Les filles kabyles : Robe kabyle, jupe ou hidjab ?

Il n’est nullement question, dans ce propos, de dicter à la femme Kabyle comment elle doit s’habiller, ni de quoi devrait être remplie sa garde-robe. Elle est majeure et suffisamment intelligente pour jouir de sa pleine liberté à choisir ce qui lui plait et qui l’a rendu, jusque-là, aussi belle que toutes les femmes libres de part le monde. Ce propos n’est donc qu’un coup de gueule, encore un autre, destiné à éclairer, définitivement, certaines zones d’ombre qu’entretiennent sciemment les tenants de l’arabo-islamisme afin d’induire en erreur nos adolescentes et certains de nos concitoyens un peu loin des enjeux sociétaux qui se cachent derrière ce qui apparait comme une entreprise manifeste visant à tenter de voiler la femme de Kabylie. Le pouvoir et les mouvements islamistes de tout acabit s’y attèlent déjà depuis 1962. En vain. Rappelez-vous aussi El Qaradhaoui, invité de la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou en 2006, où, devant tous les islamistes de la Kabylie qui n’avaient même pas pu remplir la grande salle de ce haut lieu de la culture kabyle, souillé ce jour-là par l’invitation faite à ce pervers sexuel et néanmoins théoricien du terrorisme internationale, celui-ci avait déclaré, je cite :

« Je regrette que le hidjab soit aussi rare dans la ville de Tizi-Ouzou »…

Depuis, pour induire en erreur les moins vigilants, ces islamistes dits soft, usent de raccourcis, de mensonges et d’intimidation pour y imposer le voile.

D’abord, quelques précisions :

« TAKSIWT » est une robe kabyle ancestrale COURTE qui arrive juste au genou, c’est un peu la jupe courte d’aujourd’hui et c’est KABYLE !!!

La ROBE KABYLE en générale ne cache pas l’avant-bras, ni le cou et c’est KABYLE.

« TAFUNART » ou « TIMEHREMT » est un couvre-chef (tête) destiné d’abord à l’hygiène dans la cuisine et à mettre en évidence la beauté de la femme kabyle à travers des couleurs bariolées et éclatantes. Cet habit ne cache ni les oreilles, ni tous les cheveux, la femme Kabyle a toujours arboré sa tête parsemée de ses belles mèches sur le front, les tempes, et ne cache jamais sa longue chevelure lâchée tout au long de son dos. D’ailleurs, dans les contes kabyles, la référence à la longue et abondante chevelure des femmes kabyles est omniprésente et c’est KABYLE.

Ceci, pour répondre aux quelques rats islamistes de Kabylie qui, en ignorants absolus de l’histoire et de la culture kabyle millénaires, essayent de prouver, par l’absurde, que la femme kabyle serait une femme bédouine encagoulée comme leurs corbeaux intégristes.

Autre nuance qui montre encore combien leur ignorance n’a pas de limites et leurs mensonges écœurants, c’est le fait de tenter de donner une connotation idéologique à un habit universel (la mini-jupe) pour tenter de dévoyer une valeur kabyle qui est l’égalité des sexes (inexistante en islam) et la liberté de la femme ; leurs petits cerveaux de la taille d’un petit pois, abusent de raccourcis pour arriver à des conclusions débiles mais qui nous renseignent sur la profondeur de l’endoctrinement religieux qu’ils ont subit mais aussi sur le danger que l’intégrisme islamiste représente pour la Kabylie et pour toute société qui se respecte et qui aspire au développement et à la paix.

L’un de ces raccourcis qui revient le plus souvent dans la bouche d’un islamiste est celui-ci : « Ceux qui sont opposés à l’introduction du hidjab en Kabylie sont des dévoyés qui voudraient que toutes les femmes portent les mini-jupes et soient de mœurs légères » !!! Plus borné que ça, tu meurs ! Mais que répondre devant une telle platitude ?

D’abord, la mini-jupe est juste un habit ne traînant derrière ni idéologie, ni religion, ni politique ce qui est loin d’être le cas pour les accoutrements bédouins de l’islam-isme (hidjab, kamis, barbe hirsute… etc.) qui n’ont jamais, au grand jamais, fait partie des traditions et de la culture kabyles. Ainsi, une femme qui porte la mini-jupe, n’importe où dans le monde, ne signifie pas d’abord qu’elle est une prostituée comme le pensent les petits esprits islamistes. En revanche, bien que toutes les voilées ne soient pas des prostituées, il n’en demeure pas moins qu’en Algérie et dans les pays arabo-musulmans, la majorité des prostituées portent le hidjab. En outre, une femme en mini-jupe se fout royalement de voir d’autres femmes faire comme elles, car elle-même, ne porte la mini-jupe que pour elle-même, ayant, parfois, un besoin, naturel et somme toute légitime, de mettre en évidence sa féminité ! Mieux, une femme en mini-jupe est une femme qui, en d’autres jours, met volontiers d’autres habits, tenues et qui n’hésite pas, quand elle est Kabyle, à mettre la robe kabyle pour se sentir aussi belle mais autrement, c’est-à-dire, en reflétant aussi son appartenance à la culture et à l’identité kabyle ! Or, une femme en hidjab reflète une religion, une idéologie, une volonté d’inciter d’autres femmes à faire comme elle… Contrairement à la robe kabyle, à la mini-jupe, au pantalon… le voile islamique est, par essence, expansionniste et véhiculant une velléité hégémonique évidente. Pire, une femme voilée, serait-elle Kabyle, est incapable, car interdit, de passer à d’autres habits, y compris la robe kabyle, sauf pour faire semblant en l’associant au hidjab ; ce qui est, en soi et au mieux, une manifestation criante d’une crise identitaire abyssale, au pire, un grave astigmatisme qui ne relève plus de l’ophtalmologie mais de la psychiatrie.

La Kabylie s’est depuis toujours, clairement opposée à ces attributs vestimentaires moyenâgeux et obscurantistes qui visent son aliénation et son acculturation au point où, abattue, martyrisée, appauvrie, plongée dans l’insécurité (terrorisme islamiste et répression du pouvoir sur fond de délinquance, de grand banditisme, de kidnapping, de chômage endémique dont le taux est le plus élevé d’Algérie, de suicides dont le taux y est aussi le plus élevé… etc. ) et subissant au quotidien un intensif matraquage idéologico-religieux, elle demeure encore, 50 ans après la fin du colonialisme français, une région où le hidjab et les accoutrements à la c… venus d’Arabie sont très marginaux et les partis intégristes (HMS, Hamas… etc.) n’arrivent pas à recruter en dehors de quelques familles qui se comptent sur les doigts d’une seule main et qui sont, le plus souvent, originaires de l’extérieur de la Kabylie.

Les jeunes islamistes kabyles, très rares au demeurant, sont effectivement un véritable problème pour la Kabylie elle-même et pour les Kabyles. On n’a pas envie de les stigmatiser et de les bousculer car ils sont nés Kabyles et, le sentiment profond de chaque Kabyle, c’est de tenter de les ramener dans le giron de la kabylité, de la lumière, de la modernité et de la vie. En même temps, ils ont été profondément travaillés (endoctrinés) au point où, suffisants et arrogants comme tout intégriste, ils affichent une conviction ferme de détenir la vérité absolue contre toute la société qui aurait, selon eux, dévié de ce qu’ils appellent « la voie d’Allah », c’est-à-dire, de leur délire. Dès lors, la Kabylie n’a pas d’autre choix que de réagir et de se défendre comme elle l’a fait jusque-là.

Quant aux islamistes non-Kabyles installés en Kabylie, c’est de bonne guerre… La Kabylie a vu ses meilleurs fils et filles assassinés par ces barbares, elle connait suffisamment leur capacité de nuisance pour savoir qu’elle n’a d’autre choix que de les combattre et les rejeter très loin d’elle car, la Kabylie ne pourrait se permettre de confondre sa légendaire hospitalité avec une abdication devant l’hydre islamiste. Aussi, ne souffrant pas, à la base, d’une crise identitaire qui sclérose ces jeunes endoctrinés, La Kabylie sait ce qu’elle est : foncièrement Kabyle, amazigh, laïque, méditerranéenne, africaine et humaine, et ce qu’elle souhaite : la liberté, la démocratie, l’égalité, le développement, la laïcité et l’ouverture sur le monde et que la femme puisse choisir librement la façon de s’habiller sans renier sa féminité, ni être jugée en fonction de la longueur de sa robe, encore moins, en acceptant, sous l’effet de pressions directes ou invisibles, d’influence ou d’endoctrinement, de s’habiller en objet qui porte en lui… « la démoniaque tentation ».

Allas DI TLELLI

*Pensée pour Katia Bengana

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