Le régime colonial algérien mobilise toute une brigade de gendarmerie contre un drapeau kabyle à Tizi N’Berber

Pauvres tortionnaires, l'Histoire est le garant de votre procès et le peuple sera toujours là pour vous condamner.

Kabylie (Kabyles.com) Il y a eu une réunion extraordinaire des moribonds du palais d’El Mouradia pour discuter du drapeau kabyle. Monsieur Ahmed Ouyahia, le premier ministre de l’Algérie coloniale, est tenace : “le MAK-Anavad et le drapeau kabyle sont une menace pour nous”, a-t-il annoncé à cor et à cri. Fin de la discussion. Bilan de la rencontre de ces séniles s’arrête sur l’urgence de mobiliser leur meute de larbins pour sévir en Kabylie. Tous les services de police et de gendarmerie implantés en Kabylie doivent exécuter l’ordre d’ôter le drapeau kabyle et le faire disparaitre. C’est Ouyahia lui-même qui appelle le Wali de Vgayet pour le forcer à passer à l’action. M. Mohamed Hattab, aussitôt qu’il a fini avec son premier ministre, pris son cellulaire et ordonna à madame Talbi Malika, chef de daïra d’Aoukas, d’aviser monsieur Mouhli Lounés, le maire de la commune de Tizi N’Berber, de l’urgence de la mission.

-Eff…effectivement madame Tttabli, nous avons un drapeau qui fflotte à Tazrourte et Tiboualamine, bégaye monsieur Mouhli. D’ailleurs on m’a rapporté que lors d’une opération de ratissage dans les hauteurs de cette région un membre de l’armée, un soldat du campement d’Aoukas, a exécuté un salut d’honneur devant ce drapeau, main gauche sur son cœur et l’autre main sur son front. C’est le drapeau de la nation kabyle a-t-il répondu à son supérieur lorsque ce dernier l’a interrogé sur la raison de son geste. Il parait que c’est un engagé tlemcenien, en plus…

-Avez-vous compris la consigne monsieur Lounès ? Je n’ai pas le temps, car je dois avertir les autres pour qu’ils puissent garder leur poste bien rémunéré et s’éviter aussi des ennuis. Grouille monsieur Mouhli grouille ! En fait, bonne année 2018.

-Bonne journée, répond Mouhli et raccroche.

Il est 12h…moi, nouveau maire de Tizi N’Berber , murmure -t-il dans son bureau ! Ma première sortie publique n’est pas vraiment honorable pour moi, car ce n’est pas pour réparer les routes délabrées de cette glorieuse localité ni pour améliorer la vie de ses braves habitants, ni pour inaugurer une maison de jeune, ni pour souligner l’achèvement ou le lancement d’un quelconque projet mais pour arracher le drapeau kabyle, l’emblème d’une Kabylie insoumise, libre et indépendante, fixé par mes citoyens de Tizi N’Berber. Oui, Tizi N’Berber « le col du lieu couvert ». Mais pourquoi la Kabylie n’a pas le droit d’avoir un drapeau ? S’interroge-t-il. Quand on est engagé dans un système pourri on ne peut se plaindre des vilaines missions et c’est toujours les médiocres qui se chargent des sales besognes. Appelons les chiens !

Il reprend son téléphone et sélectionne le numéro du commando de la gendarmerie et transmet à son tour les consignes de ses maîtres. Le commando était déjà au courant.

-Nous sommes près et prêt pour le raid monsieur le maire.

À l’image des offensives de l’armée française à l’époque de la colonisation, l’assaut a été donné vers 13h, le 3 janvier. Une dizaine de véhicules de la gendarmerie soutenus par un bulldozer sont requis pour assiéger l’intersection de la route qui serpente les monts de Tizi N’Berber où flotte le drapeau de la Kabylie. Mouhli Lounès était sur place accompagné d’une armada de gendarmes pour arracher l’emblème d’un peuple qui refuse l’asservissement et l’aliénation que le régime algérien mafieux et sanguinaire veut imposer aux Kabyles. Comme les citoyens de cette localité ont contribué à la libération de la Kabylie du colonialisme français, ils refusent encore qu’un autre colonialisme celui de l’Algérie prenne place. Toutefois, à ce moment là, la retenue a été privilégiée.

Le délit a été commis devant de nombreuses personnes. Dans un climat de grande tension et sous les huées de l’assistance le bulldozer s’est avancé et a brisé le mât du drapeau. Il est tombé par terre. Encore une fois, le caractère pacifique de la lutte des Kabyles pour leur indépendance a triomphé sur la barbarie. Tazrourte, Tiboualamine, Tifernine, Timaarest.Imdane, Medkhour, Aroussa, Iourissène, Bourbia, Taliouine, Tizi Oual, Idlesse, Takaoukaout, Bouamara, Timssiet, Aguani N’Tmana, Ighil Ouis, Tizi El Khemis…En dépit de la désespérante folie du colonialisme algérien, plus de douze mille habitants de la commune de Tizi N’Berber, par leur volonté et la détermination de sa coordination du MAK-Anavad ont eu la sagesse de ne pas céder à la provocation et ont fait face à la rage des autorités coloniales algériennes avec calme et intelligence.

Les escadrons de la mort ont quitté le lieu de leur crime en croyant que par leur violence aveugle ont parvenu à mettre fin à la volonté du peuple. Bien au contraire, cet événement s’est inscrit dans l’histoire de la Kabylie indomptable et dont les Kabyles se souviendront toujours.

Les habitants de Tizi N’Berber sont très attachés aux valeurs kabyles et à leurs traditions millénaires. Ils ont une grande histoire et une culture libératrice. Tizi N’Berber Tamurt n-nif d-alharma, terre d’honneur et de dignité. Sans délai, ils ont hissé un nouveau drapeau kabyle pour proclamer une Kabylie libre et indépendante.

Quant à Mohamed Hattab, Talbi Malika, Mouhli Lounés et leurs acolytes, notamment Idir qui fredonne à l’instant en chœur à la Coupole d’Alger Ugadr l_wahche lghabav (J’ai peur du monstre de la forêt), ils seront bien rassurés par le régime colonial algérien et par ses services de répression qui sont entrés dans l’enceinte du Centre hospitalier universitaire Mustapha Pacha pour agresser à coups de matraque les médecins résidents qui réclament pacifiquement, lors d’un sit-in, de meilleures conditions de travail.

Pauvres tortionnaires, l’Histoire est le garant de votre procès et le peuple sera toujours là pour vous condamner.

Vive la Kabylie libre et indépendante.

A.B

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