La Libye regrette la mort de Mouammar Kadhafi

Cinq ans sans Kadhafi. «Non une révolution, mais une catastrophe du peuple libyen». La Libye reste embourbée dans la violence et une impasse politique, cinq ans après la mort du colonel Mouammar Kadhafi.  Les Libyens sont nostalgiques du Guide.  

Il y a cinq ans  le leader libyen Mouammar Kadhafi a été assassiné de sang-froid devant les caméras des téléphones mobiles des rebelles et ce avec le consentement des pays ayant pris part à l’intervention militaire en Libye.

Cinq ans se sont écoulés depuis l’assassinat du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et le pays est plus que jamais éloigné des valeurs démocratiques qui ont servi de prétexte à l’intervention militaire internationale. La crise dans laquelle est plongé la Libye résulte de l’ingérence de pays tiers dans les affaires de ce pays nord-africain, considère le journaliste Abdel Baset bin Hamel.

« L’expérience libyenne qui a duré 43 ans sous Mouammar Kadhafi restera sans précédent. Le pays a régulièrement connu des réformes, répondant aux difficultés qui émergeaient de temps en temps dans le domaine de l’éducation, de la médecine ou celui de l’infrastructure. La raison de la crise que le pays vit aujourd’hui est les changements entrepris par les mains des forces extérieures et ce avec le consentement international. Ce qui se passe aujourd’hui peut être qualifié comme la réalisation des objectifs personnels de grandes puissances », a-t-il indiqué dans un commentaire à Sputnik.

Alors, en 2011, tout le monde était si préoccupé par le salut et la protection des civils que les pays ont vite adopté la résolution du Conseil de sécurité de l’Onu qui a autorisé 43 pays à « employer leur arsenal militaire diversifié contre (…) le régime Kadhafi », rappelle l’interlocuteur de l’agence.

« Il est clair que l’opération militaire d’envergure n’avait pas pour but le règlement de la crise compte tenu du fait qu’aujourd’hui à Syrte et à Benghazi on assassine des Libyens. En outre, cette opération militaire a permis de voler des milliards de dollars aux Libyens », poursuit-il.

L’Occident savait que Kadhafi comptait quitter le pouvoir Or, l’intervention avait pour but de renverser le régime de Mouammar Kadhafi et non de venir à bout de la crise.

« Il est curieux de noter que M. Kadhafi était la seule personne qui avait proposé à l’époque d’unifier l’Afrique et la seule personne dont l’activité était dirigée vers la création d’une armée africaine unifiée. Du point de vue politique, la Libye était le pays le plus indépendant de la région. Mais les grands pays, les États-Unis en tête, ont trouvé un prétexte dans la « protection des civils et la propagation de la démocratie ». Et personne n’a alors prêté attention au fait qu’il y avait une jeunesse libyenne qui avait réellement des revendications, dont de meilleures conditions de vie et la création d’emplois. Cette jeunesse et leurs revendications ont été utilisées par des forces précises dans leurs propres intérêts », fait remarquer M. bin Hamel.

Vladimir Fedorenko Libye: avant et après Kadhafi. Et de pointer que la secrétaire d’État américaine de l’époque, Hillary Clinton, a joué un rôle actif dans ce processus.

« Ce qui s’est passé n’était pas une révolution, mais la catastrophe des Libyens en raison de laquelle on les tue jusqu’au jour d’aujourd’hui », a écrit le journaliste.

Selon lui, à ce jour la Libye est le pays le plus infructueux à tous les niveaux. Or, ce qui avait permis à l’époque à M. Kadhafi d’éviter tous ces problèmes est sa connaissance du pays et des relations intertribales.

« Il a pris l’initiative de trouver des compromis pour unir le peuple sous un même et seul drapeau. Il avait le don de leader. Il était plutôt perçu comme leader que comme une personnalité officielle. Autrement dit, Kadhafi était un phénomène unique », a conclu Abdel Baset bin Hamel.

Le peuple libyen regrette profondément la mort de Kadhafi cinq ans après

Nos confrères de libération ont effectué un déplacement sur Tripoli, la capitale libyenne, et dans plusieurs autres villes pour prendre connaissance de l’état d’esprit qui anime le peuple libyen après la mort de Kadhafi.

Selon nos confrères, le constat est que, les libyens dans la grande majorité tiennent le même langage, celui de regret, de nostalgie. «Notre vie était meilleure sous Kadhafi», déclare Faïza al-Naas, une pharmacienne.

D’autres Libyens sont qualifiés de «Kadhafistes par frustration», une manière commune d’ironiser à Tripoli pour désigner les Libyens qui commencent à regretter l’époque de Mouammar Kadhafi.

Il faut dire que cinq ans après la mort du Guide libyen, le pays n’est que l’ombre de lui-même, un pays morcelé et plongé dans le chaos.

La Libye n’avait pas connu la pénurie des denrées de première nécessité pendant le règne de Kadhafi. Mais depuis sa chute après 42 ans de règne, l’ insécurité et les pénuries se sont installées dans le quotidien des Libyens. Tout ceci rythmé par les coupures d’électricité et les files d’attente devant les banques où la liquidité est de plus en plus rare.

Tout est obscur en Libye. Désormais l’espoir d’une vie heureuse en Libye n’est pas proche. Le pays est déchiré par des luttes d’influence que se livrent dans l’impunité, les nombreuses milices mais aussi les dizaines de tribus, composantes essentielles de la société libyenne.

Alors que le gouvernement d’union nationale (GNA), s’est installé à Tripoli, une autorité rivale s’est installée dans l’Est du pays, où existe une grande partie de la région qui est contrôlée par les forces du maréchal controversé Khalifa Haftar.

Pour certains partisans de Kadhafi, l’anarchie actuelle démontre à quel point leur leader était un «visionnaire»: n’avait-il pas prévenu avant sa mort que la Libye après lui serait à feu et à sang? Mais pour ceux qui ne partagent pas cet avis, à l’instar d’Abderrahmane Abdelaal,

«la situation actuelle est la conséquence logique de 42 ans de destruction et de sabotage systématique de la part de l’Etat».

AFP

 

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