion, né le 10 décembre 1850 à Falaise, entra au cirque Ciotti et parcourut avec lui la France et l’Europe. Passionné de chevaux, il sera écuyer. Il rencontrera sa femme, Louise Léontine Descamps, née en 1860 à Carvin dans le Pas-de- Calais, dans l’auberge de son père. Jean Descamps avait fait vingt-deux enfants à sa femme ! Louise et Victor Gassion en auront quatorze, nés au gré des tournées du cirque Ciotti. L’un des aînés sera le père d’Edith, Louis Alphonse Gassion, né le 10 mai 1881.

Tous les hommes de la famille sont de petite taille : 1 m 63 maximum. Le père d’Edith mesurait 1m 47 comme elle…

Louis Gassion passera les dix premières années de sa vie à Falaise, puis il entrera au cirque Ciotti, lui aussi. C’est là qu’il deviendra le saltimbanque qu’Edith a toujours aimé.
« Louis-Alphonse Gassion Contorsionniste-antipodiste L’homme qui marche la tête à l’envers. »

[…] lorsqu’il rencontre Anetta Maillard à la Foire de Paris. Elle vend du nougat et tient un manège. Et, comme tout ça ne lui rapporte guère, elle chante. Il n’aura pas de mal à la séduire. Ils se marieront en 1914. Louis a trente-trois ans, Anetta seize. Elle lui apporte en dot cette voix surprenante qui sera le seul cadeau que sa fille recevra jamais d’elle.

Quelques mois avant la déclaration de guerre de 1914, ils ont une petite fille. L’ont-ils conçue au 72 de la rue de Belleville, où Anetta fut prise par les midi ?

Par Monique Lange in « histoire de Piaf« , 1979

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