L’imaginaire djihadiste et son devenir

Les voix qui ont failli s’autorisent à nouveau, avançant les éternelles et pourtant si insatisfaisantes analyses à base d’humiliation et d’exclusion sociale. Ces voix, même si elles entonnent aujourd’hui la Marseillaise, mais sur un ton bien fatigué voire rouillé, restent cependant toujours figées dans cette intime conviction qui ne correspond en rien à la réalité djihadiste basée principalement sur la recherche de gloire, de pouvoir, de richesses, de prestige, tous ces buts fondamentaux de l’aventure humaine comme l’ont indiqué nombre d’auteurs illustres.

Ainsi, vaut-il mieux se créer une renommée qui sera honorée sur le champ à chaque instant dans le grand livre des martyrs cherchant à imiter Mahomet ? Ou convient-il de vivre seulement dans la vie ordinaire des travaux et des jours? Dilemme millénaire dont on ne voit cependant guère au nom de quoi les apprentis djihadiste en seraient exclus… Car le monde imaginaire qui enveloppe à chaque instant les gestes du corps et de la pensée intègre complètement cette projection de chacun dans un univers fait de représentations, d’imitations, d’admiration.

Chacun d’entre-nous s’édifie une image de soi qui vient éclairer à l’instar d’un projecteur chacune de nos actions, aussi infime et intime soit-elle. Certains peuvent alors décider de plutôt vivre le plus possible dans ce monde là, le monde des signes et des symboles, le monde des personnages illustres, divins ou divinisés, sacralisés, tels les contemplateurs, adorateurs, mais aussi les artistes écrivains savants…

Aussi parler, d’emblée, de « paumés » semble bien erroné et ce pour deux raisons : on voit mal quelqu’un dans un tel état d’errance faire une action armée qui demande décision et efficacité ; et l’on nie le fait que l’on puisse choisir un tel mode de vie en fonction précisément d’une estime de soi qui calcule l’intérêt à plutôt tenter d’exister dans le monde prestigieux des faits glorieux, surtout lorsque ceux-ci sont répertoriés dans une tradition une légende.

Il faudrait enquêter plus à fond autour de cette problématique qui semble bien plus fructueuse (et qui prend en compte les facteurs sociaux-économiques et historiques) que se cantonner à l’analyse uniquement sociale qui nie aux djihadistes leur caractère de sujet et d’acteur pour les enfermer uniquement dans l’idée d’un « agent », d’un « produit inconscient » des circonstances ; cette analyse est d’autant plus fausse qu’elle contrecarre toutes les analyses psychologiques et anthropologiques que nous avons à disposition mais qui sont aujourd’hui systématiquement écartées par la domination du post freudo-marxisme dans les études universitaires et dans les médias.

Par Lucien SA Oulahbib 

 

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