Laissez-moi rêver

C’est avec un énorme soulagement que nous avons appris la nouvelle de la main tendue de Saïd Sadi, le président du RCD, à son aîné Hocine Ait-Ahmed, président du FFS. Paraît-il que ce dernier, dans une émission sur BRTV a répondu favorablement même si la réponse était à mots voilés. Il ne manquerait que Ferhat Mehenni du MAK pour parachever la trinité (le père, le fils et le saint esprit). Ne sursautez pas, je ne suis ni chrétien, ni musulman…Je ne suis qu’un enfant de Kabylie qui aspire à voir ses enfants grandir dans cette autre trinité : Tamazight, Tayri, Talwit, et tout ce que peuvent signifier ses mots : liberté, amitié, amour, paix, union, démocratie, modernité, culture et langue berbère… Des choses évidentes et indispensables pour le projet de société auquel nous aspirons.

Un rêve me diriez-vous ! C’est vrai que c’en est un. Je viens de vivre ses prémices en cette fin du mois de septembre, et c’est avec un grand plaisir que je vous le fais partager…

Dans mon rêve, j’ai vu un avion avec un grand « KABYLIA Airlines » atterrir à l’aéroport de Bgayet. La carlingue s’ouvre et un vieil homme aux cheveux blanchis par l’exil entame la descente : espiègle, la taille bien droite, sous son burnous plus blanc que la neige immaculée du Djurdjura, on pouvait distinguer un costard taillé sur mesure. L’homme avait beaucoup de classe même en l’absence de la cravate : il fait tellement chaud ce jour-là, et l’homme semble ne pas trop aimer le protocole ; au diable la cravate quand on est en famille. De son regard vif il scrute la piste… « Où sont-ils, où sont-ils ? » Se demandait-il … Soudain coup, comme dirait notre ministre de la culture Moh Said Fellag, retentit « d aghurru » (hymne national, version Lounès Matoub) suivi par « Tizi n wassa » de Ferhat Imazighen Imula. Retour ligne automatique
Incroyable mais vrai, le vieux bonhomme connaît par cœur les deux chants qu’on vient d’écouter dans un silence plus que religieux. Puis des dizaines de milliers de youyous fusent de tous les coins de l’aérodrome. Yemma Gouraya renvoie l’écho vers Lalla Xdija, qui à son tour le transmet vers Sidi Balwa… En quelques secondes toutes les femmes de Kabylie répondent à l’unisson à l’écho des trois saints, et tous les hommes de Kabylie eurent cet incroyable frémissement traverser leurs corps : la chair de poule était délicieuse…

Le vieil homme n’avait pas encore fini de se poser la question : « Où sont-ils, où sont-ils ? » quand un sourire malicieux orna son visage, il venait juste d’apercevoir ses enfants. Il les a tout de suite reconnus malgré leurs cheveux sel et poivre, Said et Ferhat, main dans la main s’avancent à sa rencontre en souriant eux aussi, je pouvais aussi distinguer Mokrane Ait Larbi, Said Khellil et beaucoup d’autres visages connus (les anciens quoi !) Dans cette procession … Au moment où il allait les serrer dans ses bras la sonnerie de mon téléphone retentit… Je me réveille et décroche ; une voix très familière m’annonça que 79 % des algériens ont voté « oui » pour le référendum sur la ré- con -ciliation nationale ! Je lui réponds sans réfléchir : « – Ce n’est rien, ils ne sont pas responsables de leurs actes, et de toute façon on a l’habitude…. Mais dis-moi plutôt si l’ancien a pu serrer ses enfants dans ses bras ??? La voix très familière me traita de fou sur le champ : elle n’avait rien compris à ma question ! Et moi je lui ai raccroché au nez sans lui raconter mon rêve.

Au fait si on organisait un référendum en Kabylie, juste pour savoir combien de kabyles diront « oui » pour que mon rêve se réalise !!!

Mazighuc

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