Maghreb arabe, Maghreb, Tamazgha (Berbérie) ou Afrique du Nord ?

Incroyable ! Cela vient de se produire, samedi dernier, à Rabat. Le chef de la diplomatie marocaine Saâdeddine El Othmani, a demandé à ses homologues Nord-africains, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UMA (Union du Maghreb Arabe) ; organisation fantoche des régimes en place sans aucune projection populaire, à supprimer le mot « Arabe » de l’Union du Maghreb Arabe. Il leur a proposé l’appellation « Union maghrébine » en signalant que le « Maghreb » se composait d’Arabes et d’Imazighen (Berbères). Le mot « Arabe » de l’UMA est donc vu comme une ségrégation raciale, ce qui est bien vrai !

Le ministre des Affaires étrangères tunisien, Toufik Abdeslam, a rejeté la proposition. La proposition d’El Othmani, uniquement soutenue par la Mauritanie, n’a donc pas été retenue, ce qui n’a rien de surprenant en soi.

La vérité est qu’il n’y aura jamais de véritable « union » pour la simple raison que celle-ci, telle que conçue par les absolutistes de la région, repose sur de faux fondements dont le déni de la véritable identité des peuples de la région et de leurs histoires, n’en est pas des moindre, ensuite, au vu la nature dictatoriale et arabo-islamistes des régimes en place.

Or, même si cette sortie du ministre du pays le plus berbérophone, le Maroc, est une première qui est à saluer, il n’en demeure pas moins que, comme d’autres l’ont souligné, le terme même de “Maghreb” est discrétionnaire puisqu’il renvoie à un “Mashreq” (Orient) avec qui il constituerait la coquille vide qu’on appelle communément “Le monde arabe”.

Or, s’il y avait une réelle volonté de construire un véritable ensemble politique et économique sans velléité d’exclure quiconque et avec le désir de respecter les peuples de la région et leurs identités authentiques, la question serait très simple puisqu’il suffira d’appeler tout simplement ce nouveau bloc “AFRIQUE DU NORD” qui sera le vis-à-vis géographique de l’Afrique du Sud de Mandela !

Bien entendu, cela est, présentement, irréalisable pour les raisons esquissées plus haut mais aussi en raison des oppositions des populations arabes qui voient dans cette perspective la fin de l’hégémonie de l’arabité et de l’islamité dans la région.

Une telle évidence n’est-elle pas de nature à contraindre les berbères, tous les berbères, à faire preuve de réalisme en cessant de s’obstiner à vouloir réformer, de l’intérieur, des systèmes et des environnements sociétaux qui ne les admettent finalement qu’en étant dessaisis de leur quintessence et de leur différence. Pour les Guanches (îles Canaries), le topo est tout autre bien que leur volonté, de plus en plus manifeste de s’émanciper de leur arrimage à l’Espagne n’est pas sans considérer le destin de tous les berbères à l’aune de l’ère identitaire qui s’annonce. Par conséquent, la voie autonomiste, ou mieux, la voie indépendantiste, n’est-elle pas la Voie ? Des états berbères indépendants, extirpés de la prépondérance des régimes dictatoriaux d’essence arabo-islamiste et des méfiances et autres austérités des peuples arabes de la région, seront à même de jeter les bases d’un véritable fédéralisme qui aura, à ce moment, toutes ses raisons d’être.

Tout le reste n’est que babil fadasse de carriéristes.

Allas DI TLELLI

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