Le Café littéraire de Béjaïa : cri d’indignation et de détresse

Suite aux actes gravissimes de violence et d’intolérance islamistes dont sont victimes quelques citoyens qui s’étaient rendus au déjeuner public pour la liberté de conscience et contre l’inquisition intégriste, qui allait avoir lieu le 19 juillet 2014 au niveau de l’esplanade de la Maison de la culture de Bejaïa, rassemblement qui, faut-il le souligner, a péché par l’irresponsabilité de certains initiateurs.

Initiateurs qui ont reproduit le bâclage du même déjeuner qui a eu lieu le 03 juillet à Tizi-Ouzou avec, en dehors d’un petit espace sur Facebook, une absence flagrante de la moindre stratégie d’organisation et de communication en direction du peuple Kabyle, traditionnellement, farouchement opposé aux mouvements islamistes et acquis aux valeurs de laïcité et de liberté, d’où le nombre de participants réduit à une vingtaine de personnes (seraient-ils plus nombreux si les premiers non jeûneurs n’avaient pas été attaqués ?), à Béjaïa, qui se sont retrouvés cernés et violemment agressés par une meute d’une petite centaine d’intégristes islamistes causant quelques blessés dont une jeune fille lynchée, le tout s’étant produit dans l’impunité la plus absolue et le silence lâche et complice des pseudos opposants du RCD, du FFS et autres politicards de pacotilles qui préfèrent les flirts, dans les palaces algérois, avec les déchets du régime, avec leurs nouveaux alliés islamistes de tout acabit et, comble de la prostitution, avec des sanguinaires terroristes qui ont mis à feu et à sang l’Algérie durant de très longues années.

Dans cet océan de lâcheté et de haute trahison, on aura noté quelques îlots de dignité à travers, d’abord, la réaction du MAK, ensuite l’indignation timides sur les réseaux sociaux de quelques rares artistes et autres intellectuels et, enfin, à travers le cri d’indignation et de détresse à la mesure de la gravité du moment, émanant du dynamique et digne collectif du Café Littéraire de Béjaïa dont nous saluons le courage et la justesse du propos (Lire le communiqué ci-joint) par lequel tout le monde, en Kabylie et ailleurs, est plus que jamais interpellé pour contrecarrer solidairement la menace de l’offensive islamiste qui tente de reproduire en Kabylie ce que la Kabylie a empêché héroïquement en Algérie, à savoir la kaboulisation par l’instauration de la charia.

Allas DI TLELLI


Jugeons les agresseurs des défenseurs de la liberté de conscience !

Des extrémistes religieux d’obédience salafiste se sont attaqués avec une violence barbare sur les défenseurs de la liberté de conscience qui étaient rassemblés dans la matinée du samedi 19 juillet 2014 sur l’esplanade de la maison de la culture Taos Amrouche de Bejaïa.

Selon des témoignages, à peine le premier groupe de manifestants était-il arrivé sur les lieux, déployant une banderole sur laquelle est écrit ce slogan phare, « contre l’inquisition, pour la liberté de conscience et de culte », que de nombreux intégristes, aidés par des riverains acquis à leur idéologie fasciste, se sont jeté sur eux en les rouant de coups avec une rare férocité. Personne n’a échappé à cette horrible opération de lynchage, lancée les cris stridents de « Allah Akbar ! », comme elle aurait bien pu se passer sous les cieux assombris d’Afghanistan ou de l’Arabie Saoudite.

Une jeune fille, se trouvant sur les lieux, se distingua par sa grande bravoure en défiant les intégristes en assumant sa pleine participation au rassemblement. Elle le payera chèrement en se faisant lâchement agressée. Elle aura racheté, à elle seule, par son seul acte de défiance, la conscience des adeptes de l’aplaventrisme et du renoncement éternel.

Emportés par cet élan victorieux et profitant du climat d’impunité totale dont bénéficie le courant intégriste violent en Algérie, les assaillants se sont adjugé une autre victoire, sans même livrer bataille, en obtenant l’interdiction par les autorités de l’organisation de soirées artistiques sur l’esplanade de la maison de la culture, alors que celles-ci se déroulaient après la prière du soir et qu’elles ne causaient aucun désagrément, de l’aveu même des fidèles. C’est ainsi que le festival du rire organisé par le comité des fêtes de la ville de Bejaïa, qui devait se tenir jusqu’au 20 juillet 2014 sur cette même esplanade, a été annulé par les autorités dès le 19 juillet. Cette reculade officielle montre à qui veut bien voir la complicité criminelle du pouvoir dans cette montée fulgurante de l’intégrisme religieux dans notre société.

La condamnation de cette sauvagerie moyenâgeuse avec des mots est insuffisante pour ne pas dire presque inutile, car il s’agit là d’un début d’un long cycle de violence zigouillant sous un glaive intégriste toute personne voulant tout simplement vivre librement et sans aucune injonction religieuse dans son propre pays.

Si l’on ne rétorque pas dignement par une manifestation d’une grande ampleur pour dénoncer d’une voix forte cette humiliante agression publique sur des citoyennes et citoyens dignes, si les agresseurs et leurs commanditaires ne sont pas traduits devant les tribunaux, si l’on ne construit pas tout de suite un vrai mouvement de laïcisation ou sécularisation de la société, si nos intellectuels, artistes, universitaires et des associations ne se mobilisent avec constance pour démystifier et contrecarrer « l’irruption massive du phénomène islamiste », la religion sera de plus en plus sollicitée comme instrument politique pour exercer une pression et un contrôle social sur le comportement des citoyens, selon l’analyse d’un sociologue algérien. Autrement dit, c’est tout un peuple qui serait asservi, dompté et mis sous un hidjab et dans un kamis.

Le café littéraire de Bejaïa
Le dimanche 20 juillet 2014

 

1 Commentaire

  1. une seul remarque:quand nous avons libéré le pays nous ne portions ni kamis ni hidjab et les martyrs en mourrant disaient ALLAH HOUA AKBAR .o ù étaient ces salafistes donneurs de leçon? Alors nous on continuent d’être ce que nous avons été et ns continuerons notre lutte de liberation du sous-developpement et de l’obscurantisme

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