L’arboriculture dans une Kabylie libre

Acu ar’ ann-ečč dans une Kabylie libre ?

Il s’agit de l’arbre de la vie, pas du pommier mythique dont nos supposés ancêtres Adam et Ève auraient mangé le fruit, mais de tous les arbres, les fruitiers comme les forestiers. Et si, chers compatriotes, vous vous posez toujours la lancinante question « acu ara netc ? » l’une des réponses est simple : Plantez des arbres, prenez-en soin, transformez la Kabylie en un florissant verger et vous ne connaîtrez pas la faim.

Facile à conseiller, penseront les éternels sceptiques, les défaitistes de profession. En l’occurrence, la situation actuelle est désastreuse. Nous tournons le dos à l’arbre quand nous ne l’exposons pas aux incendies de forêt. Sommes-nous en passe de devenir les Hilaliens du 21ème siècle ?

Il n’y a déjà plus de cerises en Kabylie, il en sera bientôt de même pour les figues. Pourtant, nos ancêtres en vivaient : ils avaient la passion et le respect de l’arbre. Ils croyaient, eux dont les références étaient exclusivement religieuses, que le fait de planter un arbre était en soi un acte de piété. Pourtant, avec leurs méthodes archaïques, ils étaient loin du compte Mais trêve de plaisanterie. Le premier problème est celui des outils.

L’outillage

Nous utilisons des outils de mauvaise qualité quand ils sont fabriqués chez nous. La pioche et la pelle fatiguent le travailleur, s’usent vite, ne permettent pas un travail efficace. Il y a des pioches-pic dont la pointe se tord au premier choc contre un silex, des pelles dont l’extrémité se plie à l’usage ; quant au sécateur, importé de Taiwan, j’en ai eu un qui a duré une seule matinée. Il en est de même pour la scie égoïne algérienne avec sa lame aussi mince que du fer blanc. Je ne parle pas de la barre à mine, on ne sait plus ce que c’est. Et j’en passe !Retour ligne automatique
Pour avoir des outils de bonne qualité, il faut les faire venir de l’Europe occidentale mais avec le désastreux taux de change (1 Euro pour 90 dinars au taux officiel) ils reviennent très cher. Exemple : une pioche-hache importée d’Espagne coûte 1.300 dinars, soit 16% du SMIG. Comment résoudre ce problème ?

Un État soucieux du sort de ses sujets accorderait à chaque arboriculteur une prime d’équipement pour réduire le poids des achats de l’outillage. A condition de contrôler le bon usage de ces primes. L’idéal serait de s’organiser pour fabriquer des outils de bonne qualité. Il appartient à nos industriels actuels ou futurs de trouver la solution.

Voici maintenant la liste, non exhaustive, des principaux outils (désolé pour la monotonie de l’énumération !) : pioche-hache, pioche-pic, houe, crochet béchard, bêche, binette, pelle, fourche, râteau, sécateur, serpette, couteau à parer ; scie à bûches, scie égoïne, passe-partout, couteau à greffer, cisaille, barre à mine, masse, coins, brouette, escabeau, échelle coulissante, corde, double panier à passerelle.

Jadis, aucun paysan kabyle ne connaissait la totalité de ces outils. Il y a fort à parier que personne ne les possède tous actuellement et ce pour quatre raisons : l’ignorance de leur utilité, le fait qu’on ne puisse pas tous les trouver en Algérie, leur coût élevé, une certaine paresse mentale qui dissuade de s’équiper pour obtenir une rentabilité maximum. On peut qualifier ce dernier point de « mentalité de l’à peu près. »
L’un des éléments de l’immense supériorité des rendements de l’agriculture européenne réside dans le fait d’utiliser tous ces outils et de savoir s’en servir.

Il serait bon que, dans chaque village kabyle, quelques paysans possèdent un motoculteur, une tronçonneuse, une paire de bœufs et une charrue pour exécuter du travail à façon. C’est un investissement à rentabilité immédiate. Par exemple, la taille de régénération d’un olivier nécessite deux heures de tronçonneuse et rapporte 1.000 dinars (l’intervention sur 8 oliviers, en deux jours, rapporte un mois de SMIG.) La journée de labour avec des bœufs rapporte 2.000 dinars (4 jours de labourage = 1 mois De SMIG.)

Se pose maintenant l’épineux problème du financement.
Il fera l’objet du prochain exposé.

Hocine Benhamza

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