Les réactions déterminent les révolutions (XXII)

Tous les moyens réguliers de gouvernement ayant échoué, votre politique se résume désormais dans ce seul mot : la Force.

La force, afin d’empêcher le suicide de la société, cela signifie que vous devez arrêter toute manifestation, toute pensée révolutionnaire ; mettre à la nation la camisole de fer ; tenir en état de siège les quatre-vingt-six départements ; suspendre généralement et en tous lieux l’action des lois ; attaquer le mal dans sa source, en expulsant du pays, de l’Europe, les auteurs et fauteurs d’idées anarchiques et antisociales ; préparer la restauration des institutions anciennes, en conférant au gouvernement un pouvoir discrétionnaire sur la propriété, l’industrie, le commerce, etc., jusqu’à parfaite guérison.

Ne marchandez pas avec l’arbitraire, ne disputez point sur le choix de la dictature. Monarchie légitime, quasi-légitime, fusion des branches, solution impériale, révision totale ou partielle, tout cela, croyez-moi, est sans importance. Le parti le plus prompt sera pour vous le plus sûr. Songez que ce n’est pas la forme du gouvernement qui est en question : c’est la société. Votre unique soin doit être de bien prendre vos mesures, parce que si, au dernier moment, la Révolution vous échappe, vous êtes perdus.

Proudhon, Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle, 1851

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