La Kabylie va bien, merci !

Depuis « l’indépendance », la population a « triplé et demi ». Les productions ont stagné, voire régressé. Qu’importe ! Le pétrole se vend bien et gonfle le matelas national de dollars.

Les pays occidentaux produisent pour l’Algérie : friperie, blé, lait, huile, sucres, viande …

L’aéroport international d’Alger, achevé vingt ans après son lancement, n’a rien à envier à ses homologues occidentaux.

L’extrême densité de la circulation automobile donne l’illusion d’un pays hyper développé. Sud coréennes, françaises, italiennes, allemandes et, japonaises : les voitures de tourisme se bousculent ; se côtoient, se heurtent, blessent, tuent, se dépassent sur des routes dépassées, encombrées, délabrées.

L’Algérie n’a jamais compté autant de milliardaires. Des bidonvilles de luxe déparent les périphéries des grandes villes.

Tandis que les autorités ferment les écoles privées qui enseignaient en langue française, les parents riches et/ou influents scolarisent leur progéniture en France, en Suisse, aux États-Unis…

En Algérie proclamé arabo-musulman, les aspirations de la jeunesse vont vers l’Occident chrétien ou athée.
On entend affirmer que, de la base au sommet, la corruption gangrène le corps social, que le permis de conduire peut s’acheter, que le bac peut s’acheter, qu’un certificat médical peut s’acheter, une décision de justice peut s’acheter …
Les villes et villages croulent sous les ordures. Désormais, on parle d’Alger l’ex blanche. Les campagnes jadis si belles, si pures, ont l’air de poubelles à ciel ouvert.

La santé des citoyens est parfaite. Les riches et les puissants se font soigner dans des cliniques privées, en Algérie ou à l’étranger. Pour les pauvres, les queues dans les salles d’attente des hôpitaux ; le retour de la tuberculose, les médicaments hors de prix ou inexistants, sans parler des nombreuses maladies génétiques, qui ne sont pas prises en charge. Des jeunes enfants décèdent en Kabylie, qu’en Occident, où leur maladie est prise en charge, ils peuvent vivre jusqu’à un âge respectable …

L’Algérie rattrape son retard sur les pays développés : Drogue et délinquance des mineurs, prostitution…

En dehors de la Kabylie, le foulard islamique tend à se généraliser. Les mosquées ne désemplissent pas. Les prieurs débordent sur les chaussées en attendant que soit achevée la plus grande mosquée de toutes les Afriques.
Une seule fausse note : l’évangélisation en Kabylie donne de l’urticaire à certains musulmans. Affichée dans cette région frondeuse, elle existe ailleurs avec discrétion.

La Kabylie va bien merci !

« Tamazight » s’est vue reconnaître le statut de langue nationale. Pour celui de langue officielle, Bouteflika a dit qu’aucun pays ne possède plusieurs langues officielles et que, lui vivant, jamais Tamazight… Il est vrai qu’un chantre kabyle doté d’une paire de moustaches, Aït Menguellat, pour ne pas le citer, l’a vivement applaudit…

Il est vrai aussi que l’on utilise à tort et à travers ce terme générique qui tend à mieux occulter les Kabyles. Utiliser le terme kabyle serait reconnaître notre existence, alors que dire « nous sommes tous Imazighen » (même bouteflikaka le dit), permet de nous étouffer chaque jour davantage, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain, car même les Kabyles utilisent ce mot pour se désigner et cela ne semble pas les déranger.
Les Kabyles préfèrent s’effacer devant un terme générique qui ne les désigne pas nommément. Ainsi nous avons entendu ou lu des déclarations de ce genre « untel donnera un récital en “tamazighte” ». Il ne viendrait à l’idée de personne d’écrire « untel chantera en européen ».

La Kabylie va bien merci !

Lors d’une réunion, dans un café parisien, alors qu’un des participants parlait du mal-être de la Kabylie, un moustachu qui chante aussi et a eu la mauvaise idée de faire de la politique a répliqué, en faisant une grimace tout en lissant ses moustaches, que « la Kabylie ne va pas mal, c’est juste un prétexte pour affaiblir le … » en citant le nom de son mouvement. Ce président omnipotent, omniscient ne réagit que si l’on attaque sa petite personne, mais ne pipe mot lorsqu’il s’agit de ce qui peut entacher la Kabylie ou les Kabyles.

A force de se regarder le nombril, ces politiques, qui vivent l’un en Suisse, l’autre dans la banlieue parisienne, font mine de ne pas savoir pourquoi les jeunes kabyles préfèrent se noyer dans la grande bleue ou épouser des femmes de l’âge de leur grand-mère plutôt que de continuer à vivre dans un pays où ils n’ont aucun avenir.

Il est vrai qu’il est plus agréable de faire de la politique en vivant loin des problèmes rencontrés au quotidien par les Kabyles, que confronté à la réalité, misère, chômage, crise du logement, coupures d’eau potable,…

La Kabylie ira mieux demain… lorsque ces zaïms cesseront de diffamer les militants sincères en leur inventant des accointances avec le pouvoir algérien.

La Kabylie ira mieux demain… lorsque ces zaïms cesseront d’être des adeptes de la pensée unique, la leur.

La Kabylie ira mieux demain… lorsque ces zaïms cesseront d’imposer leur avis qui n’intéresse que leurs groupies.

 

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