La pauvreté : une richesse de l’être

Je suis un homme très pauvre et presque tout le monde le sait, je ne vois pas pourquoi je vais vous le cacher et en plus ; je sais que vous ne pouvez absolument rien faire pour moi. En ce moment, je suis à Paris et franchement, ce n’est pas le meilleur endroit pour être pauvre. Avant-hier, j’ai osé regarder dans mes poches, chose que je fais rarement parce qu’il n’y a jamais rien. Mais, je m’attends toujours à un miracle… et figurez-vous qu’il s’est produit. Je sors de ma poche 5.15 euros, je ne pouvais pas croire en ma chance. J’ai levé la tête vers le ciel et j’ai remercié mon bienfaiteur. Je prends les 5 euros et je les jette par la fenêtre et je garde les 15 centimes. Je ne voulais pas succomber à la tentation de fabriquer une bombe atomique avec l’immense somme de 5 euros.

Ma seule richesse pour le moment, c’est ma connexion haut-débit Internet, ce n’est même pas la mienne, c’est celle de ma mère. Alors, j’ai trouvé une stratégie toute simple pour m’enrichir. Je me connecte à Facebook et je demande à tout le monde de devenir mon ami. On me dit toujours que l’amitié est une richesse en elle-même, l’argent vient… et part – dans mon cas, il part et il ne revient jamais – il n’y a que les gens qui restent. Enfin… vous connaissez le reste. Alors, j’invite tout le monde à être mon ami. J’avais l’impression d’être un officier Nazi embarquant les juifs dans un train en direction d’Auschwitz. J’ai honte de rappeler ce temps macabre, mais j’étais trop pauvre pour choisir ma destination. Je me suis senti mal, très mal de déranger des gens pour leur soutirer leur amitié… mais, j’ai réussi à élargir ma liste considérablement.

Faire des demandes d’amitié sur Facebook, c’est comme une loterie : on n’est pas sûr de gagner, mais il faut y jouer pour gagner. J’ai découvert des gens merveilleux que j’adore déjà. Mais hier matin, juste une ombre avec un pseudo de femme me demande : « Mosieur, avent de devinir ton ami vous avez quil nivau svp ? » Figurez-vous que je ne savais pas quoi répondre. Après un long moment, je réponds : « Madame, si vous en êtes une. Je ne peux pas vous dire quel niveau que j’ai, mais néanmoins je peux vous dire à quel niveau je suis tombé. Je suis au plus bas niveau, car je commence à rencontrer des gens comme vous sur mon passage. »

Voilà !! Je veux souhaiter la bienvenue à tous mes nouveaux bons amis et je vous remercie de m’honorer de votre présence. Merci d’être là !

Hmimi O’Vrahem

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