Manifestation gigantesque des citoyens de Bouzeguene contre l’insécurité

La Kabylie, proie du pouvoir et pâturage des intégristes.

Kabylie (Kabyles.com) — La disparition d’Alan Farid, habitant du village Tazrouts, commune et daïra de Bouzeguene dans la wilaya de Tizi-Ouzou depuis le 2 octobre 2017 à 9h, a suscité la colère des citoyens de sa localité qui ont appelé à une manifestation pacifique pour dénoncer l’insécurité qui règne en Kabylie.

Une vingtaine de villages ont répondu à l’appel de leurs confrères pour se retrouver en ce 9 octobre 2017 en nombre de milliers occupant les rues de la ville pour condamner les actes d’intimidation des autorités et le banditisme, et exprimer leur colère et leur indignation contre les disparitions, les kidnappings et les agressions qui sont devenus des pratiques récurrentes en Kabylie. Ces phénomènes étaient pourtant quasi inexistants avant la multiplication des casernes, des brigades de gendarmerie et des postes de police ainsi que la propagation des mosquées et l’intrusion des salafistes en Kabylie.

La Kabylie devient de plus en plus un pâturage pour les intégristes islamistes et une proie pour le pouvoir mafieux algérien. Ces deux maladies  ne peuvent être éradiquées  que par une telle mobilisation citoyenne. Il n’ y a que l’action collective qui pourra remédier à ces fléaux et à ce chaos qui menacent notre patrie.

Le pouvoir qui mate les militants souverainistes kabyles, qui réprime les manifestations pacifiques et qui interdit les conférences de nos intellectuels a tout orchestré pour briser cette Kabylie insoumise en semant la peur et la zizanie et en divisant les Kabyles. Cette politique ne date pas d’aujourd’hui et c’est de cette façon d’ailleurs qu’il parvient à assurer sa pérennité. Diviser pour régner et régner en dieu et maître.

Si vous voulez détruire une société, installez l’insécurité car insécurité est un cancer qui détruit la solidarité et la cohésion sociale d’un peuple. Le pouvoir a volontairement établi l’insécurité en Kabylie dans le but évident de briser l’union des Kabyles puisque sans l’union et sans cohésion… il n’ y a point de force, a assuré un citoyen.

 

 

 

Durant cette même année, les citoyens du village d’Ait Sidi Amar, situé dans la même daïra soit à Bouzeguene, ont déjà signalé la disparition de monsieur Idjeri Ouidir, âgé de 68 ans, porté disparu, le 31 août 2017 à 13h. Est-ce un hasard? Certainement pas, car les services de sécurité de l’État colonial algérien accentuent leur acharnement sur le peuple pacifique kabyle pendant que leurs maîtres pillent les biens du peuple en volant des milliards de dollars pour acheter à leur progéniture des appartements et des villas dans les plus chics quartiers des pays occidentaux.

Plusieurs disparitions ont été signalées en Kabylie dont la plupart des victimes n’ont pas pu rejoindre leur domicile et leur famille. La petite Nihal dans le village Aït Ouahab, dans la commune d’Ouacif a été hélas retrouvée morte plusieurs jours après son enlèvement. Il y a eu aussi la disparition du jeune écolier Salim Mahdad, un enfant âgé de 9 ans, originaire du village d’Aït Anane, dans la commune d’Aït Zmenzer daïra de Ait Douala. Aucune enquête sérieuse et aucune vérité sur les kidnappings et les disparitions!

À qui devons-nous nous plaindre lorsque ceux qui nous gouvernent sont ceux qui sont derrière nos malheurs et source de notre insécurité ?

Quand allons-nous prendre notre destin en main pour assurer notre propre sécurité et celle des nôtres, de nos enfants et de nos familles ?
N’est-il pas temps de régler nos problèmes avec nos propres moyens au lieu d’essayer de nous convaincre vainement que l’État colonial algérien va avoir un jour pitié de nous ?

Pourquoi avons-nous peur d’avoir notre propre État kabyle? Pourtant, un État kabyle en Kabylie raisonne bien. C’est une logique sémantique, un sens commun et naturel, une réalité historique et surtout une obligation nécessaire devant toute cette injustice et cette tyrannie que le régime mafieux d’Alger nous fait subir depuis plus d’un demi-siècle.  Nous avons tout à gagner du moment que nous n’avons rien à perdre dans cette Algérie qui tue ses enfants. La démonstration d’aujourd’hui qui a attiré des milliers de citoyens est l’affirmation d’une prise de conscience du peuple kabyle qui parvient toujours à retrouver son énergie dans son unité et sa grandeur dans sa fierté.

Boualem Afir.

#ABIDIYU. At Wizgan: d luluf n yemdanen i-d-yenɣlen ar webrid akken ad ssumlen leqela n laman.#VIDÉO. Bouzeguene : des milliers de manifestants dans la rue pour dénoncer l’insécurité.

Posted by Le Quotidien de Kabylie on Monday, October 9, 2017

 

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