L’Algérie et la maladie du bouc-émissaire

Aucun système politique et social ne peut durer sans satisfaire les besoins élémentaires du peuple. Malgré les crises successives qui frappent l’Algérie et ses répercussions sur la société, elles n’ont pas mis fin à la lune de miel entre le peuple algérien et ses dirigeants, c’est phénoménal !

Construire l’échec est le seul chantier qui a bien fonctionné depuis l’indépendance. L’armée et la bureaucratie ont scellé leur alliance, le recours au peuple en cas de besoin est destiné à sauver le système sans soucier des intérêts des Algériens.Retour ligne manuel
La question qui taraude l’Algérien averti, c’est ce divorce qui tarde à venir.

Les résistances naïves, sincères, aussi courtes et isolées soient-elles, ne suffisent pas à ébranler les fondements du pouvoir et à déclencher une nouvelle dynamique politique et de gestion capable de redonner l’espoir. Le pouvoir sait réprimer en se donnant tous les moyens. Ils mobilisent l’Administration, l’armée, l’ENTV et le peuple contre toutes voix qui manifestent le désaccord avec sa tradition politique.

Crier à l’instrumentalisation politique et la manipulation étrangère est l’une des armes les plus sophistiquées que nos dirigeants utilisent pour répondre à chaque problème.

Cette intention maligne à imputer la grogne des Algériens à une instrumentalisation et à une volonté de porter atteinte aux valeurs et à la cohésion nationale est l’essence même du système.

À travers ses discours, son unique chaîne de télévisions, ses programmes éducatifs, le sous développement, les pénuries, ses islamistes, ses moyens répressifs, le pouvoir a façonné un peuple soumis, sans repères. Accepter le fait accompli, excès de patience, donner un sens divin à toutes choses sont devenus, des caractéristiques, l’image même de l’Algérien.

Les Algériens ont perdu la plus belle chose humaine, la capacité à mesurer, évaluer et à discerner les choses avec le souci de créer des conditions pour édifier une république démocratique et de se débarrasser de cette culture qui consiste à charger les autres pour justifier ses malheurs et ses échecs.

L’autonomie intellectuelle est un droit à un positionnement différent des autres, de dominer ses craintes, d’accepter les opinions différentes des siennes, permettre le débat d’idées, d’aller au bout de sa tâche, de ses options, de ses choix pour le bien du groupe.

Le peuple algérien est sous tutelle, l’école algérienne n’assume pas sa mission et pourtant l’avenir des peuples se joue à l’école et l’autonomie intellectuelle n’est pas passée par-là et la prospérité, la stabilité ont tourné le dos et l’éveil, me semble-t-il, n’est pas pour demain.

Kabyle c tout

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