Les blessés de Kabylie

Contre l’oubli et l’impunité

L’association des blessés kabyles a commémoré samedi 23 avril le dixième anniversaire du printemps noir de Kabylie à la salle Jeanne d’Arc dans le 18ème arrondissement de Paris. Les participants ont découvert un film et une exposition de coupures de journaux relatant les événements de 2001. Une dizaine de portraits des victimes ont orné les murs comme pour rappeler la gravité de la rencontre placée sous le signe de « la lutte contre l’oubli et l’impunité ». 128 morts et 3.500 blessés tel est le lourd tribut payé par la jeunesse kabyle.

Plusieurs intervenants se sont succédé au micro. Certains sont revenus sur les manifestations qui ont endeuillé la Kabylie. D’autres se sont étalés sur les révolutions arabes et leurs répercussions éventuelles sur le régime d’Alger. Le débat fut par moments houleux entre les partisans de « l’Algérie libre et démocratique » et les fervents de l’autonomie de la Kabylie.

« Une fois la question de l’impunité du pouvoir résolue, on pourra ensuite évoquer l’histoire de l’autonomie. » dira Hakim Arezki, une des victimes du printemps noir 2001. Ce trentenaire souffre d’une cécité totale causée par les tirs d’un gendarme du côté d’Azazga. Ce handicap ne l’a pas empêché de se mettre à la musique. Il a gratifié l’assistance de quelques chansons de Matoub, de Slimane Azem, de Idir… et de son cru. Il a apaisé l’espace de quelques minutes les esprits et réconcilié les participants autour de superbes mélodies. Des perles d’espoir dans une commémoration douloureuse.

Farid Bouhanik

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