L’islam est la religion du jihad

Comment peut-on tuer au nom de Dieu ?

Question logique, qui a un sens dans les sociétés bouddhistes, juives, hindouistes, chrétiennes, bref non musulmanes ; mais qui s’avèrera incongrue et stupide dans celles qui sont fortement imprégnées de culture islamique.

Au VIIIe siècle, une secte musulmane, les moutazilites itazala, (se mettre à l’écart), fondée par Wâsil ibn ‘Atâ (698-750) et Amr ibn ‘Ubayd (mort en 762), considérait qu’on peut rester adepte du rationalisme tout en acceptant l’idée de l’existence du dieu unique. Ils développèrent l’idée selon laquelle le Coran est un livre créé et non « incréé » au même titre qu’Allah. Certains parmi eux jugeaient le texte coranique mal rédigé, vilipendaient la qualité de sa construction qu’ils trouvaient mal ficelée et critiquaient sa syntaxe. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils réfutaient la nature divine que bien des musulmans attribuent au message coranique. Pour les moutazilites, le mal dans le monde ne saurait être d’origine divine mais plutôt humaine. Par ce raisonnement, ils arrivèrent à établir que la haine, les massacres et les guerres recommandés par le Coran sont uniquement les volontés d’un être humain obsédé par un désir hégémonique, car l’image d’un dieu austère, rancunier et cruel (telle que présentée par le Coran) ne cadre pas avec le bon esprit et l’extrême magnanimité qui devraient caractériser l’Être Suprême. Ce mouvement rencontra un franc succès auprès des intellectuels de l’époque, mais fut, bien sûr, déclaré hérétique par l’islam classique.

Le négateur de l’islam est mécréant :

Contrairement aux livres sacrés des autres religions, le Coran est le seul qui incite et encourage la haine entre les hommes en prêchant le jihad et en exaltant au martyre. Le Coran raisonne essentiellement en terme dualiste : « amis » contre « ennemis », « fidèles » (musulmans) contre « infidèles » (non-musulmans). Il raisonne de façon constante par un antagonisme régulier entre celui qui est considéré comme « mécréant », parce que n’appartenant pas à l’islam, et le vrai « croyant », faisant partie de la « communauté des croyants », celle des musulmans, n’offrant alors qu’une seule solution aux non-musulmans : l’incroyance.

Le négateur de l’islam est « mécréant », qu’il soit athée, agnostique, polythéiste ou même qu’il appartienne à une autre religion monothéiste. Malgré les rares versets qui font allusion à l’amitié (certains exégèses y ont décelé une transcription des versets bibliques), les injonctions belliqueuses du Coran sont d’une telle virulence et d’un tel poids qu’elles ne laissent la place à aucune ambiguïté, de façon que sa lecture ne puisse qu’encourager certains croyants à ne conserver que le sens qui appelle au jihâd, ce « combat sacré » pour Allah, par les armes, en vue de l’expansion de l’empire musulman.

L’islam est la religion qui se présente tout d’abord comme celle du jihad. Sacralisation de la razzia bédouine, le jihad est cette monstrueuse entreprise guerrière visant, grâce au tranchant et sanglant sabre (sayf) de son prophète, la conquête des terres qui ne se trouvent pas encore soumises aux préceptes islamiques. Une horreur qui constitue le moteur de l’ahurissante diffusion de l’islam au fil des siècles et qui n’envisage s’achever qu’après la conquête finale conduisant à la soumission totale de toutes les terres du monde. Un hadith attribue ces paroles à Mahomet :

« Lorsque ma communauté s’emparera du sabre, elle ne le remettra dans son fourreau, qu’au Jour de la Résurrection ». [1].

La seule relation possible entre le « mécréant » et l’islam, c’est ce jihad, hormis l’inhumain et humiliant statut de dhimmi (« protégé », non-musulman) qui pourrait être accordé au non-musulman en terre d’islam.

La question du jihad est d’une telle importance qu’il est nécessaire de s’y attarder pour en mesurer les enjeux. Élément permanent et indéboulonnable du dogme islamique, sa justification repose sur un immense socle de références aux textes sacrés, de repères historiques et discours religieux enracinés dans l’idéologie musulmane et les consciences islamiques, qu’il convient de développer. L’écrivain et anthropologue musulman, Malek Chebel, reconnaissait dans les colonnes du quotidien français Le Monde, du 17 et 18 septembre 2006, que :

« L’islam a toujours fonctionné sur le trépied suivant : les “guerriers’’ qui se réclament du jihad, les “théologiens’’ [les ouléma] qui leur fournissent une légitimation sacrée, et les marchands qui financent ».

De nos jours, principalement l’Arabie Saoudite, grâce aux pétrodollars et aux sommes prodigieuses apportées et dépensées par les pèlerins. Et c’est presque essentiellement grâce au jihad que l’islam doit son extraordinaire et fulgurante expansion ;

« L’islam commande à tout homme adulte, dans la limite de sa validité physique, de se lancer à la conquête des peuples, avec pour but de faire obéir ses commandements partout. Ceux qui étudient la guerre sainte islamique comprendront pourquoi l’islam veut conquérir le monde » disait l’Ayatollah Khomeiny en 1942.

La “perfection du Coran” :

« …C’est un Livre dont les versets sont parfaits en style et en sens, et venu d’un Sage, d’un Parfaitement Connaisseur. N’adorez qu’Allah… » (Coran 11,1-2),

L’« infériorité du ‘’mécréant’’ » :

« Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes : vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez en Allah. » (Coran 3,110)

ont fait de cette exigence coranique une obligation sacrée de l’islam et l’un des thèmes centraux et récurrents de la théologie islamique. Les ouléma voient dans le jihad un commandement d’Allah qui, face aux non-musulmans, transcende toute restriction temporelle et toutes les barrières géographiques. Selon l’école malikite, l’une des quatre principales de l’islam sunnite,

« le Jihâd est une obligation d’institution divine. Son accomplissement par certains en dispense les autres. Pour nous, malékites, il est préférable de ne pas commencer les hostilités avec l’ennemi avant de l’avoir appelé à embrasser la religion d’Allah, à moins que l’ennemi ne prenne d’abord l’offensive. De deux choses l’une : ou bien ils se convertiront à l’islam, ou bien ils paieront la capitation (djizya), sinon, on leur fera la guerre. […] On doit combattre l’ennemi sans chercher à savoir si l’on combattra sous l’ordre d’un chef pieux ou dépravé » [2]

Ce sont bien les motivations coraniques issues des razzias et des premières expansions triomphantes de l’islam qui sont à l’origine des nombreux versets qui concernent ce

« combat dans la voie d’Allah ».

Ces versets, qui ont été “révélés” par Mahomet à différentes étapes de sa vie, font l’éloge et encouragent cette guerre dite « sainte » qui s’entremêle à la religion avec la curieuse promesse de la double récompense du butin de guerre et du paradis pour le combattant musulman.

Les versets se répartissent entre ceux qui recommandent le jihAd uniquement hors des quatre mois sacrés du calendrier musulman :

« Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les polythéistes partout où vous les trouverez ; capturez-les, assiégez-les, dressez leurs des embuscades » (Coran 9,5)

et ceux qui exigent « ce combat sacré », pour le triomphe de l’islam, en tous temps et en tous lieux non islamiques.

« Légers ou lourds, lancez-vous au combat, et luttez avec vos biens et vos personnes dans le sentier d’Allah. Cela est meilleur pour vous, si vous saviez » (Coran 9,41).

Il ne s’agit donc pas d’un combat spirituel contre soi-même ni d’un combat à vocation défensive. Pour se démarquer des islamistes, certains musulmans « modernistes » ou « modérés » accordent une importance de premier plan à une dimension morale qu’ils attribuent au jihad et le définissent comme une guerre essentiellement spirituelle, cet « effort sur soi que le croyant musulman doit effectuer pour lutter contre ses désirs et ses manquements religieux » ; ils cherchent ainsi à nier ou, du moins, à considérablement minimiser son sens guerrier. À l’inverse des « fondamentalistes » et « intégristes » islamiques qui, sur la base du Coran et de la Sunna et en référence à la vie de leur prophète, accordent une place de premier choix à sa dimension guerrière. La différence entre ces deux jihads a été introduite au IXe siècle, avec la fin des premières vagues de conquêtes musulmanes. L’islam primitif, tel qu’enseigné par ses textes sacrés et donné en exemple par Mahomet, privilégie le jihad offensif et guerrier, « dans la voie d’Allah », à l’« effort sur soi » totalement ignoré au VIIe siècle, période de la naissance de l’islam. Et c’est d’abord ce jihad offensif et belliciste qui surgit spontanément à l’esprit du « croyant » lorsqu’il évoque ce terme au plus profond de son être.

D’ailleurs, dans le Coran, c’est bien le sens de la « guerre sainte » offensive qui prime. L’islamiste égyptien Sayyid Qutb écrivait :

« Le jihâd n’est pas une guerre défensive comme le disent certains parmi les musulmans, elle est offensive ».

C’est en fait un devoir religieux établi dans le Coran et la Sunna, une guerre qui doit être déclarée contre ceux qui ne croient pas à la mission de Mahomet.

« Il s’agit de la guerre sainte, institution divine » [3]

décrétée spécialement dans le but de faire avancer l’islam et d’éloigner le « diable » des musulmans.

C’est bel et bien d’opérations militaires cruelles pour des conversions forcées avec amassements de butins dont il s’agit.

« Combattez ceux qui ne croient pas en Allah… Et combattez les gens du Livre [juifs et chrétiens], qui n’acceptent pas la religion de la vérité, jusqu’à ce qu’ils acceptent de payer la capitation de leurs propres mains, après s’être humiliés. » (Coran 9,29) ;

Selon un hadith,

« Combattre dans le chemin d’Allah, matin et soir, vaut mieux que ce bas monde et ce qu’il contient ». [4]

C’est pour cela qu’en islam le mensonge takia est permis, afin de faire croire au non-musulman, ce qu’il veut, dans le but de le convertir ou de le rouler…, le viol, le vol ou les razzias, la guerre pour ne pas dire les agressions gratuites contre les non-musulmans sont intimement liés à la foi, des centaines de hadiths, de versets et de sourates prouvent ce que d’aucuns appelleront des élucubrations islamophobes.

Geneviève Harland

Notes

[1A.J. Wensinck, Concordances et Indices de la Tradition musulmane, VII volumes, Leyde, 1936 à 1969, vol III, page 49.

[2Ibn Abi Zayd al-Qayrawâbî (Abou Mouhammad Abdallah), La Risâla (Epître sur les éléments du dogme et de la loi de l’islam selon le rite mâlikite), traduction de l’arabe et édité par Léon Bercher, (5e édition), Alger 1960, page 163.

[3Dictionnaire Encyclopédique de l’islam, Stancey International et Cyril Glassé, Bordas, Paris, 1991.

[4Al Sayed Amad al Hachimi, Recueil des hadiths prophétiques et des sagesses mahométanes, traduction française de Famzi Chaa ban, édit. Dar Alkutub al ilmiya, Beyrouth, 1991, pages 225-226.

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