La Kabylie est dans l’oeil du cyclone

Gare au jugement de l’histoire (3)

Où allons-nous ?

Aujourd’hui, la Kabylie est dans l’œil du cyclone. Les stigmates des profondes blessures et du deuil qui ont frappé des familles entières ayant perdu des êtres chers lors de ces événements du printemps noir de 2001, sont encore là. Faire subir d’autres épreuves à notre peuple est un acte irresponsable dont on ne mesure pas les conséquences réelles. Et ce n’est pas en la précipitant dans des voies sans issues et aux lendemains incertains qu’on prétendra la sauver.

En 2001, les rédacteurs de ce qui est convenu d’appeler la plateforme d’El Kseur, avaient juré que celle-ci est scellée et non négociable. Nous connaissons la suite depuis lors. En effet, après avoir vidé le mouvement de tous ses éléments honnêtes et sérieux, les pseudos irréductibles s’étaient, par la suite, rués dans les brancards du pouvoir, pour aller négocier des appartements, des crédits etc., tout cela en trahissant le sang versé de ces jeunes morts à la fleur de l’âge, sans que cela ne leur pose le moindre cas de conscience

Que reste-t-il de leur serment le vide sidérant et l’odeur de la trahison.

Et la proclamation du GPK nous place, à présent, dans la même impasse que ladite profession de foi « scellée non négociable ». Au-delà des prolongements nocifs de cet acte sur la région et ses populations, c’est la construction de cet édifice de l’autonomie de notre région qui se trouve mis à mal.

Il l’est, au moins à deux niveaux.

Le premier est par rapport à nos citoyens et populations, qui n’ont été consultés et encore moins associés – ni de près ou ni de loin – à cette initiative qui les engage malgré eux quant au retombées négatives qu’ils pourront subir à cet effet.

Le second concerne la conduite même de ce projet et sa concrétisation. En effet nous sommes passés d’une démarche autonomiste négociable, avec le régime en place, à celle d’une indépendance qui ne dit pas son nom. Et cette situation nous met, à présent, dans une impasse.

Hormis ceux qui prennent leurs vessies pour des lanternes, personne ne pourra croire un seul instant que le régime d’Alger se mettra autour d’une table pour négocier avec un GPK aux allures d’un instrument pour l’indépendance d’une région du pays, dans tous les sens du terme.

Que restera-t-il comme alternative, à la fois, au MAK qui a cautionné en victime consentante cet acte et le GPK, devant le silence et l’indifférence simulés par le pouvoir d’Alger ? C’est à cette interrogation que le GPK, donc son président, doit répondre !

Que faire et avec qui ?

Les militants, sincères, du MAK, les autonomistes, les partis politiques à ancrage kabyle et toute la société civile de la région, ont le devoir de s’exprimer par rapport à cet événement.

Au-delà, ce sont les Kabyles qui croient en la justesse de cette autonomie comme destin de la Kabylie et comme moyen de la soustraire des griffes du pouvoir d’Alger, qu’incombe la mission de reprendre l’action.

Certes, le temps presse ! Pour autant aucun édifice érigé dans la précipitation ne pourra résister à la moindre secousse.

Nos populations qui subissent les affres de la répression et les dénis de toute sorte sont lassées de voir nos rangs divisés et défaits. Il est pourtant clair, pour tous, que rien ne pourrait être construit sur ces champs de ruines que nos échecs répétés offrent à la vue de tout le monde.

Il est venu le moment où chacun de nous doit faire son examen de conscience sans conteste, c’est de notre capacité à transcender nos égos que pourra venir notre salut et non dans la reconduction des schémas éculés et destructeurs. Nous sommes debout, dos au néant, et nous ne pouvons plus reculer et, si par malheur nous l’oublions nous nous précipiterons, à jamais, dans le vide !

Ahcène Belkacemi, Militant autonomiste

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