Le Pouvoir algérien annule les activités commémoratives du printemps berbère en Kabylie

Au motif de la mort de Ali Kafi, le pouvoir arabo-islamiste algérien décrète une semaine de deuil. Jusque-là, rien d’étonnant, ça se passe entre les loups. En revanche, le ministère de l’éducation qui incite les enseignants, notamment ceux de la langue arabe en Kabylie, de consacrer des séances entières pour faire découvrir et aimer le chantre de l’arabo-islamiste, Ibn Badis, à nos enfants de la préparatoire (5 ans) jusqu’au lycée, saisissant l’occasion du décès de l’anti-kabyle Ali Kafi, vient de transmettre une note à tous les directeurs des établissements scolaires et autres proviseurs (lycées) leur intimant l’ordre de respecter « le deuil national » et d’annuler illico toutes les activités prévues durant cette période…

En effet, chaque année, sont organisées dans l’enceinte des établissements scolaires, par l’administration, pour des lycéens de Kabylie totalement indifférents, des activités (Expositions, conférences…), toujours les mêmes, dédiées à ce que le pouvoir appelle « yaoum al âilm » (le jour du savoir) en hommage au « âlim » Ibn Badis (Pl. « uléma » : théologiens musulmans) et qui coïncide avec le jour de la mort de l’auteur de ces célèbres vers infligés à nos enfants tout au long de leur scolarité :

Chaâbou al djaza’îrou mouslimou / Le peuple algérien est musulmanRetour ligne manuel
- Oua ila al’âouroubati yantasib / A l’arabité il appartientRetour ligne manuel
- Man qala hada ân aslihi / Quiconque dit autre chose sur ses originesRetour ligne manuel
- Aou qala mata qad kadhab / Ou dit qu’il n’est plus, est un fabulateur.

[Abdelhamid Ibn Badis]

Sauf que dans le sillage de ce deuil (Mort de Ali Kafi) et de la note du ministère de l’éducation portant annulation des activités liées à la célébration de l’arabo-islamiste Ibn Badis, les directeurs des établissements scolaires (tous ?) en Kabylie ont étrangement et lâchement accepté d’annuler aussi les activités organisées chaque année, cette fois-ci par les élèves, pour célébrer les événements du printemps de Kabylie d’avril 1980, plus connus sous le nom de « printemps berbère » !

Devant une telle offensive mettant en exergue tout le machiavélisme du régime algérien qui, contrairement aux allégations des néo-bouteflikistes kabyles, ne s’encombre même pas de précautions pour montrer que son racisme et son anti-kabylisme n’ont pas pris une seule ride, les directeurs et proviseurs kabyles exerçant en Kabylie qui ont accepté et qui appliquent cette inacceptable directive du pouvoir algérien, se déshonorent et la Kabylie s’en souviendra.

Cette situation met également en évidence le degré de régression et de mutilation identitaire atteint par les lycéens de Kabylie et la communauté estudiantine d’aujourd’hui qui adoptent un profil bas à la limite de la soumission face à ce genre d’assauts qui, durant les dures années de plomb au temps de la redouté dictature du parti unique, auraient suscité leur colère et la mobilisation de tous les lycéens et de tous les étudiants de Kabylie. Idem pour les sigles politiques et autres organisations culturelles…d’essence kabyle qui, par leur silence coupable, démontrent encore une fois, l’étendue de leur perversion politique et combien la Kabylie, l’identité, la culture ancestrale et la mémoire d’avril 80… auront cédé la place, au sein de ces chapelles rongées par le clanisme, le carriérisme et l’opportunisme primaire, à des préoccupations autrement plus restreintes d’ordre matérialiste, financière…

Jusqu’où les limites de cette violation de la conscience identitaire de la Kabylie pourront-elles être poussées par le régime arabo-islamiste pour que la Kabylie daigne enfin réagir pour se défendre ? N’y aurait-il même plus de résidu de cette fierté kabyle pour accepter jusqu’à sacrifier le « 20 avril 1980 » pour honorer un anti-Kabyle primaire et un symbole de l’arabo-islamisme ?

Allas DI TLELLI

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